VENISE
▲ VIOLAHTB, FII4LE ^E PALMA, IIAIT|IES8S Œ TITiBN.
Poème que Titien jusqu à sa mort chanta, fille dePalma! Violante adorée, Folle œuvre du Très-Haut par le soleil dorée Comme un pampre lascif qu'arrose la Brenta!
Fleur de la volupté, superbe Violante, Ton nom vient agiter la lèvre avant le cœur« Tu soulèves l'amour sur ta gorge brûlante Où les pâles désirs s'abattent tous en chœur.
fille de TAntique et de la Renaissance, Espoir des dieux nouveaux, souvenir des anciens^ Païenne par Féclat et la magnificence, Histoire en style d'or des amours vénitiens.
Sur le marbre un peu blond de ton épaule altière. Que j'aime tes cheveux à longs flots répandus! Dans ces spirales d'or que baigne la lumière Que de fois, en un jour, mes yeux se sont perdus!
Palma faisait de toi sa plus pure madone,
La vierge de quinze ans t'adore en ses tableaux,
Titien faisait de toi Madeleine qui donne
Son cœur et ses seins nus> ses trésors les plus beaux
femme tour à tour chaste comme Suzanne Et faible comme Hélène, — Idéal, Vérité, — Viens me dire pourquoi, divine courtisane, Pourquoi Dieu t'a donné cette ardente beauté?
C'est qu'il faut que le cœur à l'esprit s'harmonise; Titien cherchait encor les sentiers inconnus : Pour qu'il eût du génie, ô fille de Venise, Tu sortis de la mer comme une autre Vénus.
Dans tes yeux noirs et doux sa gloire se reflète. Car cet ov qu'on croirait au soleil dérobé.
Ces piismes, ces rayons, ces fleurs de sa palette. Par un enchnniement, de tes mains ont tombé.
)ui, grâce à toi, Titien réalisa son rêve :
sans l'amour à quoi bon les splendeurs de Tautel? resl par la passion qu'il devint immortel :
Oieu commence Fartiste et la femme Tachève.