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Romans

Les romans qui composent ce vokime sont les mêmes que ceux qui se trouvent dans notre édition de 1840 ; seulement, nous avons rétabli entre ces divers morceaux Tordre chronologique de publication, afin de faire mieux apprécier les développements et les évolutions successives du talent de Nodier ; de plus, nous y avons ajouté la remarquable étude intitulée des Types en littérature, pour donner la poétique de l'auteur comme romancier.

Ce volume, dans sa composition définitive, présente un double intérêt, Tun absolu qui résulte du mérite de l'œuvre en elle-même, l'autre relatif et qui se rattache à l'histoire littéraire de notre temps.

« Le roman moral, a dit avec raison un éminent critique, ce genre de littérature presque absolument inconnu à Tantiquité, est presque l'expression la plus vivante et la plus fidèle de notre civilisation moderne : il est l'histoire privée de la société, tandis que l'histoire elle-même n'est que la peinture des hommes publics et des événements extérieurs. De plus, ce reproche fait par un homme d'esprit à la nation française, de n'avoir pas la tête épique, appartient un peu à tous nos peuples modernes, si enfoncés dans les intérêts matériels de la vie, si en-

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f ravés, si préoccupés de tous les soins de leur civilisation élégante et industrieuse. Il faut le dire, le roman éloquent, le roman pnssionné, le roman moral et vertueux, est, sous certains rapports, le poëme épique des nations modernes. Sans doute ce nom ne sera réservé que pour un bien petit nombre de romans privilégiés, mais il le méritent. De même que cbez les peuples poétiques de l'antiquité, au milieu de cette vie toute musicale qui les transportait sous leur beau climat, les chants conservés de quelques bardes ravissaient les imaginations ; ainsi, dans notre vie à la fois plus sociale et plus oisive, ainsi dans nos mœurs de salon substituées aux mœurs de Y Agora et du Forum, quelques-unes de ces inventions savantes, ou spirituelles, ou passionnées, qui régnent dans les romans, préoccupent tous les esprits et produisent presque Timpression que ces chants populaires des premiers lemps faisaient sur les âmes plus naïves des nations antiques*. »

Adèle, Thérèse Auhert, sont sans aucun doute du petit nombre de ces romans privilégiés dont M. Vjllemain parle en si bons termes, et si notre rôle d'éditeur faisait suspecter nos éloges de partialité, les nombreuses éditions qui ont été faites de ces productions charmantes répondraient suflisamment pour nous Le public ne se lasse point de les lire, et, comme le talent de l'auleur, il semble qu'elles s'embellissent avec les années, car on l'a dit justement à propos de Thérèse Aubert, lesdivines aspirations de la jeunesse restent éternellement jeunes et fraîche .

Considérés au point de vue de l'hisloire littéraire, les romans de Nodier, et principalement le Peintre de Salhhourg et Jean Shogar, méritent aussi de fixer l'attention. I.e Peintre de Sallzbourg, qui date de 1803, se rattache à 3aint-Preux; mais, ainsi que l'a remarqué M. Sainte-Beuve, à Saint-Preux germanisé, vaporisé, werihérisé, et ce roman est en quelque sorte le trait

» Villemain, Courti de lit/érature fra\içaise, tableau du dix-huitième çiêcle, 11* partie, v leçon.

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