‹ Romans à lire et romans à proscrire: essai de classification au point de vue moral desChapitre 15 sur 32 · ROMANS D'ADOLESCENTS · texte numérisé non relu

ROMANS D'ADOLESCENTS

ou

Récits, Nouvelles,

Romans divers

qui peuvent être généralement

laissés entre toutes les mains

VlrginlbMS puerlsque canto...

Voici la pleine adolescence^ Tâge de Téveil des sens et des passions impérieuses, Vâge où bientôt, selon le mot de Chateaubriand, on va se coucher enfant pour se réveiller homme.

C'est le moment où on lit le plus, et où il importe le plus de diriger le choix des lectures.

La jeune fille a quitté la classe ou la pension pour rentrer dans sa famille : elle a quinze ou dix-sept ans. Tout sourit autour d'elle comme à une fleur qui va éclore, dans une matinée de printemps. O gloventUyprimavera délia vita.

Tout s'agite aussi, comme pour préparer à celle

268 ROMANS d'adolescents

qui vient s'asseoir timidement au banquet de la vie, une table digne d'elle... Et tout ce qui s'agite,, comme tout ce qui sourit, doit contribuer à.

l'établir socialement dans son état définitif.

Ces années si douces qu'elle passe dans sa famille, en faisant graduellement son « entrée dans le monde », doivent être avant tout des années d'achèvement ou plutôt de préparation. Contrairement à ce qu'elle se figure peut-être,, son éducation surnaturelle, intellectuelle et morale n'est pas finie ; tant s'en faut...

Que va-t elle lire ? Tout ce qui s'amasse sur la table de famille, et même un peu de ce que père et mère abandonnent sans réflexion de tous côtés ? Non certes, si les parents veillent et ne laissent pas le choix de ses lectures, comme de ses autres occupations, aux hasards de ses caprices, aux attraits d'une curiosité toujours périlleuse. Non encore, si elle-même a conscience de tout son devoir : elle aura assez d'esprit et de sérieux pour faire habituellement des lectures édifiantes et élevées ; assez d'activité et de culture intellectuelle pour faire des lectures qui l'instruisent ; assez de vertu et de docilité, pour se contenter^ en fait de nouvelles et de romans^ de ce qui ne peut ni lui nuire, ni la troubler.

Puisse cette liste la guider un peu dans ses sages recherches: nous. n'y signalons pas tous les ouvrages de fond qu'elle doit lire. Il nous suffit à présent, pour remplir notre but, de citer les ouvrages littéraires et d'imagination, en prose, qui peuvent sans danger l'intéresser, tout en complétant ses connaissances.

-^ jeune homme achève ses humanités; il n'est ^s à Tâge charmant, il est à l'âge où tout ^nge. L'heure va venir, vient, est venue, où la l'été, qui n'était qu'une possession tranquille, va Venir une laborieuse conquête et une vertu, ie perturbation se produit dans tout son être : curiosité naturelle va se porter sur des horii^s nouveaux ; il lit plus que jamais dans les ^oles, les actes, les yeux des grandes personnes dans ceux des grands, ses aînés ; il cherche à ^ dans leurs livres.

-t pourtant, chacun le sait et nous l'avons dit Parlant de l'éducation de la pureté, ce serait ^e de mettre cette jeune ame, sans transition et ^s contrôle, en présence de tout ce qu'elle ignot hier, et qu'elle devine aujourd'hui. Il y a ici ^ages mesures à prendre: nous le répétons, ce -st pas à des livres quelconques qu'il faut lais- ^ le soin d'une si délicate éducation.

C'est pourquoi nous établissons cette nomen- ^ture, où les jeunes gens trouveront de quoi éprendre et se récréer, sans aucun danger : de - littérature des voyages, de l'histoire, de captiantes intrigues.

Cependant, les livres de cette catégorie ne sont )as tellement propres aux « jeunes », que les lersonnes plus âgées, et surrout les aînés de la imille, ne puissent les lire avec intérêt et profit. idolescentiam alunt^ senectutem délectant, comle s'exprime Cicéron.

270 ROMANS d'adolescents

Il y a un certain enfantillage d'imagination qu'il faut garder toute sa vie, a écrit Doudan (1). Heureux ceux qui ont su le garder, et qui, aux jours d'épreuve et de lassitude d*âme, savent y faire appel. Ils trouveront, dans ces livres tranquilles et bien écrits, dont plusieurs sont de bonnes actions, non seulement un aimable badinage et une récréation à subir, mais un refuge,, un réconfort et parfois une lumière. Lire un petit livre dans un petit coin, c'était le rêve de je ne sais quelle belle ame ; tous ceux que nous citons ne sont pas de petits livres, mais ils sont à lire par tous ceux qui ont conservé une belle âme et désirent l'embellir encore.

Nous n'étonnerons personne, en disant que cette recommandation si souvent renouvelée est — de nos jours plus que jamais — accueillie avec indifférence ou scepticisme. Ces ouvrages dont nous parlons sont en effet tenus en fort médiocre estime par les personnes du monde et même par les gens « bien pensants ». Les uns les dédaignent, parce qu^ils sont enfantins ou sermonneurs ; les autres les redoutent, à titre de fictions dangereuses ou « migrainifères * ; d'autres enfin les abandonnent par préjugé et parti pris, sans autre forme de procès.

Il y a, au fond de ces appréciations diverses, des préoccupations très respectables, mais aussi des points de vue qu'il serait dommageable de généraliser.

(î) Littérateur douaisieu i\^00-V^1iV ^\^\^^t wxve, wombreuse hwrespondance, que ses amis oivV pxibW^ic «^t;^^ "s^^xcvwV.

Lorsque, dans le courant du siècle dernier, le roman cessa d'être « une liqueur fine distillée à l'usage des palais raffinés », pour devenir populaire (v. g. les premières éditions Charpentier à 3 fr. 50) et pour porter à tous des idées et des thèses, il se produisit parmi les catholiques lettrés une émotion profonde.

Des pléiades d'écrivains, qui paraissaient désignés pour des études plus didactiques^ s'engagèrent dans la voie où « romançaient *■ des génies — j'allais dire de mauvais génies. — et s'efforcèrent d'opposer à la diaboliqueéloquence du mal, la noble influence de fictions, moralisatrices, et de dresser, à côté et au-dessus des travaux de l'impiété ou de l'immoralité, les superbes monuments de la religion catholique.

L'entreprise était tellement malaisée que les meilleurs critiques la jugent actuellement encore impossible à réaliser.

