‹ Romania (volume 3)Chapitre 59 sur 78 · UNE ÉDITION GOTHIQUE DE CHARLES D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

UNE ÉDITION GOTHIQUE DE CHARLES D'ORLÉANS

Pour Dieu boutons la hors.

Pour le don que m'avez donné,

Pour les grands biens de vostre renommee.

Pour mettre a fin la grant doleur [Fredet].

Pour mettre a fin vostre doleur.

Pour paier vostre belle chiere.

Pourtant se vous plaignez d'amours. [René d'Anjou.] Pour vous monstrer que point ne vous oublie.

Prenez tost ce baisier, mon cueur.

Puisqu'Amours veult que banny soye.

Puisqu'estes en chaleur d'Amours.

Puisque je ne puis eschapper.

Quant commenceray a voler,

Quant j'ay nomparcille maitresse.

Quant j'ay ouy le tabourin.

Quant je fus prins ou pavillon.

Quant je voy ce que ne vueil mie.

Quant tu es courcé d'autres choses.

Que c'est estrange compaignie.

Que cuidez vous qu'on verra.

Que faut il plus à un cueur amoureux.

Quelque chose derriere.

Quelque chose que je dve.

Que me conseillez vous, mon cueur ?

Que voulez vous que plus vous die?

Regart, vous prenez trop de paine.

Remede comment.

Rendez compte, Vieillesse.

Rescouez ces deux povres yeulx.

Retraiez vous, regart mal avisé.

Se dangier me tolt le parler.

Se desplaire ne vous doubtoye.

Se j'eusse ma part de tous biens.

Se mon propos vient a contraire.

S'en mes mains une fois vous tiens.

Se vous estiez comme moi. [René d'Anjou.] Se vous voulez m'amour avoir,

Si dolant je me treuve a part. [René d'Anjou.] S'il vous plaist vendre vos baisiers.

Sot ueil, raporteur de nouvelles.

Soubz parler couvert.

Tant que Pasques soient passees.

Tant sont les yeux de mon cueur endormi.

Tellement quellement.

596 A. PIAGET Tiengne soy d'amer qui pourra.

Trop estes vers moy endeptee.

Ung cueur, un vueil, une plaisance.

Va tost, mon amoureux desir.

Veu que j'aÿ tant amour servi.

Vostre bouche dit : Baisiez moy.

Vous estes paié pour ce jour.

Arthur PiaGer.

NOTE ADDITIONNELLE. —- Nous avions reçu depuis quelque temps l’article qu'on vient de lire, quand M. de Maulde-la- Clavière, l’historien de Louis XII, nous a remis, sur le mème sujet, une note qui aboutit, au moins pour les faits, aux mêmes conclusions, car M. de Maulde ne juge pas le procédé d’Octavien de Saint-Gelais aussi sévèrement que M. Piaget; il pense que l'évêque d’Angoulème n’a pas cru mal faire en s’appropriant les poésies de Charles d'Orléans, qu’il n'a pas voulu commettre ce que nous appelons aujourd’hui un plagiat, et qu’il ne s’est pas écarté des mœurs littéraires de son temps. Cette opinion paraît difficile à soutenir quand on voit le soin, signalé par M. de Maulde lui-même, avec lequel Saint-Gelais s'est cru obligé de démarquer les noms propres. A la ligne 2 de la ballade 58, Duc de Bourbon est remplacé par Gentil honneur. et, à la fin, Guillaume Cadier par Desir treschier. Dans la ballade de la page 428, qui est de Garencières, au v. 3 Garencieres est remplacé par Amant parfait, et au lieu du titre : Responce de Garencieres, Saint-Gelais donne : Ballade de l'Amant parfait au dieu d'amours. Dans le titre de la ballade 74, qui est adressée par Charles d'Orléans au mème Garencières, Saint-Gclais imprime de même : De Cupido dieu d'amours.

Relevons encore dans la note de M. de Maulde les dates qu'il indique pour différents membres de la famille de Saint-Gclais. Le fils ainé d’Octavien, Jean, auteur d’une Histoire de Louis XII, était né en 1457; Octavien, lui-mème (ou plutôt Octovien comme il s'est toujours appelé suivant l'usage de son temps), était né, non en 1466, comme les biographes le répètent d’après Colletet, mais en 1468. Ces deux dates sont établies par des enquêtes judiciaires publiées par M. de Maulde (Procédures politiques de Louis XII, p. v'et 368). — Réd.

MÉLANGES

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