‹ Romania (volume 4)Chapitre 196 sur 283 · NOELS DU VELA Y ET DU FOREZ · texte numérisé non relu

NOELS DU VELA Y ET DU FOREZ

5 — Est-il beau, bergère, est-il beau?

— Plus beau que la lune et que le soleil ; Jamais de la vie n'ai vu son pareil.

6 — Que demande- t-il, bergère, que demande-t-il?

— Il ne te demande que ton petit cœur, C'est ce qu'il demande à tous les pécheurs.

7 — Allons-y, bergères, allons-y, Portons-lui des langes, aussi des drapeaux, Et pour sa couchette un petit berceau 4.

C'est à dessein que je passe sous silence les noëls bilingues, dans lesquels les anges, les saints, les personnes de qualité parlent français, les hommes du commun patois. Ces compositions, dont les exemples ne nous manquent point, sont trop artificielles pour pouvoir être vraiment populaires. On y sent l'effort, on y sent l'esprit qui tient à se montrer, la naïveté cherchée qui, si elle n'est pas la bêtise, du moins y confine. Je me souviens qu'en un de ces noêls un ange dit au berger de donner son cœur à Dieu ; le berger répond : « Comment faire pour le détacher? » En un autre, l'ange dit qu'il descend du ciel; le berger réplique : « Vous descendez de bien haut; où trouverez-vous une échelle pour remonter ? » La simplicité rustique n'a jamais eu ou tant de finesse ou tant de sottise. Arrivons aux noëls patois, à ces noëls dont les auteurs sont inconnus et qui n'en peuvent avoir, tant leur texte est mobile, tant leurs variantes sont nombreuses. Les chanteurs qui les ont adoptés en ont respecté le rythme primitif et, changeant incessamment les mots, ils ont fidèlement gardé le mouvement du vers et le balancement de la phrase. C'est la vraie poésie populaire, celle qui est, pour ainsi dire, — il serait peut-être plus exact de parler au passé et de dire qui a été, — dans ses détails, l'œuvre spontanée des chanteurs.

CHANTS PATOIS a.

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