‹ Romans à lire et romans à proscrire: essai de classification au point de vue moral desChapitre 16 sur 32 · ROMANS D*ADOLESCENTS · texte numérisé non relu

ROMANS D*ADOLESCENTS

fatale (avec l'Angleterre ; amours d'un lieutenant de vaisseau et d'une irlandaise) ; Ordre du Tsar (roman d'aventures) ; L'invasion jaune, ont fait du sympathique écrivain le Jules Verne militaire et obtiennent toujours un succès mérité.

Lucien Darville, ancien magistrat, démissionna pour sauvegarder l'indépendance de sa conscience, et embrassa la carrière des lettres. Nous citons parmi ses œuvres, bien écrites et bien pensées :

Les romans historiques : La belle Olonnaise (époque Louis XIII, scènes de fiancés) ; Les trois loup& de mer (id.).

Les romans de mœurs contemporaines : Trop fin de siècle ; Trop savante ; Epreuves d'une mondaine ; Alsace et Bretagne ; Les agents des Ténèbres ; Le juge Babylas (le catholique tracassé) ; La grande victime (Mgr Afïre) ; La vengeance du prêtre (durant la guerre d'Extrême-Orient) ; La famille Monval ; Les^ deux cousines (religieux, actuel).

Les variétés : Le roman de la science ; Un monde nouveau ; Le commencement de la fin ; une multitude de nouvelles et de romans publiés dans les journaux.

François DeschampS» pseudonyme de M"»^ Louvrier de Lajolais.

Au lys d'argent est à lire par les jeunes gens sérieux.

L'intrépide Marcel ; Mon ami Jean ; Le roman d'un sot ; Mon amie Georgette ; Les grandeurs de Sophie ; Mon Jacques ; Les petits Poussargues sont pour tous.

Marie-Claire est l'histoire d'une femme qui côtoie l'adultère.

L" Jacques Debout, prêtre de Paris, écrivain plein r de ve rve e t d'entrain. Ses œu\tei% ^oxvX» ^wt^avit. açolo- ^é*:..^^ÊÊÊlÊL^4, roulent pT\tvc\^^Ve.mçiXv\. ^\x\ X^^n^^w

sociale ; au point de vue littéraire, ce qui les caractérise et parfois les dépare» c'est l'excès d'imagination^ un sentimentalisme qui confine à la mièvrerie, des tirades flamboyantes sur la puissance de Tamour. Les lettres d'un militant ; Les nouvelles semailles ; Le monde des vivants ; Le poids du jour, ne conviennent guère à toutes les jeunes filles, mais pourront faire grand bien à certains jeunes gens.

Paul DeschampS paraît être le pseudonyme d'un prêtre, collaborateur de L'Ami du Clergé, Ses troislivres : Jean Christophe ; Suzanne ; L'abbé Jacques, sont appelés à faire beaucoup de bien. Les nobles exemples des héros, le fini des tableaux champêtres et familiers, l'exposé des persécutions auxquelles la religion , est en butte depuis 20 ans, font de cette trilogie une œuvre admirable, captivante et édifiante. Pour lire à la veillée, surtout dans les campagnes, il il n'y a rien de mieux.

Philippe DeschampS, ancien négociant qui consacra son temps, son argent et son talent d'écrivain à populariser l'alliance franco-russe.

11 a publié pour la jeunesse studieuse des récits de voyages et des biographies.

L'abbé Augustin Devoille(1808-18..).Ses trente ou quarante ouvrages occupent une très bonne place dans nos bibliothèques paroissiales. Beaucoup d'entre eux renferment trop de longueurs, de vulgarités, d'obcurités et d'incohérences pour intéresser les puristes et les lettrés. Les lecteurs ordinaires lui pardonneront facilement ces défauts et liront avec bonheur ces livres écrits spécialement pour le peuple. Nous citons seulement parmi les meilleurs : La clochA <L<t Louville ; Les Croisés ; La prlsoumè-T^i <\e, \^ Vw\vv \ Vengeance; Le parjure \ Le Cercle cW^e^^ ^lAîî^Tcvc^^^vi.'è,

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d'une mère de famille ; La dame de Châtillon ; Le Prêtre soldat.

Joseph Divat, de son véritable nom Jean Lionnet) SLuieuT de Ketteler, brillant littérateur. Il a visité le Panama et en a décrit les richesses dans Les Dieux -d'or (roman d'amour pur et d'aventures passionnantes).

L'abbé J. Dominique. Œuvres : La barque maudite ; Contes et Nouvelles ; L'Espion malgré lui ; Histoire de deux bureaucrates ; Trois parties d'échecs ; •etc.

Arthur Dourliac, de son vrai nom Arthur Cîouillard, né à Saint-Quentin, en 1848, fît ses étudies de pharmacie, prit part à la guerre de 1870, et depuis, se consacra aux lettres. Mort en mai 1905.

Il s'est tour à tour essayé dans l'éiude des moeurs ouvrières et bourgeoises (Léon de trop) ; des mœurs villageoises (Un de plus) ; des mœurs provinciales (Le supplice d'une mère) ; et enfin dans le roman historique. En tout, 20 romans et environ 150 nouvelles, dont plusieurs pour personnes d'âge raisonnable: Trop marquise (roman couronné par l'Académie).

Nous permettrions aux plus jeunes : Deux Dauphins ; Un élève de Tintoret ; La première garde de Roustan ; Les apprentis de V armurier ; Droit d'aînesse ; •Cœur dévoué ; etc.

Jean Drault, de son vrai nom A. Jeandrot,

né en 1866, près de Dreux. Son Chapuzot qu'il mobilise «uccessivement dans tous les pays

Où mûrit l'héroïsme et fleurit la gaieté ;

*^odyssée de Claude Tapart ; Les petits drames du ^Le wagon de ^^ classe \ Les ^A^euluxes de Les audiences ioxjeuses \ e\.ç.., ^oroX ^<i.^

ouvrages désopilants et gaulois qui ne font jamais rougir.

Nous ne pourrions pas en dire autant de toutes ses pièces de théâtre : plusieurs d'entre elles renferment des scènes croustilleuses.

E. S. Drieude. Ses nouvelles, un peu confuses et parfois invraisemblables, Lorenzo ; Les solitaires d' Isola. Doma ; Edmond et Arthur ; Les épreuves de la piété filiale ; Rosario ; Dom Léo se complètent l'une €t l'autre et tendent à démontrer la supériorité de la religion catholique sur les autres.

Comtesse Drohojo^vska, née Symon de Latreiclie. Perdus en mer ; Les faux visages ; La fée du logis ; Les roses de Noël ; L'esclave^ seront lus avec autant d'intérêt que les biographies d'inventeurs célèbres^ de femmes illustres^ etc., du même auteur.

Pierre Duchâteau, pseudonyme d'une femmeauteur qui décrit excellemment les intérieurs de famille et dont les œuvres religieuses et éducatives sont à placer dans toutes les bibliothèques paroissiales.

Nous citons ici : Notre demoiselle ; Deux puissances^ ennemies ; Uécueil ; Pauvre Jean ; Père Prodigue ; Dix-huit cents francs de rente ; Le gouvernement de Monsieur le curé.

Nous recommandons aux plus jeunes : Souvenirs d'un petit alsacien ; Les 4 fils Aymon ; Le roman de Christian ; Deux rivaux ; Le Robinson des vacances ; Le filleul de Mutte ; Mignonne ; La fille de ma fille ; L'ambition de Germaine ; Le bas de laine de tante Aimée ; L'étoile ; Vie d'artiste ; toutes les nouvelles parues dans le Saint-Nicolas et Le Musée de%\^w\X\»^*

Miss Maria Edgeworthi VV^^'\A^^^>^^^^^^^'^'^'^^

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anglaise. Ses romans et ses contes, où elle a décrit les misères morales de l'Irlande et de la haute société anglaise ont un but moralisateur, qui s'aperçoit dans chacun de ses livres. Nous recommandons ici les Contes pour Içs jeunes filles ; Contes de Venfance ; Contes d^adolescence ; Contes familiers ; Demain ; Les jeunes industriels (8 vol.) ; Récits populaires (adaptation Ardant).

M°^« Marie Emery. Œuvres : Lucy (récit émouvant et littéraire qui a paru dans L'Univers) î Le pèlerinage de grâce (le schisme de Henri VIII) ; Princesse et esclave (Saint-François Xavier aux Indes) ; Uiie saison à Spa (les villes d'eaux) ; etc.

Pierre l'Ermite, pseud. de M. l'abbé Loutil, vicaire à Saint-Pierre de Ghaillot, Paris. Ecrivain artiste et apôtre.

Ses nouvelles, croquis et dialoerues, qui paraissent chaque dimanche dans La Croix, ont été réunis pour la plupart en volumes, sous des titres affriolants: • Lisez moi ça ! ;Et ça ? ; Et de quatre... ; Le soc. Ils ont la gaieté, la finesse, la ferveur naïve et parfois la drôlerie folichonne des contes du moyen âge ; ils sont la force et la gloire de leur auteur et ils ouvrent l'âme aux plus hautes leçons.

Ses romans ont aussi leur valeur. Restez chez vous, est un éloquent plaidoyer en faveur de la vie rurale ; Le grand Muflo met en scène le type saugrenu du mangeur de curés. La grande amie (livre couronné par l'Académie française) et L'emprise nous font assister, au milieu de scènes poignantes, sentimentales, pittoresques et mélodramatiques, à la lutte de la terre contre l'usine, de la noblesse terrienne contre i^Ja juiverie cosmopolite, du home rustique et bienfai-

it contre l'exode incessaivl ç\\i\^ot\.ç; \ç;\>îk.N[san dans *s villes. . .

Alfred des Essarts (Alfred-Stanislas Langlois, dit) littérateur français (1811-1893), conservateur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Nous citons parmi ses romans : Le chalet d'Hoffmann (nombreuses allusions historiques qui le rendent obscur) ; Le champ de roses (le plus vanté) ; La femme sans Dieu (triste, actuel, touffu, pour les jeunes gens sérieux) ; L'enfant volé (très beau, quelques détails répréhensihles) ; Le roman d'un vieux garçon ; etc., qui ne doivent être lus que par des jeunes gens formés.

Les autres se contenteront de : La gerbe (10 nouvelles) ; Lectures d'hiver (9 récits) ; Le marquis de Roquefeuille ; La richesse des pauvres (édifiant) ; Une petite fille de Robinson ; Le meneur de loup (les, légendes du Morvan).

Gabrielle d'EthampeS) de son vrai nom M«"« Marie de la NicoUière, morte à Nantes en 1905. Ses nombreux ouvrages (une soixantaine de volumes) garnissent les rayons des bibliothèques paroissiales : ils ne sont pas de tout premier ordre, mais au moins ils sont honnêtes, religieux et assez souvent intéressants.

Citons seulement : Les colombes de la Forlière ; Even de Monadich (à donner avec discernement) ; L'héritage du Croisé (noblesse, descriptions, bals) ; L'héritière du cohnel ; L'héroïsme de Kergaèl ; Isabelle aux blanches mains ; Mélite Beligny (mariage, livre souvent demandé) ; La petite reine des Corrigans ; La roue qui tourne ; Yva et Yvette (pour enfants) ; La ville aux roses; La pupille du docteur; La main de velours (guerre de 1870, tableaux d'intérieur ) ; La maison du docteur ; Le Château de Coëtval ; Le dévouement d'une jeune fille ; Les deux frères martyrs ; Les épreuves d'une mère ; Le logis aux ombT^%\ Le secret de Suzanne.

Les <x grands seigneurs v) d^ \^ Y\\X.^x^>ax^ ^««xv^^-

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raient volontiers toutes ces productions parmi les médiocrités : mais est-on jamais médiocre, quand on a beaucoup de bon sens et de bons sentiments ?

J. H. Ewing. Œluvres : L'enfant du moulin ; Un fer à re-p'dsser -pour un liard ; Une courte vie ; Le& réminiscences de la dame d'en face,

M'^' Camille de Fillyères se porte particulièrement à analyser les peines du cœur : A chacun sa part (elle épouse, hélas ! un baron viveur, tandis que le délaissé fait un mariage heureux) ; Le roman d'une année et Le dernier des Sablonins, qui le complète, (très édifiants) ; Les surprises de Berthe (après tant de souffrances, elle trouve le testament de son oncle et se marie) ; La villa Esculape.