Si, en effet, il s'agit seulement de construire un. roman religieusement neutre ou simplement inoftensif, les classiques couchers de soleil, les effets de brume, les contrastes entre le crime et . l'innocence, la misère et l'opulence, l'inventaire d'un mobilier de salon ou de garni, deux ou trois, brigands du côté des messieurs, une orpheline du côté des dames, des échanges de soupirs et quelques clichés de même acabit, peuvent à la rigueur suffire et réussir.

Mais s'il s'agit de faire un roman catholique^ un roman de vie catholique, les <i\^ç.\îX\fe:s> 'èK^rcsX. extrêmes. Sacrifier résolumexi.! \e xesçe,çx\>^ixsv2ôcçv>

^72 ROMANS d'adolescents

éviter le ton prêcheur et les multiples défauts propres aux pieuses rapsodies qui encombrent les catalogues de livres de prix et les bibliothèques paroissiales, pénétrer dans le vif de la psychologie religieuse, comprendre, décrire les rêves, les aspirations et les œuvres des âmes d'élite qui peuplent nos paroisses de foi, les faire vivre dans des romans comme Feuillet, Bourget et autres ont fait vivre, dans les leurs, les mondaines, les pédantes, et les maladives : tels sont, en résumé, les sujets sublimes ou plutôt- les obstacles insurmontables auxquels sont venus se heurter la plupart des écrivains dont nous nous -occupons.

Ils ont beaucoup produit cependant : et à les juger dans l'ensemble, plurihiis non offendar maculls^ nous sommes en droit d'affirmer que, s'ils n^ont pas donné le roman catholique idéal, ils ont produit des œuvres vraies, saines et édifiantes.

Ils ne sont pas tous des maîtres de style, des mandarins de haute couleur, de grands seigneurs dans la république des lettres ; mais ce serait aveuglement et injustice de les représenter tous comme de sombres pédagogues sans autorité, portant de caduques étuis à sermons, et distribuant l'ennui sous forme de romans incolores. Il y en a malheureusement qui sont tels — il y en a trop — mais il en est d'autres ; il y en a qui, supérieurement doués, ont préféré la éfaite avec Caton, èi \a ^ vetovcç^ ^xee les Dieux our ; il ne leur matiqu.^ tV^^ om ^\^"$.q;î\^ x\sx!^

iC'

pour être parfaits ; il ne leur manque, pour être -célèbres, que Tinvestiture des maîtres de la réclame.

Tous leurs ouvrages ne sont pas des chefsd'œuvre ; mais ils sont encore bien moins, pris dans leur totalité, de cotonneux enfantillages. La psychologie y est mutilée, dit-on, parce qu'elle supprime tout un côté de la vie qui est aux yeux des sages du monde, la vie tout entière... Est-elle pourtant de ce fait, plus fausse et plus imparfaite que celle des romanciers mondains ? L'analyse y fait défaut, ajoute-t-on ; mais l'analyse chez les... autres, offre-t-elle tant d'intérêt, en dehors des -cœurs et sentiments malsains qui en font l'objet? Du reste, l'analyse n'est pas l'essentiel dans le roman ; ce qui doit y prévaloir, c'est l'émotion. Or, nos bibliothèques catholiques, sagement orga- • nisées, abondent en œuvres d'émotion.

Ces quelques réflexions nous autorisent à conclure que nos écrivains valent mieux que leur réputation. Et pourtant, ils continueront d'être délaissés. Pourquoi ? (1).

Lorsque l'illustre Père Hermann se présenta pour la première fois en habit religieux devant Oeorge Sand, celle-ci,en guise de salut, se contenta de lui dire avec un petit air pincé : « Tiens^ tu t'es fait capucin ! »

Cette anecdote est tout un poème : elle traduit, non seulement le dédain que professait pour la

(1) Lire sur cette question, les intéressantes coasvdé.xîiaJÀssvia»^^' M. d'Azambuja, dans son çeUl \\\y^ \ PouT<v>JiQX \^ «tQ-w-^-^v. immoral est-%1 à la mode ? ^

274 ROMANS d'adolescents

religion la « bonAe dame de Nohant », mais aussi^ elle dit le cas que Ton fait dans les salons mondains et dans les laboratoires de critique, de tout ce qui revêt tant soit peu un air « capucin ».

Nos romans pour la jeunesse en sont tous là : aux regards du monde qui distribue la gloire et les succès plus ou moins « hydropiques », selon le mot de Shakespeare, aux yeux des critiques payés à tant la ligne, ces ouvrages ne comptent pas...

Et — ce qui est plus pénible à constater — tout un public catholique qui aime à graviter dans le cercle des opinions toutes faites, a honte des talents qui se manifestent dans son parti ; il les renie et il les lâche, pour une littérature sans essor et sans lumière, .vendue au rabais par des débitants qui se font, dans cette branche de commerce, de grasses prébendes.

A rheure présente où les préoccupations religieuses, morales, patriotiques et sociales doivent primer toutes les préoccupations esthétiques et littéraires, cette attitude n'est-elle pas plus que de la timidité, et ne mérite-telle pas le nom de trahison ?

Cil est fol, lequel ayant sa grange

Pleine de grains cueillez, emprunte à son voisin,

Laissant pourrir chez soy son propre magazin.

Cette remarque d'un vieux poète dépeint à merveille non seulement «la folie» des «lâcheurs», mais encore la prudence excessive de certains esprits, qui, considérant le roman comme essentiellement mauvais, otvX. \^\.^ ?.\\x: \^^ tç^k^^^x:^^

œuvres de ce genre littéraire, un discrédit de plus...

Il ne faudrait pourtant pas oublier que le roman n'est plus ce qu'il était autrefois, un genre frivole et bâtard, une plaie sociale, une carrière pour les écrivains tarés... Il s'est anobli, et au lieu dç borner sa mission à charmer les oisifs, il est devenu, depuis quelques années surtout, l'organe et le véhicule de toutes les idées courantes, il tient école.

Les questions les plus graves et les plus délicates y sont débattues ; les gloires littéraires les plus retentissantes s'y donnent rendez- vous. Sous les formes les plus diverses,iltrouve des disciples . dans les milieux qui semblaient le plus absolument réfractaires à toutes les créations de l'intelligence humaine...

Cette évolution qui devait exercer sur l'éducation du peuple et de la jeunesse une influence si considérable, n'a pas échappé aux écrivains de notre bord...

