LES COURTISANES
Jean-Jacques Rousseau a été pour ainsi dire arahassadeur à Venise, puisque M. de Montaiga abandonnait tout, moins les appointements, à son secrâaire. Dans les Confessions, d'où Tient qu'on ne trouYe pas une seule page pour peindre la YÎUe des doges telle qu'elle apparut aux yeux du philosophe de Genève ? Pas un mot de Titien ni de Véronèse, ni des palais, ni des tableaux. Aux XTii« et x?iii* siècles, l'art ne pénétrait plus dans la littérature. Winckelmann disait : « Les écrivains ne sont pas plus en état de parler des tableaux ou des statues, que les pèlerins ne le sont de faire la description de Saint-Pierre de Rome; » On avait la foi, on n'avait pas les yeux. Jean-Jacques ne savait voir que les montagnes , les forêts et les lacs. On doit toutefois reconnaître que Rousseau a peint, avec la palette du Padouan, un portrait de courtisane vénitienne ; regardez :
ce Je vois approcher une gondole. ^ Prenezgarde k vous, voici l'ennemi. La gondole aborde : une fille éblouis.sante, brune de vingt ans, coquette et vive, vint s'asseoir à c6lé de moi et me