ZÉNAÏDE Fleuriot, déjà nommée. Les mères de famille dont elle a conquis le cœur, feront lire à leurs enfants, les livres délicieux qui suivent :

Aigle et colombe (très beau, suite de Petite duchesse); A l'aventure (pièces de vers, religieuses); Alix (très bien, descriptions mondaines) ; Au hasard; Aventures d'un rural ; Câline ; La clef d'or ; Un cœur de mère (Deux nouvelles) ; Charybde et Scylla (id.) ; Le cœur et la tête ; Deux bijoux ; Eve (plusieurs nouvelles) ; Feu et flamme (intéressant) ; Grand Cœur; Faraude ; Histoire intime (sous forme de lettres, descriptions mondaines) ; Loyauté ; Mandarine ; Tombée du nid (suite du précédent, tous deux délicieux) ; Les mauvais jours (récit peu intéressant du siège de Paris) ; Mes héritages (mémoires d'une jeune fille) ; Miss Idéal (suite du précédent) ; Mon sillon (histoire de deux jeunes provinciaux à Paris) ; M. Nostradamus (siège de Paris) ; Oncle trésor (peu intéressant et fêtes mondsdnes) ; Petite belle (longueurs, assez intéressant) ; 'JLes pieds d'argile \ Armclle TraKec V^>i\\.^ ^xx vt^vi.^-

dent, tous deux émouvants et excellents) ; Les Prévalonnais (pas gai) ; Réséda (assez bien, invraisemblances) ; La Rustaude (un des meilleurs) ; Sans beauté (bien peu de sentiment chrétien) ; Sans nom (un peu d'invraisemblance) ; Sous le joug ; Souvenirs d'une douairière (recueil de nouvelles) ; De trop (très demandé) ; Une famille bretonne (fêtes mondaines) ; etc., etc.

Ernest Fouinet. Œuvres : Allan (Conversion d'un jeune déporté) ; Les anémones du roi Noman (le paganisme arabe en face de la religion, traits de mœurs) ; Gerson ou le manuscrit aux enluminures (histoire de Paris au XIV® et XV« siècles) ; L'île des cinq (partage des biens et effets de la paresse); Le Robinson des glaces,

Gabriel Franay est ravissant (n'est-ce pas ravissante qu'il faut écrire ?) dans M«^^« Huguette/^ Flossette ; Le château des Airelles (romanesque) ; Comme dans un conte ; Mon chevalier (couronné par l'Académie) ; Li$belh (suite du précédent) ; La marraine de Peau-d'Ane (conte de fée).

Eugénie Foa, dont on ne trouve plus malheureusement en librairie les délicieuses nouvelles : La petite maman ; Les enfants de la vallée ; etc.

Charles Frans, ingénieur des mines, homme d'œuvres, d'action et de lettres. Ses Pauvres fiancées, roman des pays houillerS; ont paru dans La Croix,

Lady Georgina Fullerton, (1812-1885), fille du comte Granville, ancien ambassadeur d'Angleterre à Paris. Convertie au catholicisme en 1846, elle écrivit sous le titre de Constance Sch.rv;ood^ wYva ^^^"^^^'^ autobiographie.

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Tous : Les braves gens (histoire d'un enfant pendant la guerre de'1870; ; Les certificats de François : Les épreuves d'Etienne (peu religieux) ; Les remords du D^Ernster ; Le roman d'un cancre; Grand-père; Fausse route (le devoir chrétien) ; Disparition du grand Kï'ausse ; Le capitaine Bassinoire ; etc.

Aimé Giron, né en 1838, avocat érudit, écrivain spirituel en vers et en prose, dont les romans et nouvelles méritent la faveur dont ils jouissent : Uner lune de miel (pour grandes personnes) ; Braconnette (très bien) ; Chez l'oncle Aristide ; Cœur malade ; Le manoir de Meyrial (un peu triste) ; Un mariage difficile (teinte réaliste) ; Les lurons de la ganse (intéressant) ; M« Bernillon, notaire ; Les cinq sous du Juif-Eiirant ; Les trois mages (très amusant).

L^auteur a publié dans ces dernières années, en collaboration avec Albert Tozza, des ouvrage» d'un genre tout différent, dont nous ne connaissons que les titres et le sujet: Un soir de Saturnates{poé8ies)', Augfusiuie( Rome finissante);Le/he?i-ylimë (jeunesse de Louis XV) ; Anti^twàs (la civilisation antique et le christianisme) ; Les nuits de Bagdad (Haroun-al- Raschid, cruautés et voluptés).

Gondry du Jardinet, encore un bon auteur ordinaire pour nos bibliothèques : il plaît et il moralise dans L'anneau du meurtrier (vendetta corse) ; La main invisible (guerre de 1814) ; Le prisonnier du Czar ; Le secret du château de Roc-noir (la Révolution) ; Supplice d'une mère (un peu romanesque, mariage) ; Sur le bûcher ou le sort des femmes (c'est drôle) ; Un drame dans la forêt noire ; etc.

.Mademoiselle Julie Gouraud, pseud. de Mademoi selle Louise d'AulTiSLYï directrice du Journal [ des jeunes personnes.

Ses romans éducatifs ont été en partie publiés dans la Bibliothèque rose ; ils sont nombreux, qualité appréciable, puisqu'ils sont honnêtes : Marianne Aubry (pour filles de service, couronné par l'Académie française) ; Aller et retour (peu intéressant) ; Cousine Marie (pour pensionnaires) ; Minette (dévouement, mariage) ; La petite maîtresse de maison (pour les présomptueuses) ; Le vieux château (on aime à le revoir, au retour de Paris) ; et une foule d'ouvrages' pour les enfants.

Causeries et mélanges ; Esquisses morales ; Scènes et proverbes ne conviennent qu'aux grandes personnes.

L'abbé Jean Grange, excellent curé qui fut l'un des bons écrivains de L'Ouvrier^ mort à Limoges en 1892. Polémiste populaire, conteur et dialecticien plein de bonhomie. La Mère Saint- Ambroise ; Noblesse oblige ; Le trésor du souterrain ; Le prieur des pénitents bleus ; Souvenirs d'un gendarme ; Notes d'un . commis voyageur ; Le robinson d'eau douce ; Mémoires d'un vieux drapeau; Souvenirs d'un enfant de chœur: Journal d'un ouvrier ; Mémoires d'un bachelier ; Les récits d'un commissaire ; Lettres d'un paysan ; Aventures d'un gentilhomme poitevin ; Histoire d'un jeune homme (pour ouvriers), etc., pétillent d'esprit gaulois, et constituent une apologie du bon sens de la foi, dissimulée dans d'agréables récits.

L'abbé G. Guenot ne fut pas un chartiste et, dans ses dramatiques Epopées de l'Histoire de France . (44 volumes), il n'eut pas la prétention d'unir à l'érudition impeccable, les qualités de composition qui sont un des principaux mérites des historiens modernes : ses récits sont des romans fondés sur des faits. Cette réserve admise, ils sont considérés à \\i^l<^^>îs2t^ comme de vrais trésors po\it\g^ ^wl^.xv\»^. l^e.l^^>.\'^ de Bem Salem ; La baronne de Rosembex^ \ 1-^ ^^'^'^'^'^^'^

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des Lochleven ; Uhomme sans nom renferment cependant quelques mots de trop.

Henri Guerlin, ancien élève de l'Ecole des Chartes, aujourd'hui directeur de La Revue Marne si littéraire et si intéressante. Il a publié lui-même, outre des œuvres documentaires {L'épopée de César ; Nos origines nationales ; Aux pays de la prière), des récits de voyages, et des romans pittoresques coloriés et vivants parmi lesquels nous ne mentionnons ici que L'inutile révolte (contre Tinternationalisme) ; Le baiser de la déesse (l'aventure d'amour de Bonaparte avec M'^« Fourès en Egypte et en Syrie, pas pour tous).

Mademoiselle Marie Guerrier de Haupt»

romancière et poète, née en 1835. Bon auteur, moral, intéressant, généralement religieux.

Les aînés se réserveront llandzia la Gitane ; Le trésor de Kermerel ; Le roman d'une athée.

Les plus jeunes liront Marthe (couronné par l'Académie, peu religieux) ; L'institution Leroux ; Les défauts de Gabr telle ; Un châtelain au XIX" siècle (actualités) ; Le bonheur et Vargent (pas de religion) ; Le chevalier de Naujac (dramatique) ; Vanda ; Un drame au village, etc., etc.

Dans un article sur « le roman naturaliste et le roman piétiste » [Revue des Deux-Mondes, 1873, tome IV), Paul Bourget a choisi Marthe comme type de roman piéliste et il y voit « une abondance de phrases de pensionnat, une ignorance de la vie réelle qui rendent cette lecture douloureuse ! »

Alkxaxdue Guiraud (1788-1847). Sa tragédie des Mai:hiihèc.<, ses romans chrétiens Flavion et Cèsaire sont oubliés : il ne reste de lui que Le petit :^!HJoyard.

romancière allemande. D'abord rationaliste et féministe exaltée, elle défendit ses idées dans des œuvres maladives et d'une grande chaleur de style, v. g. Les deux femmes. Sa conversion au catholicisme lui fit désavouer tous ses ouvrages. Elle en entreprit une série de nouveaux, parmi lesquels on lira : Les deux sœurs ; Doralice ; Eudoxia ; Maria Regina ; Perègrin ; Les amants de la Croix (livre édifiant) ; De Babylone à Jérusalem (histoire de sa conversion).

Madame Marie de Harcoët, de son vrai nom Madame F., née à Brest en 1855, fille d'un savant hydrographe, mariée à un officier de marine, femmeauteur distinguée, érudite et très chrétienne, « vraie bretonne au cœur fier et à l'âme religieuse », dont tous les volumes sont de bons livres en même temps que de bonnes actions : Uorpheline de Rochnivelen ; La banque Hoffelman ; L'épreuve de Paule ; Une femme forte ; L'héritier de l'Oncle Pierre ; Les pupilles de Madeleine ; Maître Benjamin ; La boîte aux lettres de l'Enfant- Jésus (suivi de deux autres nouvelles) ; Le manoir de Rochglass ; Le serment de Marcelle ; Nouvelles diverses, parues dans La poupée modèle.

Ernest Hoffmann (1776-1822), magistrat, chef d'orchestre, et surtout écrivain.

C'est, dit-on, sous l'influence fantastique de l'alcool et du désordre, que son imagination enfanta ces contes étranges, délirants, palpitants, auxquels il doit sa célébrité. Quoiqu'il en soit, ils sont uniques en littérature. Lire Contes fantastiques ; Contes nocturnes, dans les bonnes éditions.

Y. d'Isnéy pseud. de M'"* Inès Y VOn^ <«^ vxw vSii^ de bonté et de dévouement i>, a\T\^\ o^vi^ Xkox^a» \^«^ une de ses amies.

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Les soirées de l'abbé Jean ; Le secret du docteur ; Un petit voyage^ sont de gentilles miniatures, sur lesquelles se détachent de très belles leçons.

Washington Irving (1783-1859), écrivain américain, très apprécié dans tous les pays de langue anglaise, comme biographe, critique, nouvellier et romancier humoristique. Nous citons de lui pour la jeunesse : L'Alhambra de Grenade ; Un tour dans les prairies.

Paul d'Ivoi, de son vrai nom Charles Deleutre^ journaliste anticlérical et occasionnellement feuilletoniste du Matin, avantageusement connu par ses « voyages excentriques » : Les cinq sous de Lavarède'f Cousin de Lavaréde ; Corsaire Triplex ; Le capitaine Nilia ; Le docteur Mystère ; Cigale en Chine ; Massillague de Marseille ; Les semeurs de glace ; Le sergent Simplet ; Jean Fanfare.

Marie-Thérèse Josepha, pseudonyme d'une courageuse apôtre...

