‹ Romans à lire et romans à proscrire; essai de classification au point de vue moral des principaux romans et romanciers de notre époque (1800-1914) avec notes et indications pratiquesChapitre 2 sur 35 · I. — JOURNAUX & REVUES · texte numérisé non relu

I. — JOURNAUX & REVUES

Les Etudes (5 avril 1905, page 132).

Voici un livre que nombre de g>ens attendaient • t qui provoquera chez eux un cri de satisfaction a Enfin j'ai trouvé ! »

Dans un certain monde irrémédiablement frivole. dédaigneux ou ignonint du devoir moral, il est de foi qu'on lit ce qi^on veut. Les blasés ou simplement les adultes n'y 4idmettent l'ingén-nce d'aucune autorité restrictive de leur caprice : il n'y a. jKniv eux, sur ce point, ni loi naturelle, ni loi ecclésiastique.

L'Index qui défend à t«)ut chrétien, jeune ou vi«ux,

DES PRECEDENTES EDITIONS o

soit par des condamnations nominatives, soit par des règles générales, la lectune des imprimés, livres ou périodiques contraires à la foi ou aux bonnes mœurs, est pour beaucoup lettre morte : <( Simple direction pour les timorés », disent d'un ton suffisant ceux qui en soupçonnent l'existence. Même parmi les chrétiens ou soi-disant tels, combien ne savent p.^s que Y Index comporte une obligation stricte et grave, dont une dispense régulière, obtenue dans certaines conditions fixées d'avance, peut seule les affranchir.

Pour les jeunes gens de seize à dix-huit ans, garçons et filles, transportés queUfuefois subitement au seuil de la vie réelle avec la soif plus ou moins consciente de voir, de savoir et de jouir, la première tentation et le grand danger, c'est enowe la lecture sans règle et sans frein des romans. Que de j)auvres jeunes âmes se sont perdues par là, et que de I)aretits auront à répondre devant Dieu d'y avoir contribué par leur faiblesse ou leiu* imprudence !

Oh ! nous connaissons les raisoTis spécieuses par les(iuelles certains i)apas philosophes et certaines mamans candides (ces dernières sont souvent les plus terribles !) essayent de justifier la liberté pré- (îoce qu'ils donnent à leurs enfants. Sïls étaient prêtres et confesseurs, ils penseraient différemment. Sans doute, il est bon (disons le mot) de déniaiser la jeunesse, mais pas de trop bonne heure, mais pas imprudemment, mais pas au prix do la délicate rt charmante fleur de pureté.

Qui ne connaît ces beaux vers :

Le cœur de l'homme vierge est un vase profond ; Lorsque la première eau qu'on y verse est impure, La mer y passerait sans laver la souillure, Car l'abîme est immense — et la tache est au fond.

L'infortuné Alfred de Musset parlait d'expérience et son témoignage attristé demeure une leçon toujours nécessaire.

M. l'abbé Bethléem rappelle tous ces principes et d'autres, très opportuns, sous \me forme exacte et vivante : c'es un premier service qu'il rend aux parents et aux jeunes gens.

. Mais, évidemment, l'avantage capital de son livre est l'essai de classification, le catalogue raisonné qu'il établit des romans à lire et des romans à pros-

h PRÉFACE

crlre. Il croit que les romans sont entrés dans les mœurs modernes, à tel point que. n'étant plus possible de les ■exclure en bloc, il faut se résigner à faire un triage entre les mauvais et les autres, en souhaitant que le talent des romanciers honnêtes (il y en a plus qU'On ne le pense) détrône avec le temps les romanciers à réclame malsaine. Nous ne voulons pas y contredire.

Pour rendre son travail vraiment pratique, il emprunte la division de Dante

Ce travail, aussi consciencieux que méritoire, réalise-t-il la perfection et ne laisse-t-il aucune place à la critique ? L'auteur n'a pas cette prétention ; il demande qu'on lui aide par des avis bienveillants à parfaire son œuvre pou.r le bien des âmes, et cest déjà une preuve de vrai mérite.

Les directeurs de conscience et les parents devront encore mettre du discernement dans l'usage qu'ils en feront. Mais, tel qu'il est, nous n'hésiterons pas à conclure que le livre de M. l'abbé Bethléem répond à un grand besoin do notre temps et nous lui souhaitons beaucoup de lecteurs.

