XXIV. A iceus mos la femme s’en tourna
Nabons s’assist, qui outre retourna, 302 Flamans d’anoi quant ne peut retourner; Mais grans famine en tel point l’atourna Que pour la honte en un coing se tourna :
305 La comença sa chose a atourner; Necessités lui aprist a tourner Si le fusel que bien seut aourner 308 Le sien filé, et si bien l’aourna Que son vivre on ne lui peut destourner; Mais ne vit nus si orgueil bestourner 3it Come famine en lui le bestourna, Car d’orgueil n’eut demie.
XXV. Cil chevaliers sança son mautalent, Car famine lui en donoit talent, 315 Si qu’au filer grandement entendoit; Et la femme l’en rendoit paiement, Car a mangier lui donoit doucement.
318 Mais Meleans d'angoisse s’estendoit?,
292 A la peine, A B est — 294 À B est — 297 À ne sera ja; B om. ja Cle mot ert est barré et remplacé en interligne par sera) — 298 À ny fu
XXIV. 381 B autre — 302 B ne se polt tourner — 303 À B le tourna =— 305 À la ch. — 308 A Le sceut fller — 309 À om. on, veult
XXV. 313 À songea, B sancha — 315 À tenendoit — 316 À luy rendoit sagement — 317 A tendrement, B len d. — 318 B dangousses sestendit
1. Il ya en anc. fr. deux verbes aorme où aourmer, l'un de adornare, l'autre de *adordinare, qu'il est souvent diffdle de distinguer l'un de l'autre (et que M. Godefroy a confondus) : c'est le second que nous avons ici.
2. S'estendoit, proprement « se détiraît les membres », d'où au fig. « se consumait, si struggeva ». Cet emploi figuré est fréquent.
Qui en Bretaigne en cel point l’atendoit, Pour Margon qui a Dieu graces rendoit 321 De sa rose, qui se tenoit en joing'; Et quant cil vit ou la chose tendoit, De chevauchier roidement n’atendoit; 324 Car il dit que ses chevaus n'ira loing S'iert la rose sechie.