‹ Romania (volume 4)Chapitre 128 sur 283 · COUTUMES ET JEUX PICARDS · texte numérisé non relu

COUTUMES ET JEUX PICARDS

Autrefois, le jour de Pâques on faisait une omelette que l'on se partageait entre les membres de la famille.

Ou bien encore on faisait cuire une bonne tranche de viande que l'on se partageait de même.

Anciennement, le jour de la fête patronale était signalé par des danses particulières. Les jeunes gens se rendaient chez les filles du village et emportaient leurs jarretières ou tout autre objet qu'on était obligé de leur donner. Afin d'activer le don, deux ou trois jeunes gens se tenaient avec une pioche et enfonçaient les murs de la maison jusqu'à ce qu'on leur eût donné un objet. Une jeune fille s'était enfermée un jour pour ne rien donner, on lui prit sa chèvre. L'après-midi, on se réunissait chez un débitant, et là on y vendait les objets donnés, que les jeunes filles étaient tenues de racheter; le produit était destiné aux libations des garçons. Le commencement de la danse était annoncé par un coup de fusil tiré par le garde-champêtre. Dans cette danse, les célibataires étaient tenus de danser avec les femmes, et les hommes mariés avec les jeunes filles. Toute infraction à cette règle était punie par un procès- verbal dressé par le mars et ses compères. On nommait mars le dernier marié, monté sur un âne à l'envers. Les deux derniers mariés avant lui l'entouraient. Le procès était dressé avec un pied d'ortie; c'est-à-dire qu'on amenait le délinquant et qu'on le frottait avec des orties. La danse, nommée branle ou cotillon, se faisait ainsi : les jeunes filles se tenaient en cercle, et les garçons, après avoir dansé avec l'une, prenaient la suivante pour revenir en fin de compte à leur point de départ. Pendant ce temps, les plus agiles sautaient par-dessus la tête de leur dame.

La fin de la danse était annoncée par un coup de fusil, tiré de même par le garde-champêtre.

Telles étaient les danses de la Picardie il y a quelque cinquante ans.

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