‹ Romania (volume 3)Chapitre 65 sur 78 · LE THÉATRE À PARIS À LA FIN DU XIV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE THÉATRE À PARIS À LA FIN DU XIV* SIÈCLE

au moins au temps de Charles V qu'il faut faire remonter les origines du théâtre parisien. Comme à Aunay, quatre ans plus tard, un fâcheux accident troubla le spectacle. Guillaume Langlois, qui avait été « requis, prié et ordené de ceulx qui es diz jeux faisoient les personnages des figures des ennemis et deables, de estre aux diz jeux pour getter des canons », fut brûlé par une décharge survenue à l’improviste et « en grant doubte et en aventure d’estre mort ou affolé »; un garçon d’étuves, son ami, qui s'était offert bénévolement à lui servir d'aide, fut plus malheureux encore, car il mourut de ses brûlures tout juste un mois plus tard. La connaissance de ces « faits divers » des années 1380 et 1384 — et qui sait combien d’analogues, avant et après! — n’est peut-être pas inutile pour interpréter sainement l'ordonnance du prévôt de Paris de 1398. « Ce n’est probablement pas, comme on l'a cru quelquefois, dit M. Petit de Julleville*, le fait d’avoir osé représenter pour la première fois le mystère de la Passion qui attira sur la Confrérie l'attention des magistrats et provoqua leur sévérité... Le fait nouveau, inouï, qui scandalisa et effraya les magistrats, quand s’établirent les représentations de Saint-Maur, ce fut la permanence du théâtre où elles avaient lieu. » Au fond, l’ordonnance est une mesure de simple police, et j'imagine que le louable souci de protéger la vie des spectateurs, voire des acteurs, y fut bien pour quelque chose.

En terminant, nous constaterons avec regret que es lettres de 1380 se taisent sur un détail que nous aimerions à connaître : l'emplacement où avait lieu la représentation de la Passion. Si l’on peut retrouver l’acte du 3 avril, reçu par deux notaires du Châtelet, dont il est question dans ces lettres, on sera sans doute renseigné quelque jour sur ce point intéressant.

A. Tomas.

iril 1380. Lettres de rémission accordées par Charles V à Guillaume Langlois, cause involontaire d'un accident mortel survenu pendant une représentation de la Passion à Paris, le 27 mars 1380.

Charles, etc. Savoir faisons a touz presens et avenir a nous avoir est exposé de la partie de Guillaume Langlois que comme, le mardi apres Pasques

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