‹ Romania (volume 3)Chapitre 24 sur 78 · PAR PIERRE DE BEAUVAIS · texte numérisé non relu

PAR PIERRE DE BEAUVAIS

P. Meyer à fait connaître, dans sa notice sur le ms. de La Clayette (Not. et Extr. des mss., t. XXXIIL, 1° p., p. 9-48), les différents ouvrages en prose et en vers composés, dans Île premier quart du xin* siècle, par un certain Pierre; Pierre ne nous a pas transmis son surnom, mais comme nous le voyons établi à Beauvais, protégé par l’évêque de Beauvais et plus tard par son frère Robert de Dreux, célébrant un saint (Germer) à peu près spécial à Beauvais, nous pouvons, pour le désigner plus clairement, l'appeler sans inconvénient Pierre de Beauvais. Je veux seulement ajouter un détail à la notice de P. Meyer. Le ms. B. N. fr. 2168 contient le commencement (les feuillets qui faisaient suite ont été arrachés) de

1. S'il ne prend pas lui-même ce surnom, c'est sans doute qu'il n'avait pas quitté sa ville natale; il en résulterait que ses écrits doivent nous représenter exactement le langage parlé à Beauvais au commencement du xrme siècle.

29 Mut nus d. volenters — 30 beiueres, mangers — 31 Meur waut, muliers — 33 bewom al dereyn — 34 meitez, pleyn — 35 Que nus ne sepm demayn — 37 Ne nostre tonel wis ne fut — 38 Kar plein, frut — 39 tut anuit.

Romanische Bibliothek, herausgegeben von Dr. Wendelin FŒRSTER, Professor der romanischen Philologie an der Universität Bonn. Halle, Niemeyer, 1888-1892, in-12.

1. Christian von Troyes, Cligès. Textausgabe mit Einleitung und Glossar, herausgegeben von W. FœŒRsTER, 1888, xx1-215 p.

II. Die beiden ersten Bücher der Makkabäer. Eine altfranzôsische Uebersetrung aus dem 13. Jahrhundert. Mit Einleitung, Anmerkungen und Glossar zum ersten Male herausgegeben von Dr. Ewald GæœrLicn, 1888, 1-130 p.

I. Aliprovenzalische Marienklage des XII1. Jahrbunderts. Nach allen bekannten Handschriften herausgegeben von Dr W. Musnacxe, 1890, 1-65 p.

IV. Wistasse le Moine. Altfranzæsischer Abenteuerroman des XIII. Jahrhunderts. Nach der einzigen Pariser Handschrift von neuem herausgegeben von Wendelin F&RSTER und Johann Trosr, 1891, xxx1-88 p.

V. Kristin von Troyes, Yuain (der Lowenritter). Neue verbesserte Textausgabe mit Einleitung und Glossar herausgegeben von W. FŒRSTER, 1891, XXIV-187 p.

VI. Das Adamsspiel, Anglonormannisches Gedicht des XII. Jahrhunderts, mit einem Anhaog, Die fünfrcbn Zeichen des jüngstem Gerichts, herausgegeben von Dr Karl GRass, 1891, vInr-174 p.

VII. Bertran von Born, herausgegeben von Albert Srimmrnc, 1892, vrir-

VIIL. Ille und Galeron, von Walker von Arras. Altfranzôsischer Abenteuerroman des XII. Jahrbunderts, nach der cinzigen Pariser Handschrift herausgegcben von Wendelin Fœrsrer, 1891, XLVIU-244 p.

