‹ Romans grecsChapitre 64 sur 179 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Héros, et d'établir que désormais ces cérémonies seront accomplies, par nous, aux frais du trésor public. »

XXI. » Pendant qu'on applaudissait à ces propositions, et qu'un décret du peuple les sanctionnait, «Votez encore ceci, dit le stratège, si vous le trouvez bon : que désormais la prêtresse ne serve plus de but ^ la course armée : car c'est là, je n'en doute pas, ce qui a enflammé Théagène d'une passion impie ; c'est là, croyezmoi, que, dès la première vue, il a conçu la pensée de l'enlèvement : il convient donc de prévenir pour l'avenir quelque tentative semblable. » Le peuple, à l'unanimité et d'une seule voix, approuva cette mesure. Alors Hégésias donna le signal du départ ; la trompette sonna l'alarme, on quitta le théâtre pour la guerre, et chacun s'empressa de courir de l'assemblée au combat. Non-seulement les hommes armés et dans la force de l'âge, mais une foule d'enfants et de jeunes gens, confondus avec eux, suppléant à la vigueur par le courage, prenaient part avec enthousiasme à cette poursuite. Nombre de femmes même, enflammées d'une ardeur virile au-dessus de leurs forces, faisaient armes de tout ce qui leur tombait sous la main, et s'efforçaient de s'associer à l'élan général; vain effort ! l'impossibilité de suivre les guerriers les forçait à reconnaître la faiblesse naturelle de leur sexe. Vous eussiez vu même le vieillard lutter contre la vieillesse, entraîner pour ainsi dire son corps par l'énergie de la pensée, et, aiguillonné par l'enthousiasme, lui reprocher sa faiblesse. Tel était l'excès de la douleur où plongeait la ville entière l'enlèvement de Chariclée : elle s'était levée en masse, comme transportée par un même sentiment, et, sans attendre le jour, s'était élancée instantanément à la poursuite des ravisseurs.

124 THKA6ENE ET CllAlUCLEE.

Page 1