‹ Romania (volume 4)Chapitre 133 sur 283 · UN FRAGMENT INCONNU · texte numérisé non relu

UN FRAGMENT INCONNU

d'envoi : « Ce fragment, qui est clos dans le ms. par une ligne transversale, est suivi d'un autre contenant, en treize lignes, des vers écrits comme prose. » Il joignait 17 vers extraits de ce fragment. M. A. Stickney a bien voulu copier pour nous le fragment tout entier ; le voici 1 :

Misandre le roi salue

Que la langhe avoit esmolue

A bien parler et saggement :

« Rois, » fet il, c [se] de vus ne ment

Le renome [e] che (de) vus nome,

Po che De fis le primer orne

Non a pus (om) de vettre puissa/içe

Rois ch'en Deu(s) a[iejd sa crea/içe.

Le renomefe] (che) de vus curt,

Si m'a mené a vettre curt

Per vu servir ed onorer

Et sel moi servig ve sera bie[l], Ge serai civalier novel De vettre man et non t(j/c)'autrui.

Et se de vettre ma/i non sui, (Ge) non serai civalier clamez. »

« Vu soiez le tresbien venuz, Bien (sic) duz amis, • fet H rois...

f Chi et[es] vus? »

• Sire, de Grèce

Sûmes [nus]. » Et chi e[st] ta/i (sic) lper[e] ? »

Per ma foi, sire, Yenpcrtr[e]. 1

« Et corne [as] tu nom? •

E foi meresi medim (sic) battesme Âlixandre mi fu nomez. »

« Alixandre, bien (sic) dux amis, Mul me plet [il] et mul m'aet[e], Et mul m'avez grant onor fetje]. >

Ce fragment, évidemment écrit par une main italienne, appartient à un poème que je ne saurais identifier. J'avais pensé que ce pourrait être l'original du récit sur Alexandre et Louis (variante à9 Amis etAmile), inséré dans YHistoria Septem Sapientum (voy. Deux rédactions en prose du roman des Sept Sages, p. xxxw) ; mais là c'est l'empereur qu'Alexandre vient trouver à sa cour, et il s'y présente comme fils du roi d'Égypte (voy. p. 168 du livre cité), tandis qu'ici il est fils de l'empereur et il se présente à un roi. Peut-être ce fragment fait-il partie d'un poème connu, qui échappe à mon souvenir et qu'un lecteur de la Romania retrouvera : il est toujours intéressant de savoir quels sont ceux de nos anciens romans qui ont été connus et copiés en Italie.

1 . Les lettres italiques représentent des abréviations résolues ; les parenthèses enferment des lettres à retrancher, les crochets des lettres à ajouter.

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