Les ainées prendront Le roman de Jeanne Delbriac, Les plus petites: Sans brevet; Autour d'une dot; Mariage mixte (exact) ; Gabrielle Gerfaut ; La ferme aux lilas ; Mon cousin Jean ; L'abbaye de Walhuoët ; sans oublier les intéressantes biographies publiées sous le même nom ou sous celui de X. de Préville : Garcia Moreno : Christophe Colomb ; Le ca7*dinal Lavigerie ; Le général de Sonis ; Pasteur; Nansen ; Mac- Mahon ; Les Jeudis de ma filleule ; Histoire sainte racontée aux enfants ; Vie des Saints racontée aux enfants.

EvA Jouan, née à B^\\ft-l^l^-^^-ra.er, Tile bien nommée que Saint- Arnaud a cV^avA^ç^, ^ç^w^^njSX ^xml

-cette terre isolée une œuvre très littéraire qui restera.

Elle n'a fait éditer que qu-atre livres destinés à à l'enfance et à la jeunesse : Téméraires ambitions ; La ferme des Etangs ; La meilleure part ; Au bord de l'Océan.

Tous ces ouvrages, les romans qu'elle a publiés dans différentes revues, ses nouvelles, contes et poésies sont tout embaumés du parfum du pays €t vibrants des plus douces émotions de l'âme.

De Jussieu, un auteur inoffensif dont on peut lire tous les ouvrages.

Mademoiselle Thérèse Alphonse Karr (1835- 1887), fille du célèbre littérateur. A fait elle-même des romans éducatifs intéressants : Catherine Tresize ; Les noms effacés (quatre récits) ; Marguerite la transplantée (dramatique) ; Pas encore (trois récits) ; Une rose blanche au pays de Souabe (épisode du règne de Grégoire VII) ; Trois mots pour titre (Dieu, famille, » amitié), etc. ; des Causeries, des Croquis irlandais et des Soirées germaniques.

Jean De Kerlys. Œuvres : Le gros lot ; Les Enfants d'Ernèe ; Les premiers pas ; Les seconds pas ; Travaux forcés ; La belle vicomtesse (romanesque).

Jean Kervall,de son vrai nom M'"' Eva Gatouil (voir page 139), a dédié à la jeunesse un grand nombre d'ouvrages.

Marthe Lachèse, pseud.de Camille de Géramb, marquise de Moussac, aimable écrivain dont les délicieuses nouvelles plairont à toutes les \eux\ft.^ filles : Lucienne; Madeleine RoïnamVJct^^ ^-^^Sv-ax^N Le vieux musicien (chariaaTi\?) •, MaUxe l^^Tx^'^^^^^ï'^^^

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peu romanesque cependant) ; Le mariagede Renée (id.); Le lys de Bruges ; L'enfant -perdu ; Josèphe ; La promesse de Giacomina ; Quérida (le roman des bonnes œuvres) ; Marie-Ange ; L'iris bleu ; etc.

Madame de Lalaing raconte dans Cécile Fontval et dans Mlle de Bréval, deux histoires de familles ruinées, au cours desquelles surgissent des sacrifices héroïques récompensés par un mariage. Le second est de beaucoup le plus intéressant.

Pierre-Alexandre Bessot de Lamothe (1824- 1897), archiviste du Gard, destitué lors des décrets (1880). Ses romans, publiés pour la plupart dans L'Ouvrier et Les Veillées des Chaumières^ ont eu une grande vogue : ils rappellent Dumas par la verve et l'entrain, Féval par leur coloris très chaud, Balzac par le relief des observations, Verne par l'ingénieux des inventions, et les meilleurs auteurs anglais par certaines longueurs.

Nous citons parmi ses romans nationaux et histori» ques : L'auberge de la Mort ; Les aventures d'un alsacien; Le taureau des Vosges ; L'orpheline des carrières de Jaumont ; Le journal de l'orpheline de Jaumont (guerre de 1870-71); Les compagnons du désespoir (id* et les déportés) ; Les faucheurs de la mort ; Les martyrs de la Sibérie ; Marpha (les malheurs de la Pologne) ; Les camisards ; Les cadets de la Croix (affreux détails) ; La fiancée du Vautour blanc (les flibustiers) ; Pia la San Pietrina ; Les fils du martyr (pontificat de Pie IX) ; Le roi de la nuit (l'Irlande catholique) ; La filleule du baron des Adrets, etc.

Parmi ses romans d'aventures : Le cap aux ours ; Les secrets de l'Equateur (2 parties) ; Les secrets de l'Océan (id.) ; Les secrets du Pôle ; Esperit Cabassu ; Quinze mois dans la lune^ etc.

Parmi ses œuvres diverses : Gabrielle (nouvelle

édifiante) ; Histoire d'une pipe (réfutation assez faible de quelques erreurs historiques) ; Légendes de tous les pays (sur les animaux) ; Les métiers infâme& (contre les libres-penseurs, pour ouvriers) ; Les mys' tèrës de Machecoul (Barbe-bleue, etc.) ; Les soirées de Constantinople (récits pour jeunes gens) ; Le gaillard d'arrière de la Galathée (voyages et anecdotes) ; etc.

Gabriel de la Landelle (1812-1886). D'abord lieutenant de vaisseau, il donna sa démission en 1839 et se fît une excellente réputation par ses poésies, ses chansons et romans maritimes.

L'amour de Minette ; L'homme de feu ; Les femme& à bord ; Les grandes amours ; Le mouton enragé ; Rouget et Noirot et les ouvrages édités chez Dentu, ne se trouvent pas dans les bibliothèques catholiques.

Tous Les quarts de jours : L'Orient et l'Occident (inoffensifs) ; Les épaulettes d'amiral (pour jeunes gens sérieux) ; L'esclave de luxe (étrange et vrai) ; Le premier tour du monde (très instructif) ; Fortune de terre et de mer ; et Les quarts de nuit : Brest et Toulon ; Parrain et filleul ; Thomas Coquille ; Tablet- . tes navales ; Les aventures de Madurec ; Les enfants de la mer, abondent en descriptions, aventures, combats, scènes de mœurs, et peuvent, avec quelque précaution, être lus par les jeunes gens, ainsi que Les deux routes de la vie (contre le plagiat) ; Les enfants de Ravinai; Aventures d'un gentilhomme (longueurs) ; Pauvres et mendiants ; Les deux croisières ; Philon Binôme (tire des conclusions trop absolues et peut porter imprudemment au jeu).

Quant aux suivants : Aventures et embuscades ; Le dernier des flibustiers ; Les géants de la mer; Les passagères ; La meilleure part ; Sans peur le Corsaire.,. ^ ils peuvent être mis entre toutes les mains.

HippoLYTE LangloiSy professeur et romaiicl&T^

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mort en 1884. Œuvres : Jean le Solognot (erreur judiciaire) ; Un curé (nombreux détails dangereux pour la jeunesse) ; Mémoires d'une -pièce de quatre sous ; Angéla; Lady Ilester ; Le pâté de pigeon; Cécilia (celui-ci pour personnes sérieuses).

Savinien LapOinte (18li -1892), cordonnier, poète médiocre, ami de Bérenger, socialiste. On peut lire :

Il était une fois, contes en prose.

Marie-Henriette Large a publié, avant d'entrer au Garmel où elle est morte il y a quelques années, des récits charmants et touchants : Mon cousin Rustique ; Jean Moineau ; Là-bas ; Oiseaux et fleurs ; Petite Marie ; Tante Salomé ; Lapouséière d'or\ Tronquette (pour enfants) ; Le cri du devoir ; Le roman d'une loueuse de chaises.

Daniel Laumonier, un journaliste, qui a publié chez Mame : Anne-Marie la Providence ; Collier d'or; etc.

H. de Laval. Boumaza (aventures captivantes d'un coureur de bois) ; Un clérical en voyage (aventutures en diligence, etc.) ; Trompe la Mort ; Rolland ou les aventures d'un brave sont des livres écrits sans grande prétention littéraire ; mais les traits d'humour dont ils foisonnent leur assurent auprès de la jeunesse un succès durable.

Madame Julie Lavergne, née Ozanaux (1823- 1886). Tout en remplissant avec un admirable zèle ses devoirs domestiques, elle se permit la joie d'écrire.

Ses 18 volumes parurent de 1877 à 1886 ; ils sont, selon l'expression de leur auteur, « un regain d'au- ^mnej semblable à ces ^ew^s ^mV ç.^o\^sent en août, les champs ïnoissox\Tiè^Çi\.\^^^^^«^^'^^^^^^^'«^

sourire à la veille du jour où va passer la charrue ». Les habitants du Nord, et particulièrement les Gambresiens, liront avec plaisir ces œuvres charmantes, écrites par celle qui fut presque leur concitoyenne, pour « bercer et divertir les gens qui ont le goût délicat ».

Citons : Les légendes de Trianon (son œuvre de prédilection) ; Les neiges d*antan ; Chroniques parisiennes ; Légendes et chroniques de Monthriand ; Les jours de cristal ; Les étincelles ; L'arc-en-ciei ; Contes français ; Fleurs de France ; Légendes de Fontainebleau ; Le chevalier de Trèlon et les Stuarts en France; Chroniques normandes ; Correspondance (2 volumes); etc.

Maurice Le Beaumont, pseudonyme d'une femme-auteur, née à Glermont-Ferrand en 1860.

Qu'on lise : Seule !;Gringalette; Sans foyer; Loin du sillon ; Sans cœur ; Au-dessus de Vabîme ; La pupille du Doyen ; Je marie mon oncle ; La fille du sculpteur ; José- Maria; Caprice; Colonel J olie- Fleur ; etc. Toujours et partout, sous le coloris admirable du style, la fraîcheur ou la magnificence des descriptions qui révèlent le peintre, on retrouve le provincial et le provincialiste qui chérit la terre natale, le clocher, la patrie, « ce cœur de la grande ». Toute l'action converge vers le culte du foyer, vers la vie de famille, dont l'auteur fait un idéal si noble et si chrétien dans sa simplicité !

Si l'on veut savoir quelle est toute son ambition, son désir, son rêve, qu'on ouvre Pages d'albums ; on y trouvera cette profession de foi : « Lorsque, le front dans ma main, assise devant mon bureau, je me recueille pour écrire, je prie l'Ange de l'InsoiraivcyoL de ne pas permettre qu'il tombe de xcv^ ^\x\svfe v^:^^ seule ligne, un seul mot capaYAe de ^^^xids^Ive»^^ ^^^^^

316 ROMANS d'adolescents

de ces petits dont les anges voient la face du Père qui est dans les cieux. »

Jacques Lermonty de son vrai nom Madame J. de Sobol, fait éclore de sa plume originale tout un monde de bébés, d'enfants et de jeunes filles. Nous ne connaissons que Les jeunes filles de Quenebasset; nous savons cependant que Les prisonniers de Maman ; Sans joujoux ; Boute en train ; Miss Linotte; Bouton d'or; Gypsy ; Entre cousines; peuvent être également recommandés.

Adâm de Lisle, de son vrai nom M. Gosselin^ de 1 Isle Adam. Le serment ; Le crime de Stilwater, imité de l'anglais Aldrich, intéressants et bien écrits, conviennent très bien aux jeunes filles.

Joseph Legueu, rédacteur à L'Univers, qu'il illustre de charmants tableautins.

Lire : Entre rêveurs ; LTn petit tour du monde.

Adrien Lemercier charme la jeunesse depuis longtemps par Les derniers jours de Pompéi\ Sephora; La dernière Vestale, etc.

Mademoiselle Marguerite Levray, née en 1856, ancienne institutrice, fervente chrétienne, charmante nouvellière.

Nous avons parcouru quelques-unes de ses œuvres destinées aux jeunes filles et aux enfants : Agnelle ; Les châtelains de Courthenay ; U orpheline des Fauchettes ; La Roche Yvoire ; Fauvette ; Enfant gâtée; Marcel Le Blézec ; Melle de la Guettière (ouvrage couronné par l'Académie) ; La dette de Carmèle ; Isabelle Le Trégonec ; La destinée d'Isabelle ; Georgette; Treizième-, Une pelUe sau^^BL^e-, La mare aux '- j^Q Caluaire de Maulauxa\j \ A-a^^ <â^T^\^'a\'La.

famille de Chamdoré ; Le pardon de Colette j L'héritière de Château Bleu ; Le sergent de Régine ; Claire vallée. Tout en lisant, nous pensions à ce mot d'un ancien, rappelé par Joseph de Maistre : • Quidam merentur /arnam, quidam habent. » Vraiment, les livres de M*"® Levray méritent une excellente réputation ;ils ne sont pas d'une littérature transcendante, mais nous savons qu'ils ont fait du bien.

