‹ Romania (volume 3)Chapitre 25 sur 78 · J. PICHON ET G. VICAIRE · texte numérisé non relu

J. PICHON ET G. VICAIRE

Texte de MM. Pichon et Vicaire.

Pour dessaler tous potages sans y metre ne oster, prennés une nappe blanche et mettés sus vostre pot, et la tournés souvent, et tirés arriere le pot du feu.

Pour oster l'arsseure de tous po= tages, prenés un pou de levain et le liés en un drapel, et metés ou pot, et ne l'i lessiés gueires.

Bouture de grosse char, c'est porc, buef, mouton. Cuit en eauc et sel, et mengier aux auls blans ou vers, ou au vers, ou au verjus, se elle est freiche, et, sallée, à la moustarde,

Le viandier de Taillevent 309

Texte du Vatican.

Pour dessaler toutes manieres de potaiges qui seroient trot sallez, sans ÿ rien mettre ne oster, prenez une nappe bien blanche et la mettez sur vostre pot et la retournez souvent, et comvient Hraire Le pot loing du feu.

Pour oster l'arsure d'un pot que l’on dit aour *, prenez ung pou de levain et le liez en ung drappelt blanc, el gellex dedans le pot, et ne l'y laissiez guaires demourer.

Boutture de grosse chair si est beuf, porc et mouton cuit en eaue et en sel.

Et se mengue le beuf aux aulx vertz en esté, blans en yuer, et le porc et le mouton aussi à bonne sausse vert où il n'y ait point de vin, se La chair est freische, et, se elle est sallée, à la moustarde.

Nous croyons que ces citations suffisent pour mettre en évidence et hors de toute contestation la supériorité du texte du Vatican. Il n'en faut pas moins savoir beaucoup de gré à MM. Pichon ct Vicaire du service de premier ordre qu'ils viennent de rendre à l'histoire littéraire et ausssi à la philologie française par leur publication. Les étrangers prétendent, non sans malice, que nous avons joui de tout temps, en cuisine, d’une suprématie moins disputée que dans les autres domaines où notre action a pu s'exercer. Or, le Viandier de Guillaume Tirel ou, comme disaient nos pères, le Taillevent, car le sobriquet du queux, dont l'œuvre si populaire servit de modèle pendant des siècles à toutes nos Cuisinières bourgeoises, était devenu un nom commun, le Taillevent est Le monument le plus antique et le plus vénérable de cette suprématie.

Siméon Luce.

1. Brûlure, goût de brûlé, adj. ou subst, formé sur le verbe aourser, brâler, s'attacher au fond du pot, en parlant des aliments, Le dict, de M. Godefroy a plusieurs exemples de ce verbe, mais n'enregistre pas aour.

PÉRIODIQUES 35 bomme compétent. Dans ces pièces M. C. aurait dù numéroter les vers où an moins les couplets:. Il est inexact de dire que « les manuscrits des vies des saints en prose française sont peu nombreux » (p. 249). Les travaux que j'ai publiés sur ce sujet, et auxquels veut bien renvoyer M. C., prouvent le contraire, et je suis loin d'avoir cité tous les mss. de ces recucils que je connais. La prière Sainte vraie croix aourée, publiée p. 255, se rencontre souvent dans les livres d'heures. Elle avait déjà été imprimée peu de temps auparavant dans La Revue des langues romanes, 4° série, Ill, 370. — P. 263, A. Fourès, Les jeux des enfants en Lauraguais. P. 281, A. Fourès, Voucabulari anatoumic e de la malautios en Lauragués. — P. 290. J. Brissaud, Chant de mates de l'Agenais. — P. 296. A. Blanc, À propos de l'expélition en Sardaigne de Guil= laume II, vicomte de Nartonne. Cet article contient des extraits de comptes (x410) tirés des archives de Narbonne, qui sont peut-être les plus belles archives municipales du Midi de la France. On y remarque plusieurs exemples du passage d's à r et inversement. — P. 307. Castets, « I fiore » et ses critiques. » M. C. essaye encore de soutenir que Dante pourrait être l'auteur de cette série de sonnets sur le Roman de la Rose.

GIORNALE STORICO DELLA LETTERATURA ITALIANA, n@œ 43-4 (t. XV, 8e année, 1890). — P. 1. G. Volpi, La vita e le rime di Simone Serdini detto il Saviogxo. Travail approfondi, suivi d'un appendice bibliographique et d'un choix de morceaux inédits. — P. 79. F. Macn-Leone, La politica di Giovanni Boceacio. Malgré les efforts de l'auteur, les idées politiques de Boccace n'apparaissent pas clairement, Elles ne semblent pas, en tout cas, avoir cu beaucoup d'originalité. — P. 111. G. Rua, Intorno alle « Piacevoli nolti » dello Straparola (premier article). L'auteur donne de curieux renseignements sur les diffé. rences considérables que présentent entre elles les premières éditions des Piacevoli notti; montre qu’en certains cas Straparola a reproduit des narrations qui couraient dans le peuple, qu'en d'autres il a simplement mis à profit des recueils écrits, par exemple, celui de Morlini, ce qui n'est pas une vue entièrement nouvelle; insiste sur les énigmes que Straparola introduit dans ses contes. — P. 152. E. Pércopo, Laudi e devogioni della citlà di Aquila. Guite). — P. 180, R. Kæhler, Mustragioni comparative ad aleune novelle di Gigvanni Sercambi (suite). Ces illustragioni se rapportent à trois nouvelles seulement. Pourquoi les morceler en aussi menus fragments? — P. 183. V. Rossi, Di una rimatrice e di un rimatore del sec. XV. Girolama Corsi Ramos &

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