CHRONIQUE
Le centenaire de la naissance de Frédéric Diez a été pieusement célébré dans un grand nombre de centres d'études de philologie romane; mais on a souvent, pour des raisons d'opportunité, avancé ou reculé la date (15 mars) où on devait le célébrer. L'université de Bonn, comme il était naturel, a une certaine solennité. C'est le 3 mars qu'elle avait choisi, en guise d'invitation, aux diverses universités d'Europe, ainsi qu'aux académies dont Diez avait été membre, une grande brochure de 35 pages in-Je, portant ce titre : FREUNDESBRIErE VON FRiEpricu Diez. Zur Feier des bundertjäbrigen Geburistages des Begründers der Romanischen Philologie FreoriCH Diez am Sonnabend, den 3. März 1894, um 11 Ubr Vormittags in der Aula lädt ein im Auftrag von Rekior und Senat der Rheinischen Friedrich= Wilhelms-Universität WenDeun Forrster. Nous dirons un mot tout à l'heure dela publication en elle-même. Le titre un peu obscur, où lädt ein était imprimé en caractères plus petits que les autres (la brochure était en plus enfermée dans une couverture en papier brun sans titre), n’a pas été partout, croyons-nous, compris comme une invitation à participer à la fête. Cette fête avait d'ailleurs un caractère d'intimité qui n'appelait guère de participation officielle, et, sauf les universités de Breslau et de Münster, représentées par MM. Appel et Andresen, les corps savants qui ont répondu à l'invitation l'ont fait par dépêches ou par lettres. Ils ont d'ailleurs été nombreux : l'université de Bonn a reçu les témoignages de sympathie des universités de Halle, Breslau, Giessen, Tübingen, Strasbourg, Kiel, Kônigsberg, Erlangen, Marbourg, Jena, Gouingen, Munich en Allemagne ; Vienne, Graz, Prague, Innsbruck en Autriche; Berne, Bâle, Genève en Suisse; Naples, Gênes, Rome, Pise, Messine, Palerme, Milan, Pavie, Bologne, Florence, Turin, Cagliari en Italie; de la Matschappij der nederlandsche Letterkunde, en Hollande. De France, il est arrivé des adresses de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, de l'École pratique des Hautes Études de Paris, des Facultés des lettres de Toulouse et de Montpellier, de l'Institut catholique de Paris. De nombreux romanistes d'Allemagne et d'autres pays avaient envoyé des lettres et des télégrammes exprimant leur admiration et leur reconnaissance pour le maître vénéré : citons MM. Ascoli, Mussaña, G. Paris (qui avait inséré dans le Journal des Débats du 3 mars un
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deuxième partie de cette étude de justifier l'opinion à laquelle je suis arrivé maintenant, en réunissant le plus complètement possible les faits qui lui servent de base.
Je dirai seulement tout de suite que le phénomène en question se présente déjà dans le latin vulgaire antérieurement à toutes influences germaniques, et que par conséquent il faut chercher à lexpliquer comme appartenant à l'évolution spontanée du latin.
Gaston Paris.
(4 suivre.)
Je n’insisterai pas sur la ressemblance de ces deux textes. Si l'on veut en juger, que l’on compare notre texte au Psautier dit de Montebourg, qui est pourtant la source première d’où est sorti le texte français que nous citons. Mais il suffira de faire remarquer que les mots ZI malvagi non saranno di tale maniera ne sont nullement la traduction de : Non sic impii, non sie, mais du français : « Li felon ne seront mie en tele maniere. » La suite de notre examen confirmera cette observation.
Remarquons en effet la manière dont sont rendus les premiers mots du Psaume xLiv, Eructavit cor meum verbum bonum :