P. P. BmCKER.

U Univers (12 avril 1905). Un autre article a paru dans le n" du 10 juillet 1905.

M. l'abbé Louis Bethléem, vicaire à la cathédrale de Cam])rai, a fait jiaraître, il y a quelques semaines, en cette ville, à la librairie Masson, un petit li\Te intitulé Romans à lire et Bomans à proscrir,', <iui offre un premier mérite et bien rare dans une époque où tout le monde écrivaille, où tous les sujets paraissent épuisés : le mérite d'avoir réalisé une idée que beaucoup peut-être avaient conçue avant lui ou 'en même temps que lui. mais que personne encore, que je sache, n'avait réalisée.

Son ouvrage n'est pas \ui recueil de réflexions morales et de conseils aux jeunes gens, bien qu'il soit dicté par une inspiration essentiellement morale et qu'il offre une quantité de l)ons conseils. Ce n'est pas non plus un travail de critique littéraire, bien

[ue, çà et là, certains mots piqués sur certains au- H'Uï-s, révèlent chez M. Tabbé Bethléem un jugem-ent sûr et un goût avisé.

Non, le iDut de l'auteur a été plus modeste et plus simplement pratique. 11 a voulu faire « un ^ssai de classification au point de vue moral des principaux romans et romanciers de notre époquô (1800-1904), avec notes et indications pratiques ».

Labeur énorme et difficile, qui exigeait non seulement une longue patience, mais encore et surtout, une grande délicatesse de doigté, une remarquable fenneté de sens ! D'ailleurs, M. l'abbé Bethléem avoue modestement que de précieux collaborateurs l'ont secondé dans cet effort qu'un homme seul, et chargé d'œuvres, n'aurait pu conduire à bonne fin.

Dirons-nous que sa classification est complète et parfaite ? Un travail de ce genre ne -peut ni arriver à la perfection, ni éviter toute omission. Il suffit que, dans son ensemble, il soit fait avec beaucoup de conscience et de réflexion. Le livre de M. l'abbé Bethléem est très réfléchi, très consciencieux.

Il était faH pour combler une lacune ; et il la comble à merveille.

Désormais, cet ouvrage sera l'indispensable complément de toutes les bibliothèques de paroisses, de cercles, de patronages, etc.. et nous dirons volontiers de toutes les bibliothèques familiales. Le jeune et zélé vicaire de la 'cathédrale de Cambrai aura cet honneur pofh commun d'avoir fait un livre classique. F. V.

La Croix du Nord (20 décembre 1904). Un autre article a paru dans le numéro du 30 juin

C'est faire œuvre d'hygiène publique, œuvre

éminemment salutaire que de tenter une classification entre ces mets ; car personne ne s'en passe, et pour un empoisonnement intellectuel et moraj dont nous apercevons les ravages, des milliers se produisent qui échappent à l'observation : des phénomènes de dégénérescence, de corruption, ne tardent pas à révéler ces catastrophes des âmes.

^ PRÉFACE

Prévenir ces malheurs et ces ruines, voilà le but que s'est proposé l'auteur, éclairé et consciencieux, d'un travail considérable, non par le nombre de pages, mais par la quantité de renseignements... . Aux pères et mères de familles, à t-outes les personnes en situation de donner des conseils, curés, confesseurs, professeurs, à tout homme enfin soucieux de ne pas se risquer dans une atmosphère de pestilence ou simplement dangereuse, il est précieux d'avoir sous la main 'un guide sur... *

Le Mois littéraire et pittoresque (août 1905).

Un livre qui aurait pu facilement devenir ridicule et qui est, au contraire, tr^ intelligenmient construit ! On le conseillera avec profit dans les familles chrétiennes.:. Pour organiser ce catalogue, l'auteur a dû s'imposer un travail énorme et délicat. On l'excusera donc de n'être pas complet...

Il faut noter que les appréciations courtes que M. l'abbé Bethléem porte sur les romanciers qu'il connaît sont généralement fines, spirituelles et d'un goût très sûr. Son livre est ainsi d'une^ lecture aussi agréable qu'utile... Il faut l'en féliciter..

La Revue du Clergé français (15 septembre 1905).

C'est un ouvrage que tous leè ecclésiastiques,

et particulièrement les directeurs d'âmes, les prêtres chargés de patronages, de cercles, de conférences, de bibliothèques paroissiales ou scolaires, doivent avoir continuellement sous la main et consulter sans cesse. Le livre de M. l'abbé Bethléem leur fournira toutes les indications utiles. J'ajoute avec plaisir que M. Bethléem fait prouve, en même, temps que du tact sacerdotal le plus délicat, d'un goût littéraire sûr et d'uii esprit avisé et ouvert... P. Despreux.

Le Polybiblion (septembre 1905).

Laiitrur ne me croirait pas^-v^i

pour lui faire plaisir que son livre est parfait. Il accuse "d'abord beaucoup de lacunes, in classification est un peu flottante et imprécise, et enfin toutes les appréciations ne me paraissent nas parfaitement justes. L'auteur invoque, d'une façon peutêtre un peu exclusive, le témoignage du journal L'Univers, et de la revue UAmi du Clergé, qui, à certains points de vue, sont un peu suspects... L'auteur aurait dû étudier de plus près la collection des comptes-rendus de romans publiés depuis tout près de quarante ans par Le PoUjbHMon (1)... Je lui conseille aussi d'élaguer toutes les réflexions parasites, ([ui témoignent de l'esprit de l'auteur, mais ne sont d'aucu/ie utilité pour le lecteur qui ne veut pas ([u'on le distraie ou qu'on l'amuse...

Edouard Pontal.

Cosmos, revue polyglotte d'Amsterdam (octobre. 1905).

....Que de fois, amis de la langue française qui parcourrez ces lignes, n'avez-vous pas été en peine, lorsque vous vouliez faire lire à votre fils qui sortait du lycée, ou à votre fille jeune encore^ -un roman français moderne, intéressant, bien écrit, et surtout chaste î Que de fois, en Hollande et en Allemagne, les professeurs des Ecoles supérieures de jeunes filles ou les iparents ne m'ont-ils pas demandé conseil à ce propos ! Je pouvais citer quelques titres, mais relativement peu. Car donner une liste, non pas complète, mais un peu riche, suppose des lectures nombreuses, presque innombrables...

L'ouvrage de l'abbé Bethléem n'est pas parfait, mais il est assez bon pour ôter le désir de le recommencer... C'est un ouvrage utile pour des recherches sur la littérature française, en même temps qu'un guide pour les lectures. Voilà pourquoi je demande à M. l'abbé Bethléem de corriger un peu son livre et de le tenir au courant. Si j'ose

(i) Nous avons passé en revue depuis et utilisé dans cette édition les précieux . renseignements du Polybiblion. Ils sont fort incomplets et un peu suspects, mais ils nous ont rendu de réels service^, iiou le reconnaissons très volontiers.

^ PRÉFACE

Ven prier, c'est que nous avons affaire à un esprit nii\>M"t et lil)éral.

Henri Bornecque, jdolt'sseiir à TUniversité de Lille.

La Civilta cattolica de Rome (T' juillet 1905).

D'après tout ce que nous venons de dire, cha-

ruu peut voir Timportance de l'ouvrage et les grands services qu'il est appelé à rendre à la jeunesse, aux confesseurs, aux professeurs, aux bibliothèques cir- ^^uJant'CS et particulièrement à 'leurs directeifrs.

La Revue théologique française (octobre 1905).

Pour recommander ce livre dans cette revue, il suffirait d'en écrire le titre en gros caractères : pas un prêtre, pas un directeur de consciences, pas un organisat-eur de bibliothèques paroissiales ou scolaires qui ne crût, en le lisant, avoir découvert îe volume longtemps rêvé et cherché sur les romans à lire et les romans à proscrire.

Le livre de M. Bethléem tient encore plus qi. 7>romet...

P. Galtier.

L'Ami du Clergé (16 novembre 1905).

Inutile de souhaiter bon succès à cet ouvrage, le succès lui est acquis déjà... Succès inespéré peut- Hrç, mais bien mérité... le livre est indispensable à tous ceux qui s'occupent de bibliothèques paroissiales...

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