ANTENOIS
L’anc. fr. anfenois, encore usité aujourd’hui dans plusieurs provinces, signifie « agneau de l’année précédente ». Littré, qui enregistre ce mot, y voit un dérivé d'antan, ante annum', mais on aurait anfanois, forme qui ne se rencontre jamais.
1. M. Bos propose dubitativement ante annum ipsum; mais outre que cette composition est bien peu vraisemblable, ipsum en français a donné es et non eis ois.
LE GALLUS CALUMNIATOR DE PÉTRARQUE 6or
Le titre du f. 144 n'apporte sur le nom du Gallus qu’une variante orthographique assez commune (Sequitur epistola magistri Tohannis de Hisdino contra superiores epistolas), mais nous y apprenons exactement quelles lettres de Pétrarque il avait en vue en prenant la plume. Ce sont, dans l'ordre chronologique, les lettres Fam. V, 19 (à Clément VI), Sen. VIL 1 (à Urbain V, f. 132 du ms.) et Sen. IX, 1 (au même, f. 125), C'est-à-dire les principales lettres par lesquelles Pétrarque a traité devant les papes la question du retour en Italie. Deux de ces lettres, celles qui sont adressées à Urbain V, ont une étendue exceptionnelle dans l’œuvre épistolaire de Pétrarque et sont de véritables dissertations politiques. C’est à la dernière surtout, celle qui a été écrite vers la fin de 1367 pour féliciter Urbain V d’être rentré à Rome, que s'attaque l’auteur de l’Inwectiua. Bien qu’il reprenne, par suite de l'analogie du sujet, quelquesuns des arguments de Nicole Oresme dans la célèbre harangue prononcée à Avignon au nom de Charles V, avant le départ d'Urbain V, c’est Pétrarque et sa lettre qu’il vise personnellement. Le contexte ne renseigne pas sur la date exacte de la composition. Pétrarque voudrait faire croire dans sa réponse que son adversaire a mis quatre ans pour compiler son pamphlet?; il ne l’a reçu, en tout cas, qu’en 1371, année où il a écrit l’Apologia.
Le nom de Jean de Hesdin attribué au Gallus par les manuscrits de Paris est celui d’un écrivain scolastique connu par d’autres ouvrages et sur lequel on a réuni quelques renseignements biographiques3. Ce nom est-il appuyé par les détails qu’on peut recueillir dans l’Inuectiua et dans lApologia ? Le petit parallèle suivant répond à cette question :
1. Le titre d'Inuectiua paraît de l'invention de P. ou de ses éditeurs. Je le maintiens pour la commodité de la lecture.
2. Epistolc enim mea, quam hic Galliæ propugnator et appugnator Italie lacerandam sibi dificilem certe prouinciam elegit, ad félicis sanctaque memoriae Urbanum V Romanum fontificem ante hoc, ni fallor, quadriennium missa erat (Op. 1068) ; texte corrigé sur le Par. lat. 16232, f. 85.
3. La dernière notice sur J. de Hesdin est dans la Bioyr. nat. de Belgique, IX, 311-312. Elle ne dispense pas de recourir au P. Lelong, Bi. sacra, Il, 796, à Oudin, Seript. eccles., Il, 1225-26, et Suppl. Belg., 506, et à Paquot, Mém. lits, Il, 344.