Madame Jeanne de Lias^ de son vrai nom M°*« i., née en 1854 à Bagnères-de-Bigorre, débuta dans les lettres sous le patronage de Frédéric Godefroy, par une nouvelle intitulée La marraine de Cendrillon •qui parut dans Le Correspondant en 1878 ; donna successivement dans La Semaine des familles, outre de menues bluettes, L'honneur d'Andrée et Ma femme est dévote...

Après ces derniers essais, elle entreprit des romans dont plusieurs ont été publiés par L'Ouvrier et les Veillées : Le curé de Val d'Aure (la constitution civile du clergé) ; Sans baptême ; Le mariage du député ; La ■dame du percepteur; La guérilla ; L'aïeule murée ; La pythonisse de Paris (dangers de l'hypnotisme) ; Les hommes de proie (c'est-à-dire les usuriers de village) ; Aux mains des Boxeurs (édité sous le pseudonyme de Jean d'Aure) ; Un volontaire français au Transvaal (publié sous le nom de Raoul Montis) ; Au pied de la cathédrale (déceptions d'un jeune homme qui entre -ensuite dans les ordres).

Henri Wasdworth Longfellow (1807-1882), littérateur américain qui nous a laissé entre autres romans et poésies, Evangéline (histoire d'une jeune fille canadienne à la recherche de son riancé\,U^^^^^^ dans toutes les langues, même ^iv ç^\\\vQ^'e.\'^^^^^ l'édition Ardant.

318 ROMANS d'adolescents

Jean Loyseau\ pseud. de Tabbé Paul dé Geslilt de Kersolon (1816-1888). Ami de Mgr de Ségur, de Mgr Parisis, il eut des difficultés avec Rome et avec l'archevêque de Paris ; fonda L'Ouvrier en 1861 \ Le Clocher en 18G6 ; Le Rosier de Marie en 1886.

Ce qu'il y a de remarquable dans cet écrivain qu'oiv a appelé Platon-Polichinelle et un Sterne catholique, c'est qu'il apprend en riant les choses les plus sérieuses : d'un trait, d'un bon mot, il réfute les sophismes à la mode, venge la religion des calomnies dont on l'abreuve et arrache à des lecteurs ce mot emprunté à sa manière, sinon à son vocabulaire : G'est-y-tapé !

Pas méchant (caustique, contre les Francs-Maçons); Trop belle ; Flora (quelques détails) ; Rose Jourdain (beaucoup d'esprit, un peu de gros sel, exagérations) ; Les bons apôtres ; Les bjs et les roses ; Veillées amusantes ; Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (réfutation excellente de Renan).

Marie Ludolph, femme de lettres allemande.

Disparu ; Sa dernière volonté ; La fdle du vagabond.

Jean Macé (1815-1895), professeur, homme politique, fondateur de La Ligue de l'Enseignement qui est devenue, depuis quelques années, un grand instrument de propagande antireligieuse. Quel que soit l'auteur. L'histoire d'une bouchée de pain ; Les serviteurs de VEstomac et autres ouvrages analogues ; Les contes du petit château, sont des chefs-d'œuvre de science vulgarisée, et peuvent être confiés à la jeunesse.

Xavier de Maistre (1763-1852) a utilisé ses loisirs à composer quelques petits ouvrages qui le rendent immortel : Voyage autour de ma chambre (fantaisie aimable, quelques frivolités licencieuses, édition corrigée chez Vermot, Desclée, etc.) et trois

ET ROMANS POUS TOUS * Sl^"

nouvelles : Le lépreux de la cité d'Aoste ; La jeune sibérienne ; Les prisonniers du Caucase.

Alexandre Manzoni (1748-1873). Voltairien converti, écrivain italien, il doit surtout sa réputation à son roman / Promessi bposi {Les fiancés)^ qui fut traduit dans toutes les langues et que tout homme instruit doit connaître. L'auteur y dépeint avec émotion, le contraste entre la pure tendresse de deux fiancés de village et les horreurs de la peste qui ravagea Milan en 1630.

Prendre l'édition Hachette ou celle de Debécourt, ou mieux celle de Gautier : toutes trois sont débarrassées des longueurs qui encombrent le récit original, et sont inofïensives.

Eugène de Margerie (1820-1900), frère d'Amédée, le regretté professeur des facultés catholiques de Lille.

A signaler parmi ses œuvres : Angèle (imitation des Récits d'une sœur) ; La banque du diable ; Contes d'automne ; Contes et nouvelles ; Contes d'un promeneur ; La rue des Poivriers ; Scènes de la vie chrétienne (3 séries) ; Les six chevaux du corbillard ; Frère Arsène ou la Terreur ; Confession de Romain Pugnadorés (contre les mauvais caractères) ; Aventures d'un berger ; Le capitaine Tancreuil ; La légende d'Ali ; etc.

L'auteur émaille ses ouvrages de textes latins ; mais tous les bons prédicateurs n'agissent-ils pas de même ?

Marin de Livonnière, bon écrivain dont les ouvrages sont revêtus tous ensemble de grâce et d'énergie : Petits et grands (délicieux tableau des mœurs féodales bretonnes) ; La dynastie des Fouchard ; La chambre des ombres.

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Marlitt, pseud. de M°»« Eugénie John (1825- 1887), femme de lettres allemande, protestante.

Barbe bleue ; La seconde femme (chef-d'œuvre irréprochable) ; Chez le conseiller ; La dame aux pierreries ; Elisabeth aiLx cheveux d*or ; La m.aison aux hiboux ; La maison Shilling ; La petite princesse des Bruyères ; Le secret de la vieille demoiselle (intéressant, pas flatteur pour les dévotes haineuses); La servante du régisseur (quelques situations équivoques), etc., peuvent être lus à peu près par tous.

Gisèle, comtesse de VEmpire, ne convient qu'aux grandes personnes.

Xavieh Marinier (1808-1892) a visité les deux mondes et raconté ses Promenades dans de nombreux volumes où abondent les nouvelles, les légendes, les études de mœurs et les descriptions.

Ses récits de voyage instructifs, simples, délicats, pleins d'une sensibilité à demi-voilée, respirent la foi sincère de l'auteur ; mais ils ne sont pas écrits spécialement pour la jeunesse et ne doivent pas être laissés tous entre toutes les mains.

Ses quelques romans: Gazida ; Les hasards delà vie (peu intéressant) ; Les perce-neige ; Le roman d'un héritier ; Les fiancés du Spitzberg (petit chef-d'œuvre) sont inolTensifs... Trois jours de la vie d'une reine convient même aux enfants.

Martin. Nous ne connaissons de lui que Le chemin de la Vera Cruz, roman d'aventures très intéressant.

Le capitaine Mayne Reid (1818-1883), romancier anglais. Fils d'un pasteur presbytérien, il se rendit en Amérique, se fit trappeur, et prit part à [} différentes expéditions comme capitaine de volon-

Ses romans émouvants, parfois exagérés et hyperboliques, ont été publiés chez Vermot, Gautier, Didot, Ardant, etc. ; ils peuvent être en général lus par tous.

Nous réserverions cependant aux jeunes gens très «érieux : Le gantelet blanc ; Le doigt du destin ; Les partisans; La piste de guerre ; La Quarteronne ; Océola, le roi des Séminoles ; à moins que, pour quelques-uns d'entre eux, on ne prenne l'adaptation Ardant.

Albert Monniot» rédacteur à la Libre Parole.

Ses deux ouvrages : Coqs et corbeaux (15 nouvelles patriotiques) ; Souvenirs d'un bleUy sont très intéressants.

Mademoiselle Victorine Monniot, morte en 1880. Les jeunes filles lisent et relisent ses ouvrages exquis: Marguerite à 20 ans (pages parfois tristes) ; Le journal de Marguerite (id).

Madame Rosély ou la marâtre chrétienne (qui se dévoue pour l'éducation des enfants nés d'un premier mariage) ; La chambre de la grand' mère ; La petite concierge (pour la classe ouvrière) ; Raphaëla de Mérans; Les mémoires d'une mère (un peu choquant) ; Simples tableaux d'éducation (pour parents), etc. ; ont également leur mérite.

R.Monlaur, pseudonyme d'une femme de lettres, connue par quelques livres exquis : Angélique Arnauld, étude émouvante sur la vie et l'âme de la célèbre abbesse ; Le Rayon, roman où l'auteur se propose de reconstituer l'état d'âme des premiers auditeurs de Jésus, le rayonnement divin sous le ciel de Galilée ; Après la neuvième heure, qui nous transporte en Egypte où l'influence et l'amour de Jésus rayonnent encore dans la personne des premiers chrétiens ; Ames celtes, récit de la conversion de la Bretagne.

322 RpMANS d'adolescents

Ces trois derniers surtout se trouvent dans toutes les mains : parmi les romans à lire, nous n'en connaissons guère de plus édifiants.

Georges de Montorgueil, de son nom véritable 0. Lebègue, journaliste et littérateur. Il offre à la jeunesse quelques albums acceptables {Les 3 couleurs : France^ son histoire ; La tour d'Auvergne; Louis XI) et Les trois Apprentis de la rue de la Lune.

Mme André Mouezi. On laissera Mal assortis ; Femmes et maîtresses ; L'oncle de Danielle, etc., et on lira Rosaïk, petite fleur des bois (délicieuse nouvelle bretonne) ; Vic-en-sèche ^intéressant, pas religieux).

Miss Mulocky romancière anglaise, peintre de la vie patriarcale. Œuvres pour jeunes filles : Miss Tommy ; Le roi Arthur ; Le chef de famille ; La méprise de Christine ; etc.

Madame de Nanteuil, plusieurs fois couronnée par l'Académie, dont les plus grandes liront : Violette des champs ; Les élans d'Elodie ; Trois demandes en mariage ; et les autres : Alain le Baleinier ; Capitaine ; En esclavage ; L'héritier de Vaubert ; Monnaie de singe ; Le secret de la grève ; Une poursuite (assez confus).

Raoul de Navery (1831-1885), de son vrai nom M^' Chervet, née Marie-Eugénie Saffray. Elle compléta son instruction par des voyages, débuta dans la littérature à l'âge de 28 ans, sous le pseudonyme de Marie David, qu'elle abandonna bientôt pour celui qui la rendit si populaire dans le monde catholique. Ses nombreux récits et romans, puissamment agencés, très dramatiques et toujours moraux, ont été ■ beaucoup lus.

Nous citons, parmi ses grands romans : L'abbé Marcel (dévouement d'un prêtre) ; Divorcés (qui se réconcilient) ; Le capitaine aux mains rouges (récit très émouvant de la Révolution et aventures sur mer) ; Les drames de la misère ; Les héritiers de Judas ; Jules Malœuvre ; Le juif Ephralm ; Parasol et C»« (quelques longueurs) ; Pâtira (suivi du Trésor de Vabbaye et de Jean Canada); Les idoles ; Jean Vivoirier (roman maritime, inférieur aux autres); La Cendrillon (pour lecteurs ordinaires) ; Jean-Marie ; Madeleine Miller (beaucoup lu ; exposé des efYets de la guerre pour les fiancés et les autres) ; Le magistrat ; Le cloître rouge ; La main qui se cache ; La maison du Sab* bat ; Le marquis de Pontcallec (conspiration) ; Le martyr d'un secret (un prêtre, mais il ne garde pas suffisamment son secret) ; Les mirages d'or (très littéraire) ; L'odyssée d'Antoine (situations un peu forcées) ; Le pardon du moine ; Les parias de Paris (un des plus mouvementés) : Les chevaliers de l'Ecritoire ; La route de Vabime ; Le témoin du meurtre ; Tristan (triste) ; Une erreur fatale (id.) ; La boîte do plomb (scènes de chiromancie) ; Viatrice (un pou romanesque, le missionnaire et ses auxiliain'H fi^inlnins) ; L'ange du bagne (influence de la roli^ion dana ce triste milieu) ; Zacharie, le maître d'écolo, (pi)ur lecteurs ordinaires) ; L'aboyeuse (maniftîHtation do la justice divine contre les sacrilè^^eH de ht Hévolution); etc., etc.

