‹ Romania (volume 4)Chapitre 62 sur 283 · Repose · texte numérisé non relu

Repose

nous montreront sans doute des chants analogues. Nous savons déjà que, dans certaines parties du midi, les animaux sont considérés comme les éducateurs de l'homme1, et qu'on place dans leur parler des règles de conduite à notre usage. En voici une qui tient plus de la prudence humaine que de la charité évangélique. En Provence, l'alouette chante :

c Que te fa, fa-lia. »

Elle chante, en Bas-Languedoc :

c Que te fai, fai-îé. t

En Rouergue : « Que te fo, fa-li. »

En Béarn : « A qui fay, fay-li. »

D'autres fois, les animaux posent entre eux et l'homme des conditions de bonne entente.

En Provence, le cheval dit :

c Meno-me plan à la mountado, .

Descende-te à la valado,

Et me ves manjar la civado,

You ti farai boueno journado3. t

Il dit, en Armagnac :

« Mounto piau à la mountado, Debaro piau à la debarado, E bejes minja la ciuada, A tau haras bouno journado4. ■

Il est probable qu'en Velay les animaux sermonnent l'homme de même façon; mais, faute de recherches, je n'ai pas eu jusqu'ici l'occasion de constater dans notre pays ces sortes dé dits moraux $.

1. Voy. Alph. Roque-Ferrier, Revue des langues romanes, VI, 303.

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