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DANS LE ROMAN DE PERCEFOREST

Le roman de Perceforest est une des plus vastes compositions que nous ait laissées le moyen âge. On n’en possède, à ma connaissance, qu’une seule copie complète, c’est celle qui remplit les n°* 3483-3494 (anc. B. L. Fr. 239) de la bibliothèque de PArsenal, formant six volumes en douze tomes. Cette copie sur papier a été « minutée » par David Aubert, en 1459 et 1460, par le commandement du duc Philippe de Bourgogne, « pour cy aprez » la « grosser en vellin ». Elle provient de la bibliothèque des ducs de Bourgogne, où elle est signalée dans l'inventaire de Gand de 1485 :. Une autre copie sur papier est indiquée dans le catalogue de Bruges de 1467. Dans ce même inventaire

1, Voyer le Catalogue des manuscrits de T'Arsenal, par M. Henry Martin, & IL, p. 383.

2. Voys Barois, Bibliothque protypagraphique, ns 1629-1632. L'identité des exemplaires est établie par celle des mots donnés dans l'inventaire de 1485 comme commençant le scond feuillet et terminant le dernier feuillet de chaque volume. Les volumes n'étaient pas alors divisés en deux, mais remplissaient chacun un tome, couvert de cuir blanc. Les 3e et 5e volumes ne sont pas portés à l'inventaire; ils étaient sans doute prètés et ont êté plus tard remis en place.

3. Barois, ns 1254-1258. Le premier des six volumes manque, mais il me paraît probable que c'était le n° 1253, qui est porté comme formant le sixième volume de l'exemplaire dont les n® 1248-1252 contiennent les cinq premiers et comme prèté à Monsieur de Saint-Pol. En eflet, les n° 1248-1252 sont sur parchemin et couverts de cuir jaune, le n° 1253 est, comme les n® 1254 12358, sur papier et couvert de cuir noir. Le sixième volume de l'exemplaire sur parchemin et le premier de l'exemplaire sur papier se trouvant en défaut, comme Monsieur de Saint-Pol avait emprunté celui-ci, ke rédacteur de l'inventaire à fait une confusion.

figure un exemplaire sur parchemin, en six volumes également, qualifié à deux reprises de « viez' »; c’est probablement celui qui avait servi de modèle à David Aubert : je ne pense pas qu’il ait été retrouvé nulle part. Quant à la « grosse » qu’exécuta David Aubert, on n’en 1rouve pas trace dans les inventaires des ducs de Bourgogne ; mais les trois premiers volumes sont aujourd’hui conservés au British Museum sous les n°° Royal 15. E. v, 19.E. m, 19. E. n°. La Bibliothèque Nationale de Paris possède les quatre premiers volumes d’un autre et magnifique exemplaire sur vélin », et les volumes I-III et V d’un exemplaire sur papier+. Le livre II d’un exemplaire dont je ne connais que l'existence est conservé à Berlins, et un tome Il, qui semble avoir disparu, se trouvait à la bibliothèque d’Albié. Perceforest a Eté imprimé par Galliot du Pré, en 1528, en six volumes petit in-folio : cette édition reproduit la minute de David Aubert ; elle a été purement et simplement réimprimée en 1531. Une

1. Barroïs, n% 1248-1252 : « en parchemin escript 4 longue luigne, couvert de cuir jaane. » Comme on l'a vu ci-dessus, il est probable que le sixième volume manquait.

2. Ward, Catalogue of romanes in tbe British Museum, t. 1, P. 377:

3. Mss. fr. 106-109 (anc. 6778-6781). Voyez-en la description dans P. Paris, Les Manuscrits françois, t. 1, p. 141. Ces manuscrits proviennent de La bibliothèque des comtes de la Marche.

4. Ms. fr. 345-348 (anc. 6966, 7179, 6967, 6968; le Catalogue dit par erreur 6965, 6966, 7179, 6967); voy. P. Paris, t. Il, p. 366, ett. VI, p.21. Cet exemplaire provient de la bibliothèque de Louis de Bruges, seigneur de La Gruthuyse.

5: Schmidt, Les romans en prose des cycles de la Table Ronde et de Charte. magne, traduit par F. de Roisin (Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, 1859), p. 67, n. — 1l est bien singulier, soit dit en passant, que le traducteur de ce travail, si remarquable pour l'époque, appelle Schmidt J.-W. sur le titre, et Frédéric-Guillaume dans la préface, sans mentionner le nom de Valentin.

6. Hænel (p. 17) marque dans sa liste des mss. d'Albi : « Le 2e volume de Perceforest, commençant à la 7e rose et finissant avec la 129, sacc. XV, membr. fol. (cum pict.). » Dans le catalogue des mss. d'Albi, dressé par Libni, qui figure au tome 1 du Catalopue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements (Paris, 1849, in-4°), on ne trouve plus trace de ce manuscrit.

le dieu a été supprimé à cause du milieu différent (musulman) où pénétrait le récit, et assez maladroitement remplacé par la femme (plus tard la belle-mère), qui fabrique elle-même, on ne sait comment, le talisman et le remet au mari, ce qui devrait diminuer beaucoup la confiance qu’il inspire à celui-ci".

1. Dans Somadeva le mari révèle son secret après avoir bu. Il y a peutêtre une trace de ce trait, qui serait alors primitif, dans la version de T, où le mari s'endort et est accusé de s'être enivré; toutefois cet incident paraît emprunté à un autre conte. — Dans Somadeva comme dans T° les galants sont enivrés (Somadeva ajoute au vin le narcotique); mais ce n'est pas là un trait primitif, la construction du piège par le mari, qui rend ce procédé tout à fait inutile, appartenant sans doute à la forme originale.

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