Eux aussi ont écrit pour instruire et ils ont instruit sans scandaliser. C'est pourquoi, en dépit de l'obstinée prudence — n'est-ce pas imprudence qu'il faudrait écrire ? — de certains esprits trop traditionnels, nous croyons que ces romans sont des romans à lire.

C'est faire œuvre de justice de le proclamer ; c'est faire œuvre utile * d'engranger » dans un catalogue ou dans une bibliothèque paroissiale, ces livres si dédaignés^ parce qu'ils sont trop çe\x connus ; c'est agir en sage de ^^.xvex cX^&x Nfc^ . siens...

276 ROMANS d'adolescents

La bouquetière Glycera, dit Saint François de Sales, savait si proprement diversifier la disposition et le mélange des fleurs, qu^avec les mêmes fleurs, elle faisait une grande variété de bouquets.

La collectivité des auteurs que nous citons a hérité du talent ingénieux de la bouquetière. (1) Romans, succédanés de romans, nouvelles, récits, contes, aventures, voyages, toutes ces productions se ressemblent pour qui les considère de loin, mais le bouquet qu'elles composent, offre tant de nuances et de parfums variés, que bien des lecteurs et lectrices, jeunes ou âgés, y trouveront délices et profit. Tel Toiseau dont parle le poète :

Parmi les fleurs de menthe à demi submergées, L'oiseau se pose et boit à petites gorgées, Pliant son col agile et relevant les yeux Aux Cieux !

^oUo Mathilde Alanic est née à Angers, où elle réside acluellement. Elle débuta par un conte, La. souta.np.de Vabbé Cons^anfin, publié dans L'Illustration en 1897. Vinrent ensuite Norbert Dys (un curé de campagne, deux sculpteurs, leur rivalité, idylle) ; Le maître du Moulin blnnc (un jeune oflîcier qui, le cœur déchiré, donne sa démission, et se fait meunier pour sauver sa famille de la ruine) ; Ma cousine Nicole (prix Montyon en 1903) ; Mie Jacqueline ; A chacun sa chimère (un vieux savant et sa fille Christine, pour les plus grandes) ; nombreuses nouvelles dans le

(1; Note importante. — On trouve dans cette liste quelques auteurs dont les ouvrages ne conviennent nullement aux adolescents chrétiens. Nous avons cependant tenu à les y admettre à titre d'indication préventive, parce qu'on serait

tenté de les juger fort uU\es OC îi^xli?. \vi?. vi\vi^<i^ *içi Và.^v<isse ou

d'autres a noré dations incxacVcs.

Musée des familles, Le Magasin pittoresque, L'illustration, le Supplément du Petit Journal et du. Petit Parisien ; Les 28 jours de Guignolette (pour les enfants).

Mathilde Alanic témoigne, dans toutes ses œuvres, d'un réel talent d'invention et d'une grande habileté de récit ; elle se plaît surtout à dégager la poésie de l'intimité et du foyer. Au point de vue moral, sa plus haute ambition a toujours été de devenir un auteur familial : je n ai jamais cherché, nous écrit-elle, qu'à susciter, chez ceux qui me lisent, le sentiment de la pitié ou du désintéressement et à leur montrer, avec la noblesse du travail, le bonheur de l'existence simple et laborieuse.

Constant Améro tient spécialité de romans internationaux où l'inspiration n'a malheureusement aucune part : Tour de France d'un petit parisien (couronné par l'Académie) ; Le coq rouge (Russie) ; Blanche neige (Norwège) ; Le pays de Mènélick ; Un Robinson de six ans (Canada) ; Contes émouvants (quelques horreurs, fatalisme) et d'autres en collaboration avec Victor Tissot.

^|me Constant Améro. Œuvres pour la jeunesse : Grain de sel et Poule d'eau ; L'Etoile du Nord ; La princesse des Mouettes ; etc., etc.

William-Henri Anderdon (1816-18..), jésuite anglais, qui appartint d'abord à la religion anglicane, comme* son oncle le cardinal Manning. Antoinette de Bonneval ou Paris sous Saint Vincent- de- Paul (très intéressant et instructif) ; Le Robinson catholique ; Le Robinson des Antilles, sont dans les coins de certaines bibliothèques.

Han-Christian AndersetL v^^'X•;^-^^^^^• ^^^^[^'^^

poète et romancier danois, Çv\^ ^wts. ç.q^^^^^^'*^

278 ROMANS d'adolescents

s'instruisit en visitant tous les pays de l'Europe et même l'Orient. Ses vers sont empreints d'une mélancolie rêveuse : mais ses romans et ses contes, presque tous traduits en français, originaux et variés, semblent avoir été pensés dans les profondfeurs septentrionales, et écrits sous le ciel étincelant de l'Orient. Rien de plus exquis, par exemple, que sa « psychologie » des cygnes, des canards, des chiens, des souris, des colimaçons et des autres animaux domestiques, dont il aime à peupler ses récits.

Tout le monde peut lire : Le camarade de voyage ; Le coffre volant ; Histoire de Waldemar Dace ; Uhomme de neige ; La Vierge des glaciers ; Contes choisis^ dans la Bibliothèque rose illustrée.

Adolphe Archier, né en 1815, collaborateur littéraire de UUnivers, où il publia notamment : Charité mène à Dieu ; Une famille irlandaise ; Justice divine ; Un cœur pur ; La famille Morand ; Les captifs du Czar (la politique russe en Pologne) ; Les devoirs d'une femme (prendre la deuxième édition corrigée), tous ouvrages sérieux, trop sérieux même pour certains jeunes gens. •

M"^« Olivier des Armoises débuta dans la littérature par des satires en vers et par une pièce de théâtre (Morisieur Jean) qui fut jouée à l'Odéon pendant toute une saison.

Elle a publié, depuis, quelques œuvres historiques, entre autres Avant la gloire (jeunesse de Napoléon I^r) et un grand nombre de romans dont la plupart ont paru dans les journaux : Fils de gueux (30.000 lignes, roman populaire dirigé contre la Franc-Maçonnerie)^ etc.

Parmi ceux qui ont èlè p\i\A\fe^ e.xv noVwtsyq^^^ nous citons ' ^-'^oite ; Les deux BrxgxUe *> "La \\^rcvç,^^ ^-w.

meurtrier ; Pauvres et riches ; Laïcisé (actualité poignante).

On a fait observer que tous ces ouvrages ne sont pas des modèles de style ; mais les auteurs les plus •Qïi vogue sont-ils toujours, à ce point de vue, irréprochables ?

