MASTIN
Diez tire le mot it. mastino, pr. fr. esp. mastin, d’un dérivé de mansionem : mansionätinum (canem), le chien qui appartient à la maisnie, le chien de garde, par opposition au chien de chasse, de berger, etc. Le sens serait bon, mais la forme est bien difficile à accepter. L'it. masnada << mansionata, sur lequel Diez s'appuie, appellerait masnadino comme dérivé (masnada lui-même est emprunté d'après M. Grôber, Arch. f. lat. Lexik., NII, 526, mais ce n’est nullement assuré) ; le fr. maisnada, l'a. fr. maisniede, appelleraient maisnadin, maismedin (plus tard maisneîn ; mesnin). Ou bien il faut supposer déjà en latin vulgaire un mansiotinum avec chute de l’a et de l’n précédente, ce qui est plus qu’invraisemblable. Le roman s'explique très bien par un dérivé de mansuetum, mansüétinum, le groupe ü& tombant comme dans costume de consüétüdinem. Le sens convient également : un canis mansuetinus est un chien familier, qui vit d'habitude avec
son maître, et par suite naturellement un chien de garde. G. P.