III. — Terramagnino de Pise, Doctrina de cort
Le titre de c traités catalans i, sous lequel je continue la publication du ms. de Madrid, ne convient proprement qu'à certains des traités qui s'y trouvent contenus. Il doit être entendu surtout en ce sens que le ms. maintenant perdu, sur lequel a été exécutée la copie de Madrid, était d'origine catalane. Mais rien n'est moins catalan que l'opuscule qui verra le jour pour la première fois dans les pages qui suivent.
Cet opuscule, en effet, est l'œuvre provençale d'un Pisan : t ieu Teramayguis de Piza i, dit-il au v. 25. Plus loin, v. 143, Pise est encore nommée, et ailleurs encore, en un passage sur lequel je reviendrai un peu plus loin, ayant à citer quelques noms de lieux, sans que son choix fût déterminé par aucun autre motif que sa fantaisie, l'auteur nomme Pise, en première ligne, puis Lucques, Florence, Marseille, Gênes et Plaisance : cinq noms italiens sur six (voy. vers 321-2).
Teramayguis est un nom dont on chercherait en vain un second exemple soit en Italie, soit ailleurs. C'est à tout le moins une forme suspecte. On peut être assuré toutefois qu'elle n'est pas le résultat d'une erreur de lecture qu'aurait commise l'auteur de la copie conservée à Madrid : Jaime de Villanueva donne la même forme, ce qui prouve qu'elle se trouvait dans le ms. perdu de Barcelone3. Mais l'erreur en tout cas n'est pas considérable, si, comme tout porte à le croire, notre Teramayguis n'est pas différent de Girolamo Terramagnino, de Pise, poète de qui Crescimbeni3 a publié une pièce, un sonetto rinterzato, dont voici le premier couplet :
Poi dal maestro Guitton Tarte tenete
Assai mi par dovere4 Di vera conoscensa avère effetto, E defettar da voi onni defetto
Che non bon agia espetto, Se di tal mastro bon saver avete.