Camille d'Arvor a publié quelques ouvrages <iue la simplicité de la donnée n'empêche pas d'être intéressants et édifiants: Roselle (peu intéressant); Le bonheur était là... ; La cassette du baron de Faouëdic (événements de Quiberon, deux mariages); L'héritière (mœurs bretonnes).

Gabrielle d'Arvor, de son vrai nom M"« L.

ÎSNARD de Belley, sœur de la précédente.

Œuvres : Lucie (couronné par PAcadémie) ; Maxime Dufournel (pages un peu passionnées) ; Un tournoi au X/X« siècle ; Dent pour dent (mœurs irlandaises) ; De <:hute en chute ; Un coup de fortune ; Le mariage du docteur ; Le roman d'un trappiste ; et des biographies.

Michel Aubray* Œuvres : Rose d'antan ; Les vacances de Madeleine (émouvant et un peu romanesque).

HipPOLYTE Audeval (1824-1878). Un vieil auteur dont les ouvrages ont conservé leur saveur. Les •cœurs simples ; La dame guerrière ; Le drame des Champs-Elysées (dramatique, la rédemption d'un père par son fils) ; Les douze enfants de la veuve ; La ferme dumajorsLt; La grande ville (un peu monotone); Histoire d'une bague d'argent (La Commune) ; Paris et Province ; La Vierge de Mai (très bv^\!0\\ U^X^-wOCv.^ de Michel Kagenett, sont b\e,TL écrcWa^ ^x^osa^^^a^^'^ et intéressants, malgré quelques \oxv^\s^«v^^^-

280 ROMANS d'adolescents

Jules Berlioz d'Auriac, né en 1820. La Caravane des Sombreros ; Les pieds fourchus ; La guerre noire\ Cim, sont des romans à la Cooper où l'intrigue, quand elle existe, est traitée avec tant de réserve qu'elle n'alarmera pas la candeur des lecteurs le» plus prudes.

Michel Auvray, pseudonyme d'une femmeauteur, dont on mettra dans les bibliothèques ou plutôt sur les tables de lecture : Le rocher de Sisyphe (romanesque et un peu confus, plutôt pour les grandes personnes) ; Le secret de la chatnbre verte (mémoires intéressants) ; La chaumière aux rouges-gorges ; Les papillons noirs ; La dame aux cheveux d'argent ; Eisa ; L* étoile filante ; L'ambitieuse; Un chemin de velours ; L'ombre,

Guy d'Aveline, de son vrai nom M«"« Jeanne Kieffer, a profité de l'engouement qui accueillit Quo Vadis et Le Rayon, et elle nous a donné, elle aussi, ses tableaux évangéliques Vers la lumière.

Alfred d'Aveline, de son vrai nom Henri- Constant Van Hasselt, littérateur belge (1806- 1871). Tous les collégiens connaissent : La /euiîie de trèfle (trois récits intéressants) ; Le trésor de Vîle des flibustiers (traduction de Franz Hoffmann, intéressant, malgré quelques invraisemblances) ; Le village des alchimistes : La chambre à la porte de fer ; La clef de lafj'égate ; La fille du colon; Deux histoires de la chambre rouge ; Les baguettes du petit tambour ; Le ravin des loups ; etc.

A. Aylicson, de son véritable nom M«»« A.

Edouard Petit, femme-auteur qui, dans des œuvres

charmantes, met au service de l'apostolat chrétien^

ses souvenirs de voya2;ea et, ^^ ç.<^ww^v&'s>^w^^ ^«^^

ET ROMANS POUS TOUS 28t

âmes : Gina, histoire d'une orpheline (pour jeunes filles du monde) ; La fille du Cacique ; Ame russe (trois romans de caractère et descriptions) ; Le carêmede Sylvie et Jeunes filles (portraits de jeunes filles) ; Ame vaillante ; Au loin (signé Aylic Marin, récit de voyage captivant) ; Olga Nylander, simple vie (biographie d'une jeune suédoise convertie au catholicisme, traduite en plusieurs langues). On s'y promène partout avec ravissement, comme dirait Boileau.

L'auteur prépare plusieurs ouvrages où seront, relatés les souvenirs de ses pérégrinations à travers le monde.

AlphOxNSe Balleydier (1820-1859), historien et littérateur. Avait promis à sa mère de n'écrire jamais^ un livre troublant : il a tenu parole. Toutes ses Veillées maritimes, militaires, de famille, du presbytère^ du peuple, des vacances, sont à lire.

NoÉMi Balleyguier, de son vrai nom M"^- Zier^ originaire du Poitou et d'une famille très chrétienne. Elle s'occupa d'abord des enfants et leur offrit trois volumes qui les amusèrent beaucoup (Aventures de Jean-Marie Potachou, etc) ; elle écrivit ensuite, pour la jeunesse, des œuvres qui ne sont pas sans valeur : Futurs Chevaliers ; Tante Hélène (leçons de dévouement) ; Blanche de Palussac (roman historique, sou» Louis XIII) ; Seul sur VOcéan,

L. BailleuL Lire ses succédanés de romans Gooper : Les grimpeurs de montagne ; Le trappeur du Far- West ; Mocandah, le jeune chef indien ; Les chasseurs de fourrures,

Jean de Barancy, pseudonyme de M™* Vv:>'^<^^ Nadal, dont Le Journal des Dèbals^ eXl^e Terecv^^ ^^^ accueilli les débuts. Claude. MauTxeu^^e V^^x^.-^^^^^

282 ROMANS d'adolescents

par l'Académie) ; La folle de Virmont; Pour Suzanne (pas pour tous) ; L'espiègle ; Toujours aimée (roma- .nesque) ; Pont mise au bon rang des bons écrivains.

€oMTEssE DE Bassaiiville {M^* Anaïs Lebrun»

née Rigo, connue sous le nom de), née en 1806, élevée -sous la direction de M"^« Gampan, morte en 1884, Fonda le Journal des jeunes filles, et écrivit pour la jeunesse près de trente volumes dont plusieurs furent préfaciés par L. Esnault et A. Nettement : Vengeance d'une morte (romanesque, élégant, pas pour tous) ; Les deux familles ; Souvenirs d'une jeune fille ; Les <:ontes du Bonhomme Jadis ; Les salons d'autrefois, (6 volumes où Ton peut cueillir beaucoup d'anecdotes):

L'abbé Marc-Antoine Bayle (1825-1877), professeur d'éloquence sacrée, a laissé une quantité de publications diverses, parmi lesquelles nous discernons : La perle d'Antioche ; Thalie.

Comtesse André de Beaumont* Une histoire de cirque (a été beaucoup lue) ; La bachelière (trouve un mari... tout de même).

Jean de Beauregard est un pseudonyme. Beauregard est proprement le nom d'une ancienne propriété familiale, terre et manoir, appartenant à M. le Chanoine Condamin, docteur en théologie et docteur ès-lettres, professeur à l'Université catholique de Lyon. Sous ce vocable transparent, M. Condamin a publié, dans une série d'ouvrages illustrés, le récit de ses voyages en Europe, en Asie et en Afrique.

Du nord au midi de l'Espagne ; De Paris à Vienne, par Oberammergau; Chez nos amis de Russie; En zig-zag aux Pays-Bas et sur les boxds du ^\vm \ Du V ' " VEtna et sur les bords de V AdTxaXicvu^ \ Ku':k.

rives du Bosphore ; Au pays des Fjords ; Au pays de Saint' Augustin et sur les bords du Tage ; Parthénon, Pyramides, Saint-Sépulcre ,\ Chez nos bons voisins d'Outre-Manche.

Les abonnés de nos bibliothèques nous demandent souvent des récits de voyages : voilà de quoi les instruire et les charmer !

Comtesse de Beaurepaire de Louvagny

s'est révélée brillant écrivain dans Le crime de Kéralain ; Fille et fiancée ; Heure maudite ; Marthe de Bellesmont ; Naguère ; Aujourd'hui ; Tante Lardelle ; Le secret de la folle ; Madame Simplette ; Au lendemain d'un divorce.

L. de Beaurepaire, lieutenant-colonel. Ses deux livres, Jérôme le Trompette ; Manjo le Guérillero ; romans militaires intéressants, peuvent être lus à peu près par tous.

Mistress Beecher Stowe (1811-1896), la célèbre romancière américaine. Tandis que son mari, le docteur Stowe, menait la campagne de l'abolitionisme dans les réunions publiques, elle défendit la même cause par la plume et fît paraître La case de l'oncle Tom, C'est un ardent plaidoyer contre l'esclavage, un livre plein de larmes et plein de feu, qui se vendit à plus d'un million d'exemplaires et fît le tour du monde. Au point de vue littéraire, c'est un chassécroisé d'épisodes : aussi n'intéressera-t-il guère les jeunes gens. Ceux qui voudraient cependant le lire choisiront de préférence l'édition Barbou, Ardant, ou toute autre corrigée ; ils liront ensuite La fiancée du -ministre et Pussy-Willov^ ou fleur des chajnps et fleur de serre.

L'abbé Bélier, directeut de LaCroxx de. ^e.v«v^^'

284 ROMANS d'adolescents

conquis d'emblée la sympathie des lettrés par La Meuse, charmante histoire d'un enfant, qui se déroule au milieu de paysages les plus pittoresques et les plus délicatement décrits.

Alfred de Besancenet (1832-1904), eut son heure d'éclat parmi les astres de 3' grandeur de la pléiade catholique. Amour de grande dame ; Dona Garcia et Les contes d'un champenois, (3 nouvelles) ne conviennent pas à des lecteurs trop jeunes.

Les reliques d'un chouan ; Les martyrs inconnus ; Sans Dieu ; Un mariage sous la Terreur ; Jenny les bas rouges ; Alsace et Lorraine ; sont pour tous.

André Besson, directeur de La Croix du Var, à qui nous devons trois recueils de nouvelles vivantes et vécues : En cheminant ; Fusains ; Vers Vaube, Ce sont là quelques bonnes œuvres : nous savons que ce catholique dévoué en a fait d'autres, à Lille.

Gabriel deBeugny d'Hagerue. Nous laissons à ceux qui ont de la barbe au menton Les mémoires d'un commis -voyageur ; et aux plus jeunes : Claude Burget ; Le fils du docteur ; Lucy ; M^''« de la Rochegautier ; Nelly ; Le roman d'un jésuite ; Yvonne de Montigneul ; Pauvre Lady.., Tous les gens de goût réserveront à cet écrivain aimable et sain, un coin de prédilection dans leur bibliothèque.

Lucien Biart (1828-1897). Né à Versailles, il s'embarqua très jeune pour l'Amérique où il s'occupa de zoologie et de littérature.

Les ouvrages suivants, bien écrits, mouvementés et

pour la plupart illustrés, plairont certainement aux

jeunes lecteurs : A la frontière indienne ; Entre deux

océans ; Entre frères et sœurs*, L.uc\a Amla; Monsieur

Pinson. : Le Perisatii:o ; Le secrel de 3o?>è,\LT\. v^-vt^

tempérée ; Pierre Robinson et Alfred Vendredi ; Voyage dans un parc ; Le fleuve d'or ; Jeanne de Maurice (belles situations, quelques passages exaltés) ; Conquête d'une patrie (au Mexique en 1810) ; La vallée des colibris.

Les personnes plus âgées se réserveront Les clientes du docteur Eernagius (fonds sceptique, peu moral) ; Antonia Bezarez (jalousie d'amour au Mexique).

La Bibliothèque de ma fille, chez Gautier, réunit un certain nombre de volumes, déjà anciens pour la plupart, mais toujours charmants par leur parure et leur contenu.

La Bibliothèque rose illustrée, chez Hachette, se compose de deux séries de livres : les uns sont destinés aux enfants de 4 à 8 ans, les autres aux enfants de 8 à 14 ans. Cette collection déjà ancienne s'enrichit tous les jours de nouveaux ouvrages : après avoir été franchement chrétienne, elle se contente aujourd'hui d'être incolore au point de vue religieux.

Pierre Bion doit être un ancien soldat d'Afrique. L'anneau impérial est un épisode de la persécution sous Maximin, genre Fabiola ; Le doigt du commissaire et La fille de la Pétroleuse, quoique un peu décousus, sont intéressants ; Le troupier Louis Lateur est d'un style un peu tourlourou.

H. de la Blanchère manque généralement d'inspiration religieuse et n'a guère d'œuvres remarquables. Citons : Autour du lac (récit d'aventures) ; Le Père Branchu ; Le trésor de Montcalm (histoire émouvante chez les Peaux-Rouges) ; L'oncle Toble ^< Aventures de la Ramée qui aoxv\i ^^^ \feçi\\s^ ^^ t^^O^^ et de chasse pour les entawla.

286 ROMANS d'adolescents

Mme Stella Blandy. Toutes ses œuvres appartiennent à cette série, excepté Au tournant du chemin ; Bénédicte (excellent) ; La dette de Zééna, qui intéressent plutôt les aînés. Nous citons en outre : La part du cadet (un peu embrouillé) ; Le petit roi (très gentil, mais pas religieux) ; Tante Marise ; La Benjamine; Castelvert ; Dernière chanson ; Mon ami et moi ; Le bouquet d'algues ; D'une rive à Vautre : etc.

Le baron Asper de Boaça (1808-1878), philologue, poète et romancier. Son Calby ou les massacres de septembre, est bien vieux, sans doute : mais il a vieilli, comme les choses qui durent, en prenant desannées, sans prendre de rides, au moins aux yeux de ses nombreux admirateurs.

La baronne Sébastien de Bouard, née en 1858, à Thionville, dans une famille bretonne (Oufïroy de Vérés) dont quatre membres furent condamnés à mort par contumace en 1832, pour avoir pris part à l'insurrection de Vendée sous les ordres de la duchesse de Berry.

Nous énumérons toutes ses œuvres : Anne de Kerlandy (lettres d'une jeune fille du monde) ; Andréa (récit des premiers temps du christianisme) : La fiancée du comte de Vandeilh (scènes de la Révolution) ; Reine de Chanteneuil (scènes de la vie réelle) ; Frère Ange (récit des temps de la Ligue, romanhistorique) ; Les fiertés de Rosema (roman breton, le cœur et le devoir) ; Noblesse oblige ; Le prince Alex (contre le divorce) ; Le bonheur de Florence Daily (dans le dévouement) ; Le prix d'une âme (recueil de nouvelles) ; Le tuteur de Geneviève (id.) ; Les femmes de France (étude historique) ; et plus de 100 nouvelles de propagande catholique.

Bathild Bouniol (.V^WN^^IV^^"^» ^^^'^ '^^'s.\\Ni^'è.%\

tantôt martial, tantôt rustique, toujours intéressant et chrétien : A l'ombre du drapeau (recueil de nouvelles militaires) : La caverne de Vaugirard (nouvelles populaires) ; Les combats de la vie (4 volumes) ; Les marins français ; Je politique ; Quand les pommiers sont en fleurs ; Les épreuves d'une mère ; La famille du vieux célibataire ; Les deux héritages.

Madame Bourdon, (Mathilde Lippens, M^^ Froment, puis) née à Gand en 1817. Résida pendant quelques années à Lille, où son second mari était magistrat ; après la retraite de celui-ci, elle vint se fixer àBailleul, où elle conquit toutes les sympathies par sa charité et son exquise amabilité ; elle y mourut le 22 décembre 1888. Ses ouvrages, essentiellement moralisateurs, se trouvent dans toutes les bibliothèques catholiques. .

Andrée d'Effauge ; Henriette de Bréhault ; Euphrasie ; Léontine ; Le divorce ; Mémoires d'un agent de change ; Rivalité ; Les béatitudes ; Quelques heures de solitude ; Types féminins seront donnés aux plus grandes des jeunes filles.

Parmi ses œuvres qui peuvent être lues par tous, nous citons : Anne-Marie (scènes de la Révolution, triste) ; Antoinette Lemire ; Marthe Blondel ; Parente pauvre (toutes trois pour les ouvrières) ; Denise ; Le droit d aînesse (qui devient un devoir de dévouement) ; Fabienne et son père (triste) ; La famille Reydel ; La femme d'un officier (dans le mariage, les qualités avant la fortune) ; La ferme aux ifs (contre les vanités) ; L'héritage de Françoise ; Le lait de chèvre (une écervelée qui se corrige) ; Le ménage d'Henriette^ (beaucoup lu) ; Le pain quotidien ; Souvenirs d'une institutrice (trop d'argent et éloge de Corinne) : Le Val Saint' Jean; La vie réelle ()\tv ^^% xciK^^xiX'^N Abnégation (recueil de nouveWe^^ \ CalYv^TX-a^ Yle.x>a«>5

"288 ROMANS d'adolescents

(id.) ; Nouvelles variées ; Seule dans Paris (id.) ; Viviane (id.)... etc.

Les enfants liront : Agathe ou la P' Communion.

Meiie Mélan!e Bourottc, née à Vigneulies (Meuse) •en 1832, poète ftt romancière : Au village (peu saillant, pour les ouvriers) ; Confidences de Claudine (3 histoires, pour personnes sérieuses); Tout du long ; Les -conquêtes rurales d'un commandant (littéraire) ; La maison du roi ; La maison forestière (tous deux pour enfants).

Louis Boussenard, né en 1847. Ses romans d'aventures (une vingtaine de volumes) sont intéressants, mais ils manquent totalement d'esprit chrétien. Tels sont, en effet, nombre d'auteurs modernes ; ils promènent leurs observations à travers toutes les magnificences de l'univers, sans saluer ni même rencontrer le divin Créateur ! Lire : Tour du monde d'un gamin de Paris ; Sans le sou ; Les Français au Pôle Nord ; Les étrangleurs du Bengale ; L'enfer de glace ; L'île en feu ; Voyages et aventures de M^''« Friquette ; Le défilé d'enfer; Aventures d'un homme bleu ; Les chasseurs de caoutchouc ; Aventures d'un héritier à travers le monde ; Aventures d'un gamin en Océanie ; Les secrets de M. Synthèse, etc.

Bozena Neinkova a été citée par les Revues -avec Grand'mère, roman de mœurs villageoises, tra- <luit du tchèque, et qu'on dit intéressant.

Mary-Elisabeth Braddon, de son vrai nom

Mistress John Maxvell, romancière anglaise, née

en 1837. Ses romans écrits avec facilité et émotion

tiennent le lecteur en haleine jusqu'à la dernière

page et se distinguent pax VVvoiiiiêit^lé des sentiments.

LâiMKandes personnes UtoiA,^n^c.VûN.^^^\»\ kvxt^-^^i.

Floyde (son chef-d'œuvre) ; L'allée des Dames ; La femme du docteur ; Un fruit de la mer morte.

Quant à ceux-ci : Le secret de Lady Audley (un grand succès) ; Le capitaine du Vautour ; La chanteuse des rues ; Henry Dumbard; Les oiseaux de proie; ^héritage de Charlotte (suite du précédent) ; L'intendant Ralph ; Lady Lisle; Le locataire de sir Gaspard y Le testament de John Marchemont ; La trace du serpent ; Le triomphe d'Eléonor ; Vixen^ etc., ils conviendraient à toutes les catégories de lecteurs, sauf quelques pages passionnées et quelques quolibets inspirés par l'anglicanisme de l'auteur.

Alfred de Bréhat, de son yrai nom Alfred Brézenec, (1823-1866). La jeunesse lira avec profit et intérêt les instructives Aventures d'unpetit parisien et Les aventures de Chariot. Les hommes et dames égés se réserveront L'Auberge du soleil d'or ; Les chasseurs de tigres ; Les chauffeurs indiens ; Le cousin aux millions et les autres.

Le Père Bresciani, S. J., ancien rédacteur à la €ivilta Cattolica, La plupart des romans qui appartiennent à sa collection, racontent les menées ténébreuses du parti révolutionnaire et maçonnique contre le pouvoir temporel du Pape. Bien qu'ils aient perdu un peu de leur actualité, ils jouissent encore auprès du public catholique d'un certain succès. Lire : Le juif de Vérone ; Lionello ; La République romaine ; Dom Giovanni ; Edmond ; Ubaldo et Irène ; Victorin ; Le zouave pontifical ; Ricardo le Franc- Maçon.

Jacques Bret, pseudonyme d'une dame très distinguée dont les œuvres furent autrefois trè^ ^c^xb^^'^^ par les lecteurs du Correspondaul.

290 ROMANS d'adolescents

' On relira avec plaisir La dernière bataille du général Berger ; Eljen ; Livadia ; Messieurs de Cisay ; Vieille Cigale ; quand on aura dix-sept ou dix-huit ans.

Charles Buet (1846-1897) écrivain catholique, s'est signalé par des brochures politiques, des drames et des romans d'histoire et de mœurs, d'une réelle tenue.

Ses romans historiques sont assez exacts, entraînants par leur style, le jeu des passions et le dramatique un peu sanglant des récits. Citons : Le crime de Maltaverne (où le prêtre cependant ne garde pas assez énegiquement le secret de la confession) ; L'honneur du nom ; Hauteluce et Blanchelaine (suite^ du précédent); Madame la connétable ; Le Roi Chariot ; Les Chevaliers de la Croix blanche ; L'hôtellerie du -prêtre Jean ; Le capitaine Gueule d'Acier ; Les gentilshommes de la cuiller \ Morogh à la hache; La mitreet Vépée ; Philippe Monsieur (suspect au point de vue moral) ; Le maréchal du Montmayeur (suite du précédent).

Parmi ses romans de mœurs, Le Péché (romanpsychologique où s'étale toute là hideur du vice, auquel Dieu seul peut remédier, à l'exclusion des épreuves les plus douloureuses) ne convient qu'aux grandes personnes (1). Il en est de même des Contes ironiques et des Contes moqu'eurs.

Les autres ouvrages peuvent être mis entre toutes les mains : Aubanon cinq liards ; Histoires à dormir debout (cinq récits intéressants ; peintures du vice trop saillantes) ; Les rois du pays d'or ; Scènes de la vie cléricale (très bien tracées) ; A bord du Mariotis ;

(1). Il ne faudrait pourtant pas recommander ce livre comme lecture spirituelle aux victimes du péché ; elles seraient portées à conclure que la cou\ct?>\ow est impossible, ou du moinsjggujl difficile.

Histoires cosmopolites ; Les mystères de Villeblanche ; La tour Griffe d'or ; Sous le soleil d'Afrique (recueil d'histoires) ; Légendes des bords du lac d'Annecy ; L'enfance d'un saint ; Médaillons et camées ; Les prem^iers explorateurs au Soudan,

Charles Buet est aussi l'auteur du Prêtre, drame tiré de son roman Le crime de Maltaverne, qui a été souvent représenté sur nos théâtres d'œuvres.

Fernan Caballero, pseudonyme de Cécilia Bœhl de Faber, romancière espagnole (1797- 1877), dont la vie fut très éprouvée et dont la mort fut pleurée dans toute la péninsule.

Dans ses romans pleins de grâce et de délicatesse, catholiques et moraux, elle s'attache surtout à décrire la belle Andalousie, avec ses mœurs et ses légendes.

Nous citons parmi ceux qui ont été traduits en français : Un ange sur la terre ; Clémencia ; Les dettes acquittées ; Fleur des champs ; Rien n'est parfait ici bas ; Un été à Bornos ; La mouette (histoire d'amour, très populaire en Espagne) ; Nouvelles andalouses ; et nous notons que ces trois derniers ne sont pas à mettre entre toutes les mains.

Henri Carrère. Deux œuvres délicieuses : Ma chère Denise ; Guérison (paru dans Le Mois),

Henry Carton de Wiart, député belge, vient de faire paraître La cité ardente (Liège au XV' siècle; nlœurs, guerres, passion chaste).

M™« Marie Cassan* A signaler parmi les œuvres de cette femme-auteur, morte en 1902 : Comment on devient millionnaire (Aventures à la Guyane française) ; Les nouveaux jeudis de Germaine et de Marinette (lettres de petites filles) ; Jacques (,^o\vt ^x^^^cXs^n"^*^ disgrâce ; Le notaire de Lozers ; ôle.

292 ROMANS d'adolescents

M"»* Emilie Carpentier a publié, dans la Bibliothèque rose, différentes nouvelles qui honorent cette collection si mêlée et parmi lesquelles nous remarquons : Maison fermée (excellent) ; Sauvons-le ; Les Jumeaux de Lusignan ; La tour du preux : Les vaillants cœurs (enfance de personnages historiques) ; Les Mémoires de Barbe bleue, etc.

Henri Cauvain est connu du public qui lit, pour ses romans exceptionnellement dramatiques et très bien conduits. Nous ne recommandons pas Le mari de sœur Thérèse et La mort d'Eva ; ils sont du reste bien moins connus que Le ohariot d'or (épisode historique du temps de Charles Vil) ; Le grand vaincu (Montcaim dans la guerre d'Amérique) ; Le roi de Gand (au temps de Gharlemagne) ; Maximilien Heller (histoire très dramatique, un misanthrope qui se rattache à la vie par le dévouement) ; Les proscrits de 93; La main sanglante (dramatique et captivant ; assassinats audacieux, habileté d'un détective).

