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LES AVENTURES D'UNE FLEURISTE ET D'CJN ÉTUDIANT

\e ne sais où, lorsque dans la rue Marie-Stuart il vit d'aventure, en levant la tête, M^ie Anaïs qui arrosait des capucines sur une fenêtre du second étage.

Adolphe Lebrun était un étudiant en droit d^assez bonne illure , flottant de çà de là entre la fumée du cigare et la musique de la Cbaumière.

MWe Anaïs était une fleuriste verdoyante, jolie, agaçante, jetapt au vent sa jeunesse et son amotir. Sa mère lui £^vait taisçé pour héritage de grands yeux noirs ^mirablement sournois et une bouche pleine de perjes , de spurires et de baisers.

Hélas ! ce corps charmant renfermait une ame perverse : la plus douce femme est amère ; ne buvez pas le fond de la coupe. M"e Anaïs était le refuge bfun et rieur des sept péchés capitaux ; mais, comme à Madeleine, il lui sera beaucoup pardonné, parce qu'elle a été beaucoup aimée.

Et d'ailleurs , dans les sept péchés capitaux, n'y en a-tii pas cinq au moins que nous traitons en péchés véniels, cinq qui sont des attraits de plus pour les femmes?

Or, à Pinstant même où M. Adolphe lorgnait M^ie Anaïs, où M"e Anaïs accrochait à ses regards le cœur de tous les passans, — qui levaient la tête,— une couturière perchée à une fenêtre voisine se mit à crier en regardant la fleuriste : « Bonjour, Anaïs ! »

M"« Anaïs répondît dédaigneusement , comme doit faire une fleuriste qui parle à une couturière : « Bonjour, Olympe. »

Et elle disparut tout d'un coup, pour ne pas se compromettre avec une pareille voisine! «Vive l'amour ! dit Adolphe en s'éloignant ; je sais le nom de la belle : — Anaïs ! En chasse, morbleu ! »

A mademoiBeUê Anaï$j fleuriste^ rue Marie-Stuart, i%

tt Mon CfiBB ANGE,

«Vous êtes belle comme l'aurore ; je vous ai vue ce matin à votre fenêtre , arrosant des capucines, et tout d'un coup je vous ai aimée. Savez-vous le latin ?

NuDC ad te, mea lux, veniat mea littore navis Servata, an mediis ei dat onusta Tadis.

La fenêtre était fleurie, mais vous étiez la plus belle fleur do bouquet. Mon cœur bat violemment, ma tête s'égare : ayez pitié de moi! Si je ne vous rencontre pas à la brune, par hasard, dans le passage du Grand- Cerf, je ne sais ce que je deviendrai.

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