‹ Romania (volume 4)Chapitre 58 sur 283 · Eveiller · texte numérisé non relu

Eveiller

Ieu chante naint et jour,

Ma quand lo vigno pousso, ieu derme pas toujours4. •

4 La grive. — Chi dhigait le prounsean2: c Ieu chain gras coumo un Iebrant,

Lou moussus e la damas me voudriant bien pluma, Ma ieu lèvou lo queto, n'an mâ à me sougna. i

5 Le chardonneret. — Chi dhigait le chardougni : c Ieu savou bien faire moun

Chiou d'uno caso en l'antro, me tenant par chanta, [maintain 3, Fan plaisain à la damas, me fant bien migea.

6 La pie-grieche. — Chi dhigait le pendard 4 : c Fan bien de moun gaillard,

Ieu van d'un abre en l'antro, ieu van me percha, Chi gni n'o quanquantra lou fan bien marcha, i

7 L'ipervier. — Chi dhigait l'imparvié : t Ieu chain un boun garrié,

Van d'un village en l'antro, ieu van fiala 5

Chi y o quanquo cloussado6, l'ain betain7 pendoulado. »

8 Vétourneau. — Chi dhigait l'intourné : c Anen bien par troupé,

D'uno mountagno en l'antro nous saven bien dimpacha, Chi y o quanquo graneto, l'aven betain levo. ■

9 Le levraut. — Chi dhigait le Iebrant : c Ieu van bien a sânt 8

Ieu van d'un cainre à l'antro par me cacha, Quand le chassainre passo, tâche de me pa moutra. i i o Le loup. — Chi dhigait le loup : • Ieu vivou en penrou,

1. Une courte légende nous apprend pourquoi le rossignol ne dort pas, auand la vigne pousse. — Une nuit de mai un rossignol s'endormit sur une brancne de vigne. De cette branche sortirent des vrilles si longues et si abondantes qu'elles enveloppèrent l'oiseau et le prirent comme dans un filet, et à la première heure du jour, quand il voulut s'envoler, il ne le put. Les rossignols, ses frères, le voyant prisonnier, se promirent d'éviter le piège ; ils résolurent de se tenir éveillés pour n'être pas surpris par les rapides jets de la vigne, et, pour rester éveillés, ils chantèrent, et c'est depuis ce moment que le rossignol chante la nuit.

2. Je ne puis dire quelle sorte de grive on appelle, en certains lieux du Velay, prounsean ou prounseau. Dans les montagnes voisines de Saint-Etienne, on ne connaît, je crois, que trois sortes de grives : l'une, la plus grosse, qu'on nomme gabiatt et quelquefois thia-thiay comme en lyonnais ; 1 autre qu'on nomme trie, c'est la grive qui nous vient par bandes, dans les premiers jours de novembre, et qui passe chez nous une partie de l'hiver ; enfin la petite grive, qui traverse notre pays après les vendanges, dans les premiers jours d'octobre; nous l'appelons pioure ou pioule. C'est le tourdre du midi.

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