Parmi ses recueils de nouvelles : La iHlo du roi Dagobert (17 nouvelles) ; La fleur de neitu^ (V nouvt^lles) ; Le chemin du Paradis (5 récitH) ; L/tr|/ (4 n^tûlH); La main malheureuse (8 nouvclhîH) ; «tr., vie,

Marie-Alfred Nettementf dont on phu't^rH Geneviève (œuvre de début, invraiNomblrtblt») i L'épave; k côté d'Histoires i)i Làgundoa dti »<im p^i'f», Tillustre publiciste et histonen.

324 ROMANS d'adolescents

Le G*l Newmann (1801-i890). On lit beaucoup Callixtay roman chrétien, inférieur cependant à Fahiola.

F. de Noce, auteur de quelques œuvres charmantes que toutes les mères de familles peuvent mettre dans leur bibliothèque pour elles et pour leurs enfants : Cœcilia (premiers temps du christianisme à Rome et à Athènes) : Une vie de jeune fille ; Julius et Miriam (épisode du siège de Jérusalem) ; Les orphelines du Val André ; La duchesse de Rosenwald (Slaves et Germains au X* siècle) ; La devise d'un père ; L'enfant d'adoption; Une famille chrétienne] Simonne; La sœur aînée ; Hélène de Saint- Aubin ; Histoire d'une famille noble pendant la Révolution.

E. de Noviant. Œuvres : Le comte d'Arnage ; Le marquis d'Arnage ; Solange de Cresne.

Eugène Nyon (1812-1870). Ses charmantes et spirituelles nouvelles intéresseront tout le monde : Aventures de Claude La Ramée ; Aventures de Joachim ; Les enfants de Mérovée ; Indiscrétion d'une jeune mouche ; Moumoute et Carnage ; Paul et Jean (excellent) ; Splendeur et misère d'un dictionnaire grec (très intéressant) ; Grandeur et décadence d^une capote rose ; Le page de Jacques V ou les Français en Ecosse (le plus souvent demandé dans les bibliothèques) ; Le fils du gouverneur (sous Henri III).

Madame Marie Pape-Carpantier (1815-1878), institutrice française, qui a été beaucoup vantée comme auteur de Leçons de choses, et fondatrice de salles d'asile. Nous la signalons ici pour rappeler que son Enseignement pratique daus, les salles d'asile a

encore en faveur dans les écoles officielles ; ils sont excellents, mais neutres.

Adrien Paul est bien moins connu que son ouvrage, Le -pilote Willis, universellement aimé par les collégiens.

SiLvio PelliCO (1789-1854), littérateur italien. Suspect de carbonarisme, il fut condamné à la prison ; pendant ses neuf ans de détention, il composa plusieurs tragédies dont Francesca di Rimini et surtout Mes prisons, récit de ses souffrances pleines de résignation et de sentiments chrétiens. La meilleure traduction est celle de chez Charpentier ; celle de Marne est corrigée. Lire aussi Raphaëla et les Lettres,

L'abbé Henri Perreyve (1831-1865), un rare modèle de la complète beauté humaine, selon le mot du P. Gratry. Nous citons ici ses Deux Noëls ; et nous signalons aux lettrés délicats tous ses ouvrages : Biographies ; Panégyriques ; Lettres ; La journée des malades, etc. (1).

Marie Pierre. Œuvres : La seconde femme de Lionel (religieux, intéressant) ; Sous les pommiers (mariages) ; Miss Adda (pour jeunes filles).

Vicomtesse de Pitray, née de Ségur, grande dame du monde, qui se consacre aux bonnes œuvres et à la littérature. Parmi ses ouvrages aimables,

(1) A rapprocher de ce dernier ouvrage, le rernnrquublo livre de M. le Chanoine Decomc, intitulé : Dann la ckumbre du malade. Les éloges que nous voudrioiiH décerner h cot auteur aimé, n'ajouteraient rien à ses mérites ni A hch nucci*n» Nous lui dirons seulement avec le poète, dont il sait \}nv cxvxxx les Eglogues :

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326 ROMANS d'adolescents

originaux, parfois mal ajustés, nous réserverionô aux aînées Entre parias (une vieille demoiselle, un jeune homme porté au mal, une jeune libératrice, mariage) ; Le trait d'union ; L'oiseau bleu (plein d'imprévus) ; L'oiseau de passage (mésaventures d'un gendre) ; et nous laisserions tous les autres entre les mains des petites filles qui se les disputeront, comme elles se disputent les meilleurs bonbons.

M«"« G. du Planty a obtenu un grand succès avec L'oncle Bonasson et depuis avec Mademoiselle Chouchou ; Le bonheur de Michel^ etc.

Edgar Poê (1809-1849). Ecrivain américain dont la vie fut tourmentée, poignante et douloureuse. Ses œuvres « extraordinaires » donnent des frissons d'épouvante : Histoires extraordinaires (2 séries) ; Contes extraordinaires. Ces ouvrages sont inoffensifs au point de vue moral. Mais ces peintures saisissantes, ces situations heurtées, ces hallucinations, ces scènes où les héros poussent des cris et gesticulent comme des hystériques pourront produire une impression très funeste chez certains esprits.

Les noms de Baudelaire et de Mallarmé, leurs traducteurs, renseignent suffisamment sur leurs tendances.

A. de Poiseux, un des dil minores de la littérature. Il a au moins le mérite d'avoir écrit correctement La petite chapelle (bons récits) ; Pauvres gens (recueil d'observations intéressantes sur l'Hospitalité de nuit).

M'"« Marie Poitevin. Les épreuves de Geneviève

(poutt||Unes filles); Les Grancogne Léogan ; L'hèri-

'**^^^^^***^le ; Le père Topi ; Un roman de province.

-quatre livres qui plairont aux plus grandes par leur pathétique et leurs grâces légères.

Oscar de Poli, né en 1838, zouave pontifical, qui prit part à la guerre de 1870, conférencier royaliste et auteur de nombreux ouvrages. Parmi ses romans, nous citons : Le capitaine Phébus (pour jeunes gens sérieux) ; Fleur de Lys ; Jean Poigne d'acier ; Petit Capet ; Récits d'un soldat ; etc.

L'abbé Poulin, curé d'une des paroisses les plus populeuses de Paris, connu dans la presse sous le «om de Parisien, auteur de délicieux tableautins intitulés Gens qui pleurent et Gens qui rient,

M°»« Edmond de Pressensé (1826-1901), protestante, mère du député socialiste, rédacteur de L'Aurore. A écrit pour la jeunesse une quantité d'ouvrages que les catalogues « laïques • recommandent beaucoup; les catholiques sérieux ne les mettront pas dans leurs bibliothèques.

Quatrelles» un désopilant dont le sourire est souvent frondeur et la pensée réaliste : Arc-en-ciel ; Colin Tampon (quelques hardiesses seulement). Lire A coups de fusils; La dame de Gai-Fredon; L'intrépide capitaine Caslagnette,

A. Quinton, avocat d'Orléans, jurisconsulte qui a utilisé ses connaissances en droit romain dans Aurélia (roman historique roulant sur les premiers temps de l'Eglise) ; Le Dieu Plutus (suite du précédent, pour les jeunes gens sérieux); Le Gladiateur; et ses souvenirs, dans l'extraordinaire Maîtresse et servante.

Elisée Reclus, né en 1830. Illustre géographe^

328 ROMANS d'adolescents

internationaliste, communard. Nous n'avons pas à apprécier sa Géographie universelle, ni ses autres ouvrages. Nous disons seulement que, même ceux qu'il a édités chez Hetzel et Hachette à Tusage de la jeunesse, ne sont pas à recommander parce qu'ils fourmillent d'erreurs religieuses : Histoire d'une montagne ; Histoire d'un ruisseau.

Paul Renaudin, un jeune qui débuta au Sillon, et qui, dans ses deux ouvrages, continue d'aller au peuple « avec son âme d'homme et sa vision d'artiste »»

Les Mémoires d'un petit homme (initiation d'un petit riche à la question sociale, mille incidents intéressants) sont un livre exqiiis. Son ouvrage de début. Silhouettes d'humbles, recueil de nouvelles, est la mise au point exact de l'état d'âme des petites geYis... Voilà de la littérature sociale et de la bonne !

M°^« de Renneville M772-1822). Ses œuvre»

Contes à ma petite fille et à mon petit garçon ; Contes pour les enfants : sont aujourd'hui délaissées.

Bénédict-Henri Révoil (1816-1882). Après avoir passé quelque temps dans les buraux du ministère de l'Instruction publique, il partit en 1842 dans les Etats-Unis où il fit un séjour de 9 ans. Il en rapporta des matériaux qu'il utilisa dans ses livres.

Ses narrations cynégétiques, ses récits de voyages et ses romans d'aventures peuvent être mis entre les mains de la jeunesse ; on réservera cependant Les deux convicts ; Le Docteur américain ; Les harems du nouveau monde,

M*"* Jacqueline Rivière, directrice des Veillées^ des Chaumières, a publié Le Piège (tendu aux bon& jeunes gens par les aaTaigtife^^ t^o^ç^^^Y BoTv.Tv.e. -wv^Tcvati. (même loin des vanités du moxi^e,\\^ci\x^^^^'K^'^fcx«^

pour les jeunes filles), deux livres tout vibrant de lumière et d'une allure charmante.

Comtesse de la Rochère. Pendant que les aînés liront Madame Bochard ; Les récits de la marquise Séraphine ; les plus jeunes se partageront tous les autres ouvrages de cette charmante nouvellière : Caroline de Terville (un des meilleurs) ; Tebaldo ; L'orpheline d'Evinos, etc. ; et les « vieilles filles »^ s'intéresseront k L'héroïne de soixante ans.

Antonin Rondelet (1823-1894), professeur de philosophie aux facultés de Glermont-Ferrand, et ensuite aux facultés catholiques de Paris, homme d'œuvres. Ses livres fort sérieux et didactiques ne conviennent qu'aux jeunes gens qui réfléchissent ; Du découragement (dissertation) ; Une femme très malheureuse ; Le lendem&in de mariage ; La ressuscitée de Cologne; Mémoires d'Antoine (pour ouvriers) ; Un drame dans un omnibus (recueil de nouvelles), etc. (1).

Comtesse Lydie Rostopchine (1811-1858), femme de lettres russe, célèbre par sa beauté, s.es poésies et ses romans. Entre autres, Yvonne (excellent) ; Belle, sage et bonne (un peu exagéré) ; Rastaquoueropolis (pour les personnes d'âge raisonnable) ; Les Ras tas de Monte-Carlo (id).

M""»» Léontine Rousseau. Parmi ses ouvrages, tout le monde a lu Lars-Vonved ou le pirate de la Baltique. Tout le monde lira : Diqnis ; Richard Wallace. Quant au dernier : Une lumière dans la

(1) Nous nous sommes servi, pour appuyer ou contrôler \ixv certain nombre d'appréciations porlfees ^\xî \fe^ Xy^itç^'s» ^^ ^^\\fc catégorie, de J 'excellent Répertoire ^>3!!fck\\^ ^«s \^ Ow«svsv»x^^ ^ignerin.

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nuit, il est fort embrouillé, assez mal ajus et trop peu soigné.

L. Rousselet* Œuvres : Le charmeur de serpents (très dramatique) ; Les deux monstres ; La peau de tigre ; Le tambour de Roy ah Auvergne.

Rustica, de son vrai nom Mademoiselle P.

<ie Puybusque, née en 1848. Son père, gentilhomme de vieille roche, lui apprit à lire dans Virgile et Victor Hugo, et sa mère, qui était une sainte, lui inspira de bonne heure une ardente piété qui devait, avec l'amour de la campagne et de l'étude, dominer toute sa vie.

Elle a écrit, pour l'amour de l'art et pour l'amour de Dieu, quelques œuvres délicieuses : Leçons de choses (poésies) ; Violette et Marguerite ; Véronique (nouvelles) ; Le roman de Gisèle ; Les deux robes ; La bête Hombrée ; Petite Germaine (protestation contre la loi des Congrégations) ; Premiers frissons (nouvelles) ; Tentation (id).

