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cependant qu’après avoir vu une vingtaine de monuments secondaires. Tels étaient le vieux temple, le Lavacrum, ou réservoir d’eau sainte; le colosse d'Apoilon; le parvis de Bellone , édifié par Appius l'aveugle , sous lequel s'élevait la lance sanglante toutes les fois qu’on déclarait la guerre; le temple d’Hercule le Grand, voué par Sylla; celui d'Herculc, ami des Muses, dédié par Fulvius Nobilior; ceux de Vuleain, de Neptune, de Junon reine, de Diane, de Castor, de Mars, de Vénus Victorieuse, de la Fortune équestre, de la Victoire, du bon Événement, les Thermes d’Agrippa, et ces édifices à la noble architecture, jardins, basilique, portique, curie, atrium et palais, qui proclamaient, du haut de leurs grandes colonnes, la gloire de Pompée.
Personne ne passait devant le Cirque, dont le malheureux Flaminius, battu par Annibal au lac de Trasimène, avait jeté les fondements, sans visiter l’autel de Neptune qu’on vit jadis baigné d’une sueur merveilleuse, et le temple de Vuleain que défendaient des chiens sacrés aboyant seulement aux parjures.
Après ces deux monuments de la crédulité païenne , on trouvait le Panthéon : Marcus Agrippa L. F., consul pour la troisième fois , fccit. Cette inscription, incrustée dans la frise de la façade, disait alors, comme elle semble le dire éternellement aux générations et aux siècles : C’est le gendre d’Auguste qui, vingt-cinq ans avant la naissance du Christ, