J'ai vu son cul », le fond dn pot
de la glace ! Ah ! que j'ai froid et que j'ai faim ! — Regarde là-bas, » dit le renard, « voilà de petits bergers qui teillent du chanvre auprès du feu. Allons-y : ils auront peur et laisseront là leur chanvre. Je t'en referai une queue. »
A leur arrivée, les enfants s'enfuirent en criant : « Ah ! le vilain loup ! le vilain loup ! — Tourne le dos au feu, » dit le renard à son camarade, « et chauffe-toi bien. Je vais te remettre une queue. » H prit du chanvre et en refit une queue au loup, puis il y mit le feu. Le loup bondit de douleur, et se mit à courir et à s'agiter, en criant d'une voix lamentable :
J'â chaou la patte et chaou le cû.
Ma grand'mère, j' n'y r'vanra pû1.
Le renard lui dit : « Viens avec moi : on va faire la noce à la Grange- Allard* ; il y a des galettes plein le four. »
A quelque distance de la ferme, le renard grimpa sur un chêne, a Oh ! » dit-il, « que cela sent bon la galette ! Mais j'entends les cloches ; les gens vont revenir de la messe.... Oui, oui, voici la noce ; il est temps d'approcher de la chambre à four. — Comment faire pour entrer ? » demanda le loup. — « Voici une petite lucarne, » dit le renard ; « tu pourrais bien passer par là. — C'est- trop étroit ; il n'y a pas moyen. — Passe ta tête : là où la tète passe, le derrière passe. Quand tu seras dans la chambre à four, tu mangeras le dessus des tartes, et tu me jetteras le reste par la lucarne. J'en ferai une petite provision pour nous deux.
Après bien des efforts, le loup parvint à entrer dans la chambre à four ; le renard resta dehors, et tout ce que le loup lui jetait par la lucarne, il le mangeait ; c'était la meilleure part. Les gens de la noce arrivèrent bientôt ; le renard s'enfuit, laissant là son camarade.
Un instant après, les femmes entrèrent dans la chambre à four pour prendre les galettes. Les voilà bien effrayées : « Au loup ! au loup ! » Tout le monde accourt avec des bâtons, des fléaux, des pelles à feu. Pendant ce temps, le renard riait de toutes ses forces dans sa cachette. Le pauvre loup avait essayé de repasser par la lucarne ; mais, comme il avait beaucoup mangé, il ne put y réussir. On tomba sur lui, et on lui donna tant de coups, qu'il rendit tout ce qu'il avait mangé. Les bas blancs, les beaux jupons en furent tout gâtés ; il fallut changer d'habits. Quant au loup, il fut si maltraité, qu'il en mourut.
Dans une variante, également de Montiers-sur-Saulx , et qui met en scène plusieurs personnes du pays, mortes aujourd'hui , le loup et le renard s'en vont sur le chemin de Ligny. Passent trois charretiers, le père Charoy, le père
1 . J'ai chaud la patte et chaud le cul ; Ma grand'mère, je n'y reviendrai plus.