II. Trois Idées Politiques, chez Champion, éditeur, Paris
Première édition : 500 exemplaires ; Novembre 1898 ;
Deuxième édition, corrigée, à 3.000 exemplaires, même éditeur; 1912.
Ces différents ouvrages sont réunis dans la présente édition définitive.
Le présent exemplaire appartient à l'édition définitive, qui comporte une préface commune rédigée en mai 1922.
Le bon à tirer a été donné le 20 mai 1922 à 5 000 exemplaires sur vélin teinté des Papeteries Navarre, numérotés de 1 à 5 000, et à 50 exemplaires sur vélin teinté pur fil Lafuma, numérotés de I à L.
Nous remercions notre excellent confrère M. Edouard Champion, éditeur à Paris, qui a bien voulu nous autoriser à reproduire, dans cette édition définitive, Trois Idées Politiques dont la première édition avait été faite par les soins du regretté Honoré Champion en 1898.
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J'ai réuni* sous le titre qui leur convient le mieux, deux ouvrages parus en 1898 et en 1904. Ils sont classés dans ce recueil par ordre d'importance, mais leur suite chronologique forme aussi leur suite logique et l'on fera bien de lire les Trois idées politiques, que l'on trouvera page 237, avant l'Avenir de V intelligence, qui se présente page 27. Mon premier opuscule est contemporain de la dernière de nos révolutions, la révolution dreyfusienne ; il contribua peut-être à rallier les éléments de la réaction qui suivit. L'autre ouvrage fit sa partie dans cette réaction. Tous les deux sont formés de monographies discontinues mais concordantes. Qu'elles traitent de l'anarchie, de la démocratie ou de la ploutocratie, du pur positivisme ou de l'empirisme organisateur, qu'elles s'appliquent à Chateaubriand ou à Comte, à Michelet ou à Sainte-Beuve, aux monstres délicieux du romantisme féminin ou à cette Jeune Captive qui ramena Louis XVIII, l'analyse y converge à la même synthèse explicitement formulée : l'essentiel en est dégagé dans le petit discours-programme final qui est intitulé Y Invocation à Minerve.
Il y manque toujours un exposé d'histoire politique et littéraire qui serve de raccord à ces membres épars. Cependant, de ce quart de siècle, je n'ai pas quitté le sujet : livres, revues, journaux, leçons orales, rien de mon effort n'a servi qu'à faire la même lumière sur la même erreur capitale. Maintenant que je lie la gerbe, il siérait de donner au moins l'idée de la multitude des explications latérales apportées au thème central.
Je le ferai peut-être un jour pour combler des vides criants. Mon étude du romantisme appelle un examen de ses principales victimes. Ce qui concerne George Sand et Musset ayant trouvé place dans mes Amants de Venise, il faudrait un« Lamartine »
et un « Hugo », peut être même, en vis-à vis, un Maistre, un Bonald, un Renan. Enfin ne vaudrait-il pas la peine de prévenir les malentendus épineux par un double regard sur l'art classique en général et l'art classique du grand siècle, ne serait-ce que pour montrer que des cercles concentriques ne sont pas des cercles égaux ? Ainsi s'éclairerait ce qui est par ce qui a été, distingué de ce qui doit être.
Rien n'est fait aujourd'hui, loul sera fait demain !
Pour échapper au vain excès de confiance, disons que ces promesses renouvelées d'André Chénier sont grevées de toutes les servitudes de l'avenir. Et voyons ce qui est acquis.