‹ Romantisme et révolution. Éd. définitive, avec une pref. nouv., de L'avenir de l'intelligence, suivi de Auguste Comte, Le romantisme féminin, Mademoiselle Monk, L'invocation a Minerve [et] Trois idées politiquesChapitre 87 sur 112 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Je ne traite pas de Chateaubriand, de Michelet, ni de Sainte- Beuve ; mais on n'a point traité de Sainte-Beuve, de Michelet, ni de Chateaubriand dans les solennités dont ils ont fourni le prétexte.

Je veux parler de ce qui fut l'unique sujet des discours et des écrits publiés à propos de ces trois écrivains. Je dirai quel sens politique peut être sans erreur prêté à leurs ouvrages. Ce n'est pas de ma faute si on leur en a prêté un.

Que les partis en quête d'un aïeul représentatif se trompent parfois de grand homme, je n'y peux rien non plus ; ils m'auraient épargné de relever l'erreur s'ils l'eussent d'abord évitée. Comme disent les philosophes, tout cela m'est donné. Mais, sur cette donnée, je me préoccupe d'avoir raison ; il me semble douteux que ces réflexions souffrent de conteste sérieuse.

La vieille France croit tirer un grand honneur de Chateaubriand, elle se trompe. La France moderne accepte Michelet pour patron, mais elle se trompe à son tour. En revanche, ni l'une ni l'autre des deux Frances ne nous montre un souci bien vif de Sainte-Beuve ; c'est encore une faute, un Sainte-Beuve peut les remettre d'accord.

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