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CHAPITRE XIV

les goélands volaient autour d'elle, et les flots montaient toujours.

Madame de Belnave crut voir les cieux s'entr'ouvrir pour la recevoir. Elle crut entendre d'autres concerts se mêler aux chants des sirènes.

— Viens, disaient des voix qui descendaient dii ciel ; nous avons été des âmes désolées comme toi , comme toi, nous avons aimé, nous avons pleuré, nous avons bien souffert ; mais la mort nous a délivrées, et nous avons trouvé l'amour, vainement cherché sur la terre. Viens ! ici le bonheur est sans fin et la jeunesse est éternelle. Viens aimer avec tes sœurs.

Les flots montaient, montaient. Déjà leurs lèvres humides venaient baiser les pieds de Marianna. Déjà la vague, déferlant sur elle , enflait les plis de son manteau. Il y eut un instant où l'une d'elles, heurtée par la lame qui s'en retournait , la ramena violemment sur la grève, et sauta, comme une hyène, sur madame de Belnave, qu'elle enveloppa tout entière. Elle poussa un cri, et, l'instinct de la conservation s'éveillant, elle essaya de se débattre sous ces terribles caresses ; mais les lames piétinaient sur son corps, et soulevaient son pâle visage, pareil à ces belles fleurs que nos rivières étalent sur leurs eaux. C'en était fait de Marianna, quand, tout à coup, deux bras vigoureux la soulevèrent et la déposèrent évanouie sur le rivage.

Au bout de quelques instants, un souvenir confus de ce qui s'était passé lui traversa l'esprit : elle sentit ses vêtements mouilles , elle appuya ses

mains sur son front comme pour fixer ses pensées; puis, regardant autour d'elle, elle aperçut Henry qui la contenjplait.

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