Paul Cellières, né en 1836, employé au ministère des finances, se tua en 1883, dans un accès de fièvre chaude. Il reste de lui quelques œuvres qui jouissent encore d'une grande estime : Les deux idoles (série de nouvelles) ; Le roman d'une mère (délicieux et humoristique, rappelle Dickens) ; Quant il pleut (historiettes) ; Les mémorables aventures de Jean- Baptiste Quiès ; Le chef-d'œuvre de papa Schmeltz (quelques pages un peu trop hardies pour jeunes filles) ; Une exilée.

Le P. Charruau S. J. Frère et sœur ; i\/e.s parents ; Une famille de brigands; Emilienne ; Vei^s le mariage sont des livres touchants et sincères dont les mères liront plus d'une page à leurs jeunes filles.

i^iuxçois-RENÊ de CTa.a\.e9Lu\itva.Ti.^V^^^v\^^&^^^

le célèbre écrivain, le père du romantisme, l'initiateur intellectuel du XIX*» siècle. Le génie du christia' nisme où l'auteur essaie de réconcilier l'esprit français avec la religion, en lui montrant ses beautés sensibles, est plus séduisant que profond, plus esthétique que convaincant : il renferme du reste des erreurs et des futilités, à côté de tableaux magnifiques. Atala, René, Les Natchez, Le Dernier Abencérage, Les Martyrs, types de romans poétiques, sont trop troublants pour être lus par les jeunes gens.

Nous les signalons cependant ici, parce qu'il a été publié de quelques-uns de ces ouvrages, des éditions corrigées (Vermot, abbé Mullois, etc.) où la richesse d'imagination, l'éloquence passionnée, l'éclat descriptif de l'auteur, restent suffisamment en relief. Lire aussi Pages choisies ; Itinéraire de Paris à Jérusalem.

Mn»« Chéron de la Bruyère, un bon auteur toujours charmant, dont on lira : Cœur d'or ; La jeune indienne ; L^orgueil des Monstrey ; La princesse Rosalba ; Mlle de Bréa; Fleur d'orage (histoire touchante d'une orpheline) ; Vers Vabîme (ravages de la politique dans les familles); Je le veux ; Fluette (pour les petites).

Le marquis Gaspard de CherviUe (1819-1898), chroniqueurdu Temps.ancien collaborateur d'Alexandre Dumas, gentilhomme paysan et veneur émérite. Histoire d'un trop bon chien (un peu trivial) ; Les aventures d'un chien de chasse ; Muguette (quatre nouvelles charmantes) ; Gaspard Vavisé ; Matador ; Le monde des champs ; Récits du terroir; Contes de ma campagne; Les bêtes en robe de cKavcvbx^N V»^» éléphants ; Les oiseaux chauteurs, ^fe\.exvM\^^«^^ ^^ <( tayauts » et de gazouillemenla.

294 ROMANS d'adolescents

Albin de Cigala a voulu, comme d'autres, marcher dans le sillon tracé par Quo Vadis et il a publié Urbi et Orbi.,,. qui est loin de valoir l'ouvrage dont il prétend être la suite et le dénouement.

. M«® Colomb, née Joséphine-Blanche Bouchet, protestante, fille d'un médecin, femme d'un professeur (1833-1892). Ses 30 volumes, écrits pour la jeunesse, manquent souvent d'esprit religieux ; ils sont cependant moraux et beaucoup lus. Le bonheur de Françoise (très bien) ; Chloris et Jeanneton (mariage) ; Deux mères ; Les Etapes de Madeleine ; Franchise (roman de chevalerie) ; Jean Vinnocent (un des meilleurs) ; Pour la patrie ; Le violoneux de la Sapinière ; Sabine ; etc.

Fenimohe Cooper (1789-1851), le célèbre romancier américain. Ses nombreux ouvrages décrivent la vie sauvage en Amérique, et les drames de la forêt indienne, avec un entrain et une puissance d'imagination qui charment encore les lecteurs des deux mondes.

La traduction Defauconpret est complète et ne doit pas être laissée aux jeunes gens : l'adaptation Mame, Ardant, ou Téqui, débarrassée de toutes les longueurs insipides, propres aux romans anglo-saxons, leur fera suffisamment goûter le mérite de ces œuvres : L'espion ; Le tueur de Daims : Le dernier des Mohicans ; La prairie; Les pionniers ;• Le lac Ontario ; etc., etc.

M'i'* Jeanne de Coulomb, une jeune fille qui parle de source la langue des jeunes filles, quand elles savent rester ce qu'elles doivent être. Invisible main ; Croix lumineuse ; Sceptre d'or ; Volonté de roi

(légende de Hongrie) ; Le faulômae de?» Tç^xT-vvo^xUes ;

I^p -— - ^g . gQYit des \\\Tfe^ VciàN^x^^^ ^^ ^^>MÎ\^^'$.

-et de frissons, où brillent de beaux caractères et de belles leçons.

Edmond Coz, de son vrai nom M*»* Boudeville,

femme d'officier de cavalerie.

Elle débuta par Paganisme, œuvre de forte documentation qui n'est pas destinée à la jeunesse, et par <le nombreux articles historiques... Elle a publié depuis, outre sa collection de plaquettes religieuses, des romans remplis d'imagination et de leçons : Frère Vâne (scènes de grèves, enfants des victimes) ; La meilleure route (récit dramatique, contre les alliances cosmopolites en honneur dans les familles françaises] ; Luttes d'âmes (l'écrivain catholique et l'autre ; afTabulation originale) ; L'une et Vautre (deux jeunes filles ; le jeune homme choisit la coquette, pour son malheur) ; Sol natal (apothéose de la terre qui vivra) ; Fatal orgueil (couronné par l'Académie, mariage) ; Face au péril (événements de Russie, la monarchie triomphant par l'énergique bonté, très actuel) : Les derniers Montforzal ; Le fils de Stenio Morelli ; etc., etc.

MiSTRESS CumminSf romancière américaine, (1827-186G) qui obtint un immense succès, avec son célèbre roman social : L'allumeur de réoerbères ; Mabel Vaughan ; Les cœurs hantés : La rose du Liban ^ etc., qui furent traduits dans plusieurs langues. Le premier surtout respire une compassion touchante : iiette histoire d'enfant abandonnée (Gertry), chez laquelle le bon vieux Turc allume le sentiment chrétien, captivera toujours les lecteurs des deux mondes.

Danrity pseudonyme de M. Driant, ancien commandant des chasseurs à pied, gendre d». %^\\fe.rai Boulanger, rédacteur au gtatv^\o\rcxviîWî^^^'^'^- La guerre de demain *, LHn'oasiou -aolTe ; V-^ q^x.^*^*^

Page 1