IV. Livre du Castiement et des Proverbes de Pierre Alphonse
V. Chronique de Constantinople par Robert de Clari (f. 100-128). On sait que les différents mss. qui nous restent de la chronique de
Reims se divisent en deux familles, et les belles recherches de M. de Wailly ont suffisamment indiqué les différents traits fondamentaux qui les distinguent. Un premier coup d'œil permet de constater que le ms. de Copenhague n'appartient pas au premier groupe; d'abord il est divisé en chapitres (voy. ci-dessous), et M. de W. a montré qu'il n'existe dans les trois mss. (A, B, C) qui forment le premier groupe aucune trace ni de chapitres ni de rubriques. En second lieu, notre ms. est, comme ceux de la deuxième famille (D, E, F), écrit en dialecte picard ; le texte de A, B et C au contraire est conforme à la langue de l'Ile-de-France. Enfin notre ms. ne contient pas le célèbre conte de la Chèvre et du Loup, où le spirituel ménestrel, sous figure allégorique, a représenté les querelles de Marguerite, comtesse de Flandre, avec son fils Jean d'Avesnes (éd. de Wailly, § 404-409) ; ce conte ne se trouve pas non plus dans les mss. de la seconde famille, où on a fait disparaître toute trace du blâme exprimé contre Jean d'Avesnes dans la rédaction originale qui nous est représentée par les mss. A, B et C.
Il est donc tout à fait évident que le ms. de Copenhague, que j'appellerai G, n'appartient pas à la première famille ; il ne constitue pas non plus un groupe à part : il appartient à la deuxième famille. Dans son intéressant mémoire sur la classification des mss. de la chronique de Reims », M. de Wailly a mentionné un certain nombre de lacunes communes aux mss. de la seconde famille (§§ $0, 64, 84, 103, 130), et toutes ces lacunes se retrouvent dans notre ms.; une dernière lacune signalée dans G et F (§ 371), et commune aussi à D (et pour cause, puisque D omet en bloc les §§ $67-397, ce que ne fait pas G), ne se retrouve pas dans notre ms., qui dit bien : « et li frère le roi et leur femes prisent congie a le roine em plourant » (f. 3$, v. 1). Presque toutes les mauvaises leçons, portant surtout sur des noms propres, communes aux mss. de la seconde famille 2, se retrouvent dans notre ms.
Ainsi : contesse de Gales (de Guettes, § 21).
§ 289, Peroune au lieu de Pontoise, de même dans D. G a Paris et T Perouse.
§ 3 1 $ , la forest de Viscongne au lieu de Mormail.
1. Notices et extraits des mss.) vol. XXIV, 2« partie, p. 289 etsuiv.