Charles Saint-Martin, de son vrai nom Ferdij^AND Hervé-Bazin (1845-1899), professeur d'économie politique à l'Université catholique d'Angers, écrivain et homme d'œuvres qui a consacré toute sa vie à tant de saintes causes.

Outre le Traité d'Ecoyiomie politique et Les grandes journées de la chrétienté qu'il a publiés sous son nom, nous citons ici ses quelques romans : Rouget le braconnier ; La mort d'un forçat ; La barque rouge ; Le drame du marché noir,

M"*" Sainte-Marie a publié, sous une forme pas du tout gnangnan, des récits émouvants et pénétrés de sentiments religieux. Citons : Les deux orphelines (protection de la Sainte Vierge) ; L'intérieur d'une

famille chrétienne (dévouement récompensé par la reconnaissance des obligés) ; Pauline et Mlle de Mon^ teymart (deux nouvelles) ; La famille de Kendal (id.) ; etc.

M*"» Jeanne Schultz,connue aussi sous le nom de Saint-Hilaire, n'a fait que des petits chefs-d'œuvre.

Pour les aînées : Ce qu'elles peuvent^ Les fiançailles de Gabrielle ; Jean de Kerdren ; La neuvaine de Colette (un peu passionné, paru dans la Revue des Deux Mondes) ; La main de Sainte -M odes tine (espièglerie sur une fausse relique).

Pour les enfants : Famille Hamelin ; Sauvons Madelon ; Tout droit,

Walter Scott (1771-1832), célèbre romancier anglais. Il débuta dans la vie littéraire par des poésies, et conquit une des premières places parmi les gloires de son pays par des œuvres nombreuses, romans historiques remplis de coloris et d'humour, où il fait revivre en les modernisant, les mœurs de l'ancienne Ecosse.

Ses romans sont moraux dans leur but : mais ils renferment des intrigues étranges, des tableaux passionnés et des aventures très peu édifiantes. Aussi les éditions complètes ne doivent pas être confiées aux jeunes gens. Certaines éditions corrigées ne le sont qu'imparfaitement (par exemple, celles de la Société Saint-Nicolas).

Celles de chez Ardant, Téqui, Gautier : Quentin Durward ; Louis XI à Péronne ; L'officier de fortune; Ivanhoé ; L'astrologue ; Waverley ; Le Monastère ; L'abbé (suite du précédent) ; Anne de Geerstein ; Kenilworth ; Charles le Téméraire ; Le talisman ou Richard en Palestine ; Le pirate ; La jolie ^Ue d^

332 ROMANS d'adolescents

Perth ; La fiancée de Lammermoor, sont inoffensives ou à peu près.

Madame Anaïs Ségalas (1814-1893) a eu son heure de notoriété ; mais qui la lit encore aujourd'hui ?

Ses poésies et ses romans ne conviennent qu'aux grandes personnes : Les rieurs d'aujourd'hui ; Les magiciennes d'aujourd'hui ; La vie de feu (tableaux inconvenants) ; Les mariages dangereux (4 récits sur la chasse à la fiancée, la vie conjugale).

Les Contes enfantins qui ont été publiés dans Le Corsaire, Le Musée des familles, La Revue pour tous, etc., pourraient être lus par tout le monde ; Récit des Antilles ; Le livre des vacances ; etc.

Le Marquis de Ségur, écrivain-apôtre dans

Soldat ; Les enfants de Paris ; Simples histoires.

Marius Sepet, écrivain français, né en 1845. Ses travaux historiques (Jeanne d'Arc ; Saint Louis ; Les origines du théâtre ; etc.), lui assurent une bonne place parmi les savants. Lire en outre, En vacances (excursion sur les plages de France).

Emile Souvestre (1806-1854), commis libraire, puis professeur et écrivain. Ses romans bien écrits, quoique un peu monotones» rappellent Dickens parle naturel et la description : ils sont, à certains endroits, trop favorables au protestantisme et à Jean- Jacques Rousseau. Sous cette réserve, ils peuvent en général être mis entre toutes les mains.

Nous citons : Un philosophe sous les toits (un des meilleurs) ; En quarantaine (idées protestantes) ; Confession d'un ouvrier (excellent) ; Au coin du feu ; Pendant la moisson ; Dans la prairie ; Au bord du lac ; etc., etc.

JOHANNA Spyri, TOmaiVCV^^^ ^\i\^^^, \\^^^^"^NS5^^.

Récits charmants pour enfants : Seul au monde ; Heidi ; Les enfants de Grilly ; Aux champs ; Dans les Alpes ; Encore Heidi ; Sina, nouvelles pour les jeunes filles ; Récits pour les enfants et pour ceux qui les aiment (2 séries), etc.

M"»" Félicie-Marie Testas (1816-1892), directrice de salles d'asile, mérite ici une bonne petite place avec Les bonnes gens (nouvelles très intéressantes) ; Récit de Jean Antoine ; La bague enchantée,

Marie Thiéry, née à Paris dans une ambiance toute littéraire, écrivit et rima dans son enfance, comme l'oiseau chante.

Elle fit paraître en 1895 un roman et, chez Mame, deux volumes de contes pour la jeunesse. Elle publia depuis au Gaulois qui la prit pour collaboratrice, au Petit Journal, aux Débats^ à VEcho de Paris, etc., de nombreuses nouvelles et des romans psychologiques, très fièrement écrits : Ramelle (mœurs béarnaises) ; La loi d'amour ; Uheure est Dieu ; Par Vamour ; Le Mystère d'Arlacq. Ces livres ne sont pas pour les jeunes filles, non plus que Monsieur Marcel, auquel le Jury du Concours de la Presse vient de décerner le prix destiné aux romanç humoristiques.

Nous citons seulement pour tous : Rêve et réalité ; L'épreuve ; Les Palmarieu ; Le violon de Jacques (enfantin).

M°»' Jean Thiéry, belle-sœur de la précédente, s'est consacrée exclusivement aux livres pour jeunes filles, petites ou grandes. Citons : Le roman d'un voleur ; L'idée de Suzy ; Monsieur le Neveu ; Château de cartes ; Le roman d'un vieux garçon (dans la délicieuse collection Hermine); La victime (contre le divorce), etc.

Lucien Thomin, né en WC;^, d^w^>xxv^ 'l^w^'^ ^^

334 ROMANS d'adolescents

propriétaires ruraux, Saint-Quentin-les-Ghardonnet» (Orne). Frappé de paralysie dès son enfance et immobilisé dans un fauteuil roulant, il lut avidement tous les livres à sa portée et bientôt il se mit à écrire.

Collaborateur à L'Ami des Campagnes ^ au Fouet^ et à diverses publications de propagande chrétienne, unique rédacteur et illustrateur pendant six ans de La lanterne d'Arlequin, enfin romancier, toujours il a mis au service de la défense religieuse ses convictions énergiques et la variété de ses talents.

On pourrait diviser ses œuvres en séries. Nous aurions d'abord les victimes des sociétés secrètes : Le poignard du Vésuve ; Le manuscrit de Raoul ; Le Secret fatal ; L'esclave blanche ; La couleuvre hlonde\ La couronne ducale, romans auxquels on pourrait rattacher Les tigres de la Neva ; Le carnet sanglant ; La route de la Sibérie ; La bombe nihiliste ; Les chevaliers de la dynamite,

La seconde série s'appellerait la vie rurale avec : Les mémoires d'un instituteur ; La ferme de l'Oseraie; Richesse infâme.

Enfin, la troisième comprend les romans d'actualité demandés par les journaux : Les Drames de V Irlande; Les Mystères de Montligeon ; Le secret du vieil Islandais ; Perdu sur les flots ; Traître au tzar (histoire d'un officier dévoyé par les doctrines des révolutionnaires).

Toutes ces œuvres n'ont pas, sans doute, le vernis que prennent certains écrivains dans la fréquentation des salons et des théâtres ; mais elles ont le charme de la vérité et de la vie et nous connaissons des personnes de la « bonne société », qui trouvent à les lire un plaisir extrême.

Tib, de son vrai nom M«^« Soyez^ de Lille, a fait preuve d'un talent p\em de; ^^om^^^^'s» ^w ^\î^\»:c^

Infelice^ adaptation de l'anglais. Nous attendons Cœur fier.

Rodolphe Toppfer (1790-1846), français d'adop^ tion, né à Genève. Fils de peintre, artiste lui-même, il dut abandonner les beaux-arts, à cause d'une infirmité des yeux. Il se voua à l'enseignement et à la littérature. C'est pour ses élèves qu'il écrivit la plupart de ses ouvrages : Bibliothèque de mon oncle (Xavier de Maistre recommandait ce livre à ceux qui lui demandaient un second Voyage autour de ma chambre) ; Le presbytère (très original, n'est pas à conseiller) ; Rose et Gertrude (touchant et délicat) ; Nouvelles genevoises ; Voyages en zigzag ; Nouveaux voyages en zigzag (excursions scolaires).

Tous ces récits sont piquants, humoristiques, gracieux, bonhomme, et pleins d'inattendu ; mais ne renferment-ils pas trop de légèretés, et d'hostilité' contre la religion pour être confiée sans danger à la jeunesse ?

Jean des Tourelles, pseudonyme de l'abbé Delaliaye,curé de La Chapelle de Saint-Mesmin.Un vrai joaillier littéraire, qui a publié sous le titre d'Histoires du temps présent, quatre recueils délicieux : Sur le vif; Tous d'aprèsnature ; Envolez-vous ; Au gré du vent.

Guillaume Trébutien (1800-1870), érudit normand dont le nom s'attache surtout à ceux de Maurice et d'Eugénie de Guérin. Il a publié en effet les Reliquiœ de ces deux belles âmes rêveuses, sous les trois titres suivants : Eugénie de Guérin, Journal et lettres ; Lettres d'Eugénie de Guérin; Maurice de Guérin, journal, lettres et poèmes. Ces trois œuvres d'art et d'édification ont été unanimement louées \ \î)t '^'^ ^^ Q,^^N:\fc^>^' cependant qu'aux lecteurs sérVeM^.

336 ROMANS d'adolescents

Sophie UUiac-Trémadeure (1794-1862) a parfois écrit sous le pseud. de Dudrezène. Elle a voulu moraliser : nous croyons cependant que certains de ses ouvrages ne doivent pas être confiés à des lecteurs trop jeunes,parce qu'ils manquent souvent d'inspiration religieuse et parfois de réserve. Etienne et Valentin (suivi de 2 nouvelles, dont la dernière offre des détails inconvenants) ; Les secrets du foyer (contre l'ivrognerie, scènes de ménage) ; La pierre de touche (œuvre de conviction, dit l'auteur) : Souvenirs d'une vieille femme (mémoires de l'auteur, pas de religion, descriptions mondaines) ; Les vendanges (pour tous) ; Emilie (id.) ; Nouvelles (id.) ; Les jeunes artistes (id.) ; Le Cheval du lancier (id.).

René Vallery-Radot, ancien élève de Vaugirard et secrétaire de M. Buloz. De ses quelques ouvrages : Uétudiant d'aujourd'hui (pas pour la jeunesse) ; Le voijage de M^Ue Rosalie (pour tous), etc ; il restera surtout Le journal d'un volontaire, couronné par l'Académie et universellement connu parmi les grands jeunes gens.

Madame V. Vattier. Martine ; Les six orphelines (suite du précédent) ; La vie en plein air (très-bien) ; Vingt millions de rente ; Le bouquet de lin (histoire de deux amoureux bretons, suivie d'autres nouvelles).

Paul Verdun, pseudonyme d'un vaillant écrivain

qui se sert de sa plume comme d'une épée pour

défendre la vérité, la justice et la patrie. Né en 1861,

homme d'œuvres, directeur des Soirées en famille

(magazine éducatif pour patronages).

