‹ RomansChapitre 2 sur 16 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

d'union qui joint Técole des novateurs littéraires du dix-liuititme siôcle à l'école des novateurs du dix-neuvième. Nodier y conlinue, en assombrissant certaines couleurs, et en se détournant de la philosophie pour se reporter vers la foi, ce mouvement romantique qui 'commence à poindre avec les drames de Diderot, de Mercier, les traductions de Letourneur elles préfaces de Bonneville.

Jean Sbogar, qui est aussi une innovation, présente en même temps à la curiosité un altrait d'un autre genre, en ce qu'on y trouve, annoncés comme dans une prophétie littéralement réalisée, tous les axiomes de cet esprit de paradoxe, de cette misanthropie antisociale qui domine aujourd'hui tant de cerveaux envahis par des idées maladives. Les Tablettes de Lotha" rio ne sont que la critique anticipée des doctrines désolantes propagées de notre temps comme une contagion intellectuelle, et pour.que l'analogie soit plus frappante, Nodier a eu soin de dire que dans ces tablettes fatales plusieurs lignes étaient édites avec du sang. C'était sans doute cette divination mystérieuse et confuse d'un avenir obscur encore, mais déjà menaçant, qui, dans l'exil de Sainte-Hélène, attirait sur Jean Sbogar l'attention de Napoléon. C'est elle aussi qui rend aujourd'hui à cetleœuvre, vraiment téméraire à l'époque où elle fut écrite, un intérêt nouveau.

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