Nous avons signalé, quand elle a commencé à paraître, la Romanische Bibliothe dirigée par M. Forster (voy. Rom., XVIII, 340); elle s'est rapidement enrichie et compte maintenant huit volumes. Beaucoup d’autres sont annoncés, et, quand on connalt la prodigicuse activité du directeur, on peut croire qu'ils ne tarderont pas à paraître. Il faut penser cependant qu'il y a eu des mécomptes ou des changements d'idée : la couverture du 3e fascicule annonce comme devant former les nes IV-XI huit ouvrages, dont trois seulement ont paru, formant les nos V, VII et VIII; en revanche les nos III et

E. FoRESTIË, P. de Lunel, dit Cavalier Lunel 305 tion des registres des frères Bonis, s'en est parfaitement rendu compte, et il a fait revoir les épreuves de son travail par plusieurs philologues compétents, M. Chabaneau, M. À. Jeanroy et l'auteur du présent compte-rendu. Mais on conçoit qu'un travail fait dans ces conditions ne peut pas présenter beaucoup d'unité. Ainsi il arrive parfois que la traduction n'est pas conforme au texte adopté. Par exemple, dans l'ensenhanien, an v. 9. M. F. traduit «un matin » quand le texte porte, conformément au ms., per un cami. C'est qu'en réalité il a traduit en adoptant la correction de Bartsch per un mati. Si M. F. acceptait cette correction (à mon avis fort probable) il devait l'introduire dans le texte, Or il ne la donne ni dans le texte ni dans les notes. J'appellerai surtout l'attention sur le sirventés composé 4 l'occasion de la peste de 1348, qu est imprimé pp. 66-69. Ce sirventés était resté inédit, vraisemblablement parce que M. Bartsch l'a omis à l'article de sa table des troubadours qui conceme Lunel (Grundriss, p. 160, n° 289). Le texte en est très difficile à établir, l'écriture étant par places usée et tachée. Les taches viennent de ce qu'on a employé, À une époque que je ne saurais déterminer, pour faire revivre les parties effacées, un réactif qui a augmenté le dommage. Je suis, je l'avoue, en une certaine mesure responsable du texte que donne l'édition. J'avais, en effet, revu sur le manuscrit, avec un soin tout particulier l'épreuve que m'avait communiquée M. Forestié. Toutefois, soit que l'imprimeur se soit embrouillé dans les corrections dont l'épreuve était criblée, soit que certaines fautes m'aient échappé, il est certain que le texte de l'édition contient encore beaucoup d'erreurs, que je vais rectifier, grâce à une nouvelle collation du ms., et aussi en faisant usage d'une copie que j'ai prise de cette pièce il y a plus de vingt ans, à une époque où mes yeux étaient meilleurs qu'aujourd'hui, et qui s'est retrouvée sous ma main tout récemment. V. 2, gran, lis. grans (as sujet). V. 4, Qu'es il faut Ques (qui). V. 11, sagraments, ls. sagramens. V. 13,gran, lis. grans (plur. rég.). V. 21-2, Mays a mon trop que Dieus a rasemrblatx, Trop que sson oy a parlar la vertatz. Ces vers n'ont aucun sens, et la traduction que propose M. F. ne soutient pas l'examen. Lisez : Mays amon trop que Dieus (corr. Dieu) terras e blatz | Trop que sson oÿ, e par be la vertaix. V. 23, laishams, lis. laishan ; le sens. du reste, exige la 3e pers. et non la 1e. V. 24, praubes, is. paubres. V. 28, feunia, li. folia. V. 29, auria, j'ai lu autretrefois ais, qu'exige le sens ; je ne le lis plus aussi bien maintenant, mais sûrement il n'y a pas auria. V. 30, dégran, lis. dégra. V. 35, guoquols, lis. guoguols ; ce mot que M. F. traduit, probablement au hasard, par « viveurs », doit signifier « présomptueux! ». V. 37, an, lis. am (avec). V.42, Lo rey, lis. Le reys. V. 45, valhan, lis. valbam. V. 47, el drect els temps caretios, lis, e dreitz en temps careslios. V. 48, partit, lis. partisos. V. 50, foys de goig, lis. fons de

1. Guopue, en ancien français exprime l'idée d’une joie bruyante « Estre en ses gogues » est traduit dans Cotgrave par « to be frolick, lusty, lively, wanton ». Le sens de présomptueux apparalt dans gopuelu « proud, cocket, scomiul.…. vainglorious » (Cotgrave).

Bomenis, LA. 20

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