Nous recommandons, outre ses pièces et son grand

. ouvrage de mystique, Le diable dans la vie des saints

^ et dans les missions, les romans intéressants qui

suivent : M. Petitpot est franc-maçon ou Le député de Vaugirard (blagues an ti maçonniques) ; Les Martyrs d'Arménie ; L'homme aux cent millions (roman judiciaire saisissant) ; Rêve d'or ; Le maître de l'avenir (Jésus-Christ et sa doctrine contre les erreurs socialistes) ; La grande ambitieuse (contre les sociétés secrètes) ; La mère abandonnée ; L'honneur du travail ; Cœur de héros (Garcia Moreno) ; Le secret de Jack l'éventreur ] La jolie brodeuse (contre le divorce); Sans mère ; Pour la patrie (grand succès, aventure poignante d'un inventeur accusé de trahison) ; Un lycée sous la 3* République (pages très réalistes). Ces ouvrages/ hormis le dernier, sont tout désignés pour les bibliothèques de patronages et de cercles catholiques.

Jules Verne, né à Nantes en 1828, mort à Amiens ^n 1905. Son premier ouvrage Cinq semaines en ballon inaugura un genre nouveau, le roman scientifique et géographique ; pendant 40 ans, il a déployé, dans une série de romans piquants, ingénieux, empoignants et instructifs, toutes les ressources d'une imagination intarissable, et il restera Tun des vulgarisateurs les plus populaires de la science amusante et des voyages fantastiques.

Il a exploré toutes les contrées, il a décrit les continents, les mers et les vastes espaces stellaires, il a étudié la civilisation et les races ; il fut chimiste, mécanicien, astronome, géologue, botaniste, zoologiste, et quand il cessait d'observer, son génie lui permettait de créer les formes futures auxquelles devaient atteindre l'expérience et l'ingéniosité des hommes ; il fut instructif et précurseur, en même temps que compilateur, conteur et vulgarisateur.

On a loué chez l'écrivain, outre l'imagination et la science, la bonhomie, la bonne humeur et la netteté

338 ROMANS d'adolescents

précise avec laquelle il dessine ses figures. Il est seulement regrettable qu'il n'ait jamais mis le» influences de sa vogue prodigieuse au service de la religion : ses livres sont en effet toujours neutres et laïques/ Certains catholiques le lui ont même amèrement reproché et l'ont proscrit de leur bibliothèque à l'égal d'un malfaiteur... D'autres plus indulgents lui font une place de choix... Il nous semble ne mériter^

Ni cet excès d'honneur, ni cette indignité.

Louis Veuillot (1813-1883), le maître écrivain, vaillant journaliste, champion vigoureux et infatigable du bon droit et de l'Eglise, qui tint tête, pendant 50 ans, à la meute aboyante de leurs ennemis. De toutes les luttes et colères que sa croisade a soulevées, il ne reste aujourd'hui que le souvenir d'un catholique digne de l'admiration des siècles, et d'un écrivain de haute race qui a laissé des études littéraires, historiques, polémiques, une Correspondance unique, des poésies et quelques romans toujours appréciés.

Parmi ses romans, récits et mélanges, nous citons: Corbin et d'Aubecourt (essai de roman chrétien, exaltation de l'amour) ; Uhonnêie femme (critique de la bourgeoisie incroyante, amour) ; Agnès de Lauvens^ (utile aux jeunes filles qui se disposent au mariage) ; Les odeurs de Pains ; Libres-penseurs.., Tous cesouvrages conviennent plutôt aux jeunes gens formés.

Les autres liront avec profit sa Correspondance^ que certains critiques ont placée au-dessus de celle de M*»" de Sévigné ; Historiettes et fantaisies ; La guerre et V homme de guerre; Çà et là; Une gerbe; Pierre Saintive y Le parfum de Rome; Les Françaisen Algérie (sauf quelques détails sur le Coran).

LÉON Ville pourrait être surnommé, pour certaines de ses œuvres (les dix volumes de La vie au

désert, récits d'un intérêt poignant, etc.), le Gooper chrétien. Il n'est pas moins intéressant dans les biographies de Nos grands capitaines et autres livres publiés chez Tolra. Il a cependant écrit des feuilletons (L'Hercule du Nord, dans L'Eclair), sur lesquels nous porterions une appréciation toute différente.

Charles Vincent. Tout seul, n'est peut-être pas aussi pénétrant que son poème Bienheureux ceux qui pleurent, donné au Théâtre chrétien en 1898 ; il est cependant à lire ainsi que L'Epopée de l'Eglise (trois parties) et L'Epopée nationale.

Ses contes pour les grands enfants sont inconvenants même pour les enfants de cent ans ; Au seuil de l'au-delà est honnête, mais troublerait les jeunes imaginations ; L'ogre est insignifiant.

HiPPOLYTE Violeau, un romancier de sève chrétienne, dont les œuvres se distinguent par l'émotion des scènes, la grâce des descriptions, et l'élévation des idées.

Les jeunes filles liront : Les pèlerinages de Bretagne ; Histoires de chez nous ; et laisseront à leurs aînées : La maison du Cap ; Les surprises de la me.

Charles de Vitis, pseud. du chanoine Lucien Vigneron, prêtre du clergé de Paris, ancien missionnaire en Chine, voyageur. Son Roman de l'ouvrière (histoire palpitante d'une jeune fille ruinée qui est obligée de travailler), a obtenu, il y à quelques années, le prix de trente mille francs au concours du Petit Journal,

L'auteur a publié depuis, outre des récits de voyages très intéressants, de nombreux romansfeuilletons, auxquels on ne pourra pas reprocher, comme à certaines œuvres catholiques, de nous conduire par des chemins battus : ils «.otA. ^\x\^'5îv-

340 ROMANS d'adolescents

gnants et construits avec des scènes si étranges et des intrigues si originales !

Le Vicomte Walsch (1782-1860), ardent royaliste et fervent chrétien dont Touvrage le plus connu est Les lettres vendéennes.

Parmi les autres, très nombreux et écrits avec trop de facilité, nous citons : Le fratricide ou Gilles de Bretagne (un bon livre pour bibliothèques, édition Vermot) ; Histoires, contes et nouvelles (très . édifiants) > Yvon le Breton ; Souvenirs de cinquante ans ; Souvenirs et impressions de voyage (tous deux charmants) ; Tableau poétique des fêtes chrétiennes (très bien) ; Tableau poétique des Sacrements (moins lu) ; Journées mémorables de la Révolution,

Le Cardinal Wiseman (1802-1865), archevêque de Westminster, dont l'action et les œuvres apologétiques et scientifiques ont exercé en Angleterre une heureuse influence. Il a composé trois romans chrétiens : La lampe du sanctuaire ; La perle cachée ; et surtout Fabiola, qui suffiraient à l'illustrer.

Mme de "Witt, fille du ministre Guizot, née en 4829, protestante.

Très au courant de l'histoire et douée d'un grand talent de narratrice, elle a produit de nombreux volumes : Histoires de l'ancien temps et La charité en France à travers les siècles. S'inspirent des opinions religieuses de l'auteur.

Mont et Manoir ; Par monts et par vaux ; Reine et maîtresse ; Tout simplement ; malgré quelques idées répréhensibles, pourront intéresser et faire du bien.

Histoires de deux petits frères ; La petite fille aux grand'mères ; Une sœur ; Contes anglais ; Un nid ; Les vieux amis, etc. ; sont inoffensifs et conviennent aux enfants.

Mathieu "Witche. Œuvres : Mademoiselle du Petit vallon ; Mille trente ; Morte et vivante ; L'école des Espions (les illuminés de Weishaupt) ; Les prisonniers' du Caucase ; excellents, malgré quelques invraisemblances.

M°»« de "Woillez. Lire : Les jeunes ouvrières ; L'orpheline de Moscou (le meilleur) ; Edma et Marguerite.,,

"Wood (Ella Price, Madame Henry), romancière anglaise (1820-1886), qui eut une assez grande vogue.

Son procédé consiste à exposer les circonstances d'un crime, à accumuler sur une personne les présomptions de culpabilité, et, au dénouement, à expliquer le crime de la manière la plus naturelle du monde. Ses œuvres, pour la plupart traduite? en français, sont à peu près inoffensives. Cependant Lady Isdfbel ; Le maître de Greylands ; La tragédie du village ; Anne Hereford, ne conviennent qu'à des personnes d'âge raisonnable, notamment parce qu'ils sont entachés de quelques traits contre le catholicisme.

Rodolphe "Wyss (1781-1830). Pasteur protestant et professeur qui doit sa célébrité au Robinson suisse, journal d'un père de famille naufragé avec ses enfants, roman universellement connu. Prendre l'Edition Mame ou Ardant.

Miss Charlotte Marie Yonge, femme àe lettres anglaise (1823-1901) qui contribua par ses efforts, ses œuvres et ses ressources, à encourager le développement de la Haute-Eglise.

Les jeunes filles liront : La chaîne de Marguerite^ Le procès (suite du précédent) ; Frères et ScauT%»%'U\v^-

342 ROMANS d'adolescents

ritier de Redcliff; Les lances de Lywwood ; Christine Sorel ; Violette ; etc., etc.

Anonymes. Les confidences de Marguerite (exquis) ; Uexpiation d'un père (histoire authentique et saisissante qui montre les effets d'une mauvaise éducation) ; Les naufragés au Spitzberg.

ou

Histoires amusantes

pour les petits jeunes gens,

les petites filles et les enfants

Non nisi optimiis quisque legendus est, (Quintilien),

Victor Hugo (1), dans ses Choses vues, raconte sur le prince de Joinville enfant, une anecdote qui nous montre la famille du roi Louis-Philippe sous un jour de simplicité et de bonhomie : « Il avait, dit-il, imaginé une scie qui exaspérait la reine. Cétait un vieil orgue de Barbarie qu'il s'était procuré. 11 arrivait chez la reine jouant de cet orgue et chantant des chansons enrouées. La reine commençait par rire. Puis cela durait un quart d'heure, une demi-heure : « Joinville, finis ! » La chose continuait : « Joinville, va t'en ! » Le prince, chassé par une porte, rentrait par

f j) Cité par M. Henry Bordeaux, dîm?» le eoTTt*'^^'^^^'^'^ ^25 janvier 190i, page 354).

r autre avec son orgue, ses chansons et son enrouement. La reine finissait par s'enfuir chez le roi.

Ainsi reniant devenait maître de la maison jToyale. Il Test partout aujourd'hui, même au sein des familles ouvrières et des familles bourgeoises ; et s'il ne triomphe pas toujours avec autant de tumulte et d'insolence que Joinville, ses amusements sont loin d'assurer, contrairement au proverbe, la tranquilité des parents.

L'orgue de Barbarie, du reste, finit par lasser les enfants eux-mêmes, après avoir lassé les mères ; et il n'est point rare de voir les miodhes de 8, 10 ou 12 ans, assis tranquillement la tête dans les mains, pendant que gisent lamentablement sur le sol des jouets en débris et des poupées mutilées.

Ils font trêve au tapage, ils se recueillent et peut-être demandent-ils à lire.

Depuis longtemps, ils savent, selon l'expression d'Ernest Legouvé, lire au plus beau de tous les livres, au front de Celui d'où émanent toute lumière, toute justice et toute bonté, en d'autres termes, ils savent prier.

Ils savent lire aussi dans les yeux et dans le cœur de leur mère ; et ce n'est point là, quand ils sont restés purs, la moins douce de leurs récréations....

Ils veulent cependant et il réclament — bien légitimement d'ailleurs — d'autres lectures.

A cet égard, comme à beaucoup d'autres, . les enfants ont été traités en rois. Des EvangileSy des Histoires saintes, des Vies de saints ont été édités pour euxavec de magnifiques illustrations ;. des albums en couleurs, soit neutres, soit religieux, sont venus s'ajouter aux vieilles images d'Epinal ; des revues niême (par exemple, Tincomparable Noël de la Bonne presse),ont été créées à leur intention ; des romans où parlent et agissent des polichinelles, des petits oiseaux et desbébés ont été publiés, qui gravent dans ces esprits impressionnables des sentiments salutaires.

Parmi ces livres, nous en citons seulement quelques-uns. Si, selon la pensée de Montaigne,, les enfants sont « capables de philosophie à partir de leur nourrice, mieux que d'apprendre à lire et à écrire », ils trouveront dans cette courte nomenclature— et /)a55/w dans les catégories précédentes — de quoi satisfaire utilement leurs désirs et leurs goûts.

