Cf. Charles d'Orléans, édit. d'Héricault, t. I, p
2. Les dix ballades marquées d'un astérisque ont été remaniées par Octavien de Saint-Gelais.
A. PIAGET
En paine, souci et douleur.
En vous se dire je l'osoye.
Et le tresor de ma lyesse.
Fors que la mort tant seulement.
Gaignier le jeu entierement.
Helas! et n'est ce pas assez ?
Il ne faut ja que plus je vous en die.
J'aymasse mieulx de bouche le vous dire.
Je le tendray jusqu'a la mort.
Je l'oy crier piteusement secours.
Je pry a Dieu qu'il en ait l'ame.
Je pry Dieu qu'il les maudie.
L'amoureuse maladie.
Le droit de vostre seigneurie.
De plus grant bien qui me puist avenir.
Le rebours de ma voulenté. Le tresor de tous biens mondains, L'omme esgaré qui ne scet ou il va.
* Ma dame, le sauray je ja?
Ma dame, ma seule maistresse.
* Ma seule souveraine joye.
Mis pour meurir ou feurre de prison.
* Mon cueur qui est maistre de moy.
Ne lui vueillez a son besoin faillir.
* Nul ne tendroit contre telle puissance.
Ou coffre de ma souvenance.
Ou purgatoire de Tristesse.
Ou temps qu'aÿ congneu en ma vie.
Par les fenestres de mes yeux.
*Par vostre plaisant accointance.
Pour alegier mes griefs maux doloreux.
Pour bien et loyaument amer.
Pour ma maistresse souveraine.
Pour resveiller vos penses joyeuses.
Puisqu'ainsi est que de vous suis loingtains. Quant il vous plaist d'ainsi me conforter.
Quant me donna le don d'amy.
Quant temps et besoin en sera.
Qu'encore est vive la souris.
Qui loyaument fait son devoir S'a Leaulté ne vous rendez.
Se je ne fais une dame nouvelle Si lui dis je que c'est folic.
Tousjours tres loyalle maistresse.
UNE ÉDITION GOTHIQUE DE CHARLES D'ORLÉANS Tout enroillié de Nonchaloir.
Tout est rompu, c'est a refaire.
‘Treshumblement de toute ma puissance, Tresor d'amoureuse richesse.
Chansons et rondeaux :
A ce jour de saint Valentin.
A ce premier jour de l'annee.
Acquittez votre conscience.
AI Dieu 1 qu'il m'anuye.
Ainsi doint Dieux À mon cueur joye.
A l'autre huis.
Alez vous en, alez, alez.
Alons nous esbatre.
Après une seule exceptee. [René d'Anjou.] A qui les vent on?
A qui vendez vous vos coquilles?
A recommencer de plus belle.
As tu ce jour ma mort juree ?
A trompeur trompeur et demy.
Au besoing congnoist on l'amy.
Avancez vous, Esperance.
Avugle et assourdy.
Baillez lui la massue.
Beauté, gardez vous de mes yeulx.
Belle que je cheris et crains.
Bien assailly, bien deffendu.
Bien deffendu, bien assailly. [René d'Anjou.] Bien viengne doulx regard qui rit.
Ce may qu'amours pas ne sommeille.
Ce n'est que chose accoustumee.
Ce n'est riens qui ne puist estre.
Ce qui m'entre par une oreille.
C'est fait, il n'en faut plus parler.
Chantez ce que vous pensez.
Chascun devise a son propos.
Chascun dit qu'estes bonne et belle.
Chascune vieille son dueil plaint.
Ci pris, di mis.
Comme j'oy que chascun devise.
Comment vous puis je tant aimer. ® Contre le trait de fauceté,
Crevez moy les yeulx.
592 A. PIAGET
Cueur, a qui prendrez vous conseil?
Cueur endormy en pensee.
Cueur, que fais tu ? revenje toy.
Dedens mon sein, pres de mon cueur.
Dedens mon livre de pensee.
De la regarder vous gardez.
De la maladie des yeulx.
De leal cueur, content de joie.
De legier pleure à qui la lippe pent.
De riens ne sert a cueur en desplaisance.
Des amoureux de l'Observance.
Des arrerages de Plaisance.
Des malheureux porte Le pris.
De vostre beauté regarder.
Dieu! qu'il la fait bon regarder.
Dieu vous conduie, Doulx penser.
Dieu vous envoye pascience.
Dont viens tu maintenant, souspir ?
Durant Les treves d'Angleterre.
En amer n'a que martire.
En changeant mes appetiz.
Encore lui fait il grant bien.
En gibessant toute l'après disnee.
En la forest de Longue Attente, [Mme d'Orléans. ] En la promesse d'Esperance.
En la querelle de Plaisance.
En la vigne jusqu'au peschier.
En mon cueur cheoit.
1. C’est le rondeau de la duchesse d'Orléans, édit. d'Héricault, t. 11, p. 164:
En la forest de Longue Attente Entree suis en une sente Dont oster je ne puis mon cueur.
On trouve dans la Chasse d'amours d’autres rondeaux qui commencent par le mème vers :
En la forest de Longue Attente Entree suys en une sente Ou nul espoir vers moy s'adresse, En la forest de Longue Attente J'ay trouvé ma dame endormye.
En la forest de Longue Attente J'ay esté de moys plus de trente.
Geucourt. Cf. Raynaud. Rondeaux, p. 79-)
UNE ÉDITION GOTHIQUE DE CHARLES D'ORLÉANS En mes pais, quant me trouve a repos.
Ennemy, je te conjure.
En regardant ces belles fleurs.
En songe souhait et pensee.
Entre les amoureux fourrez.
Envoyez nous un doulx regard.
Est ce vers moi qu'envoyez ce soupir ?
Et de cela, quoy 1?
Et de cela, quoy ? ?
Et eussiez vous, Dangier, cent yeulx.
Et ne cesserez vous jamais, Faulcette confitte.
Fuyez le trait de Doulx Regard.
Gardez le trait de la fenestre.
Gardez vous bien de ce fauveau.
Gens qui cuident estre si sages.
Helas! me tuerez vous ?
Il me pleust bien.
Il vit en bonne esperance.
J'attens l'aumosne de doulceur.
J'ay esté poursuivant d'amours.
J'ayme qui m'ayme, autrement non.
Je congnois assez telz debas.
Je me metz en vostre mercy.
Je ne les prise pas deux blans.
Je ne prise point telz baisiers.
Je ne suis pas de ces gens la.
J'estraine de bien loing m'amie.
Je suis mieulx pris que par le doy.
Je vous arreste de main mise.
Jusques Pasques soient passees. [Fraigne.] Laissiez aler ces gorgias.
Laissiez moy penser a mon ayse.
Las! merencolie.
La veez vous, la lyme sourde.
Le premier jour du mois de may.