Lucie des Ages, petite-nièce de la Vénérable Elisabeth Bichier des Ages, se recommande d'ellemême pour tous les ouvrages qu'elle a produits» Nous citons, pour les jeunes filles : Edith ; La. 'prophétie de Maurice ; La destinée ; Elisabeth ; La famille de Kerdral ; Petite fleur ; La maison du chat qui pêche ; Grimonette ; Le bonheur de Marthe ; La tour du Cardinal.

Pour les enfants : Les neveux de tante GeTTcv.^\rcv.fe \

Le nid paternel et les autres livres publiés chez Marne.

Puisse cette humble semence que l'auteur abandonne à Dieu, tomber en bonne terre, germer et porter de beaux fruits !

Gabrielle d'Arvor. Jeté par le flot ; Louise et Hélène ; Mademoiselle Artaban ; Valentine Daubray, «ont des « classiques » de Tadolescence et de l'enfance.

Samuel-Henri Berthoud, dit Sam, né à Cambrai en 1804, mort à Paris en 1891, fondateur à Douai du musée qui porte son nom. S'occupa de littérature et de vulgarisation des sciences. Ses ouvrages scientifiques renferment bien des erreurs : Uhomme depuis fjOOO ans, etc. ; ses romans et récits ne sont pas irré- . prochables au point de vue moral.

Tout le monde peut lire cependant les Contes du Docteur Sam ; L'esprit des oiseaux (captivant).

Marie de Bosguérard. Aventures du capitaine Brindille ; Bohèmes ; Braves Cœurs ; Braves gens ; Journal d'une grande sœur ; Ma poupée ; La petite institutrice : Les roses de Dorothée ; Voyages d'une jeune bohémienne : Princesse ; Thérèse ; Marfa, sont les principales œuvres de cette authoress si chère aux enfants.

F. Bouhours. Le 'franc-maçon de la Vierge est un tout petit livre ; mais il est traversé d'une telle intensité d'émotion qu'à le lire, chacun y va de sa larme. Lire aussi Les trois vierges noires de l'Afrique équatoriale,

Jean-Nicolas Bouilly (1763-1842), fonctionnaire, fît des pièces de théâtre et des berquinades qui ont eu leur heure de succès. Causeries ; Conseils à ma

fille ; Contes à ma, fille ; Contes à mes petites amies ; Contes aux enfants de France ; Contes populaires ; Encouragements de la jeunesse (anecdotes littéraires); Les mères de famille ;. ne réalisent pas l'idéal du genre et sont un peu mondains ; on les met cependant dans beaucoup de bibliothèques.

Marie de Bray. Œuvres : Mémoires d'un bébé; L^Etoile de la mer ; Les trois filles du ciel ; Uri intérieur de famille ; et surtout Le bonheur dans la vertu ; Ce que peut la charité (couronné paj: l'Académie).

Charles Buet* Le puissant écrivain, déjà cité, a su, dans Guy main rouge ; Légendes du Mont Pilate ; Uhomme au capuchon rouge, etc. ; adapter à la simplicité des petits les ressources de son talent. .

M"^" Jeanne Cazin est partout citée avec honneur. Lire : Aventures de Jean le Savoyard (couronné par l'Académie) ; Drame dans la montagne ; Les orphelins Bernois; Le petit Chevrier... Toutes ces historiettes ne sont pas aussi élevées que les Alpes où elles se passent ; mais elles sont saines et bienfaisantes comme l'air de la montagne.

A. DesveSy de son vrai nom M^' Descaves.

Œuvres : L'ange de la famille ; Correspondance d'une élève du Sacré-Cœur; Les deux jumelles; Louise Murroy ; Marie de Kervon ; Reiiie Marguerite ; Une nuit en chemin de fer (six nouvelles).

M"^' Desbordes- Valmore, née à Douai en 1786, morte en 1859, femme de lettres, que ses œuvres délicates et lyriques ont fait surnommer la Sapho chrétienne et appeler par Brizeux « une belle âme au timbre d'or ». Elle a sa statue à Valencienne^ ^<» à Douai.

D'autres femmes, selon Yeup\vëm\sm^ ^\ixv^ ^^^^>

ont pu, comme elle, cueillir les fleurs qui égayaient alors les glacis de Valenciennés et de Douai ; mais aucune n'a cueilli plus facilement et présenté avec plus de suavité, la formule unique du sentiment, le sublime qui s'ignore.

Les deux volumes Contes et scènes de la vie de famille sont de vrais manuels d'éducation familiale, très simples et très pieux.

Fernand Desnoyers (1802-1868), journaliste et romancier, fondateur de la Société des gens de lettres. Les aventures de Jean-Paul Choppart ; Les aventures de Robert-Robert ont eu tous les deux, dans Le Journal des enfants et Le Siècle, un immense succès. Ils sont encore beaucoup lus.

ZÉNA.ÏDE Fleuriot. Tous les enfants lisent : Bigarette (histoire d'une poule !) ; Bonasse ; Cadette (journal d'une petite fille) ; Cadock (très intéressant); En congé (bluette) : Un enfant gâté (très bien) ; Le petit chef de famille (suite de Plus tard) ; Tranquille et Tourbillon (deux caractères opposés) ; Bouche en cœur (réflexions d'une poupée) ; etc.

Mm» Fresneau, née de Ségur. Œuvres : Comme les grands; Deux abandonnés: Les protégés d'Isabelle; Une année du petit Joseph ; Thérèse à St-Domingue.

Le verre de cette aimable authoress est plus petit peut-être que celui dont se servent les autres Ségur ; mais il est si finement taillé !

Jacques et Guillaume Grimill, célèbres philologues allemands dont le premier a vécu de 1785 à 1863 et le second de 1786 à 1859. Leurs Contes populaires, amusants et moraux, eurent, dès leur apparition, un succès immense et furent traduits dans toutes les langues. Ils furent suivis d'un ouvrage où les auteurs

étudièrent les origines historiques des contes : cette partie de la science archéologique s'appelle le folklore,

M'"" Marie Guerrier de Haupt. Lire : Comment mon oncle Antoine devint marin ; Cousine Madelon ; La, famille Hartman ; Miss Prétention ; Quatre nouvelles historiques ; Les revenants ; Les sabots de Marguerite ; Les défauts de Gahrielle ; Le royaume du bonheur ; etc.

Mme Guizot, femme de l'illustre homme d'Etat

(1773-1827). Œuvres : Uécolier : Une famille; La petite aux grand'm.ères ; Les enfants ; Le louis d'or d'Ernestine ; L'éducation de Manette ; Nouvelles et contes,

M°^« Jeanne Marcel, pseud. de M»* TrOChie- Hautefeuille, née en 1832. Tous ses ouvrages.

La Baronne Martineau des Ghesnez.CEuvres:

La grande Aulnaie ; La marquise de satin vert ; Roses et rubans ; Les trouvailles de M. Montvert ; Voyage d'une femme aux Montagnes Rocheuses ; Les allumettes de l'oncle Grandésir.

Comte René de Maricourt (1829-1893). En vitrine {recueil de nouvelles occultistes, assertions risquées) ; Une femme à bord (fait le malheur de son mari et tourne la tête à tout le monde par ses minauderies) ; La broche perdue ; L'ancêtre volé ; Begga ; Le combat des treize ; Le couteau du bandit ; La servante romanesque ; Vivia,

M""' de Martignat. Œuvres : L'oncle Boni ; La petite fille du vieux Thémi ; La pupille du géyiéral ; Genette ; Un vaillant enfant ; etc.

Karl May, un des meilleurs écrivains catholiques allemands pour adolescents. La venqeaxLCiK d.\^

Farmer ; Le roi des Requins ; Les pirates de la mer rouge ; Une visite au pays du diable, plairont certainement à tous ; L'empire du dragon ; Le fils du chasseur d'ours.

HÉGÉsiPPE MoreaUv né à Paris en 1809, vécut à Provins et à Paris dans une profonde misère, et mourut à l'hôpital en }838. Ses poésies sont généralement médiocres, irréligieuses et licencieuses ; mais ses Contes à ma sœur sont exquis et peuvent être lus* par tous.

Vicomtesse de Pitra, toujours originale dans ses œuvres : Amour fraternel l Le château de la Pétaudière ; Les débuts du gros Philéas ; Les enfants des Tuileries; Le fds du maquignon; France . et Patriotisme ; Les nMirtyrs d'Alsace ; Petit marquis de Carabas ; Robin des bois ; Voyage abracadabrant du gros Philéas ; Un oiseau bleu ; La mare aux loups ; Le pardon de Colette.

M"" Mathilde Sandras. Nous ne connaissons d'elle que Le manuscrit de Javotte ; Mémoires d'un [apùi blanc.

Chanoine Schmid (17G8-1854), du chapitre d'Augsbourg. Ses Co7ifes, universellement connus, sont divisés en quatre séries (chez Gautier). La première comprend les petits récits d'une page ; les autres renferment des contes un peu plus développés. Le tout aimable, candide, moral et éminemment intéressant.

Comtesse de Ségur, née Sophie Rostopchine

(1800-1874), femme de lettres française, fille du gouverneur de Moscou et mère de l'éminent prélat.

«Elle était née ^osto^cVAwe ^t ^rand'maman.... Povr* âmnger ses pel\ls-exvl3k.TvX."Sk ÔÀ^^^X^^^ ^xi.-?. Qjaai^^

coins de l'Europe, elle écrivit comme elle causait, à quoi elle vit tout de suite, et tout le monde, qu'elle était née écrivain, comme elle était née grand'maman... Elle causait ses petits romans... Elle a su si bien, conter qu'elle est morte grand'mère de tous les enfants du monde. » (Emile Faguel).

Ces livres charmants, encore très populaires, ont. illustré pour la plupart la Bibliothèque rose : Uauberge de Vange gardien ; Le général Dourakine (suite du précédent) ; La fortune de Gaspard (avantages du travail) ; François le Bossu (très bien) ; Les malheurs de Sophie ; Les mémoires d'un âne ; Petites fllles^ modèles (fort naïf) ; Quel amour d'enfant (histoire d'un enfant gâté) ; Les vacances (à la fin, histoires de revenants d'un goût douteux) ; Pauvre Biaise (son' chef-d^œuvre) ; Jean qui grogne et Jean qui rit ; Un bon petit diable ; Les deux nigauds ; etc., etc.

Stahl, pseud. de Pierre- Jules Hetzel, l'éditeur parisien (1814-1886), a publié pour la jeunesse nombre de livres pleins d'humour et de naïveté : La famille Schester; Les histoires de mon parrain (spirituel, mais peu religieux) ; Histoire d'un âne et de deux .petites filles : Patins d'argent (description de la Hollande) ; Les quatre filles du docteur Marsh (étude de famille américaine) ; Jacques et Jeanne ; Les quatre peurs de notre général (très moral) ; etc.

Mme d^ Stolz, de son vrai nom M'"" de Bogon».

morte en 1892. Ses œuvres sont universellement estimées et méritent d'être spécialement recommandées. Celles qu'elle a publiées chez Hachette sont cependant moins chrétiennes que celles de chez Haton.

Citons : Les petits cancans ; Diamant, bronze, <.*.(. vw (trois jeunes filles, deux ncVve^, wxv^ \v^\xn\v^\ ^^^ sauvage de SombrevvX (sa coiv\eT«\oTv V"^x >vcv^ N>'^'^ ^

fille) ; Les deux docteurs ; La montre de tante Marie (Véducation selon le monde et l'éducation selon la sagesse) ; L'héritage de mon oncle (aux innocents, les mains pleines) ; Le gros lot (gagné par un petit meu- .nier, dont la tète tourne aussitôt comme les ailes de son moulin) ; Le vieil ami (le vieux professeur qui 'montre dans les merveilles de la nature la solution unique des pourquoi d'Yvonne) ; En famille (série de nouvelles) ; Ita la glaneuse ; Les deux André (inconvénients de la légèreté) ; La famille Coquelicot ; Julie (description du Nouveau-Monde, un peu romanesque); Magali (très gracieux) ; La maison blanche (moins intéressant) ; Mes tiroirs (9 récits) ; Quatorze jours de bonheur (attendrissant) ; Les vacances d'un grandpère (histoire d'un étourdi) ; Le vieux de la forêt (dramatique, combat certains préjugés populaires), etc..

Taulier* On cite de lui : Les deux petits robinsons -de la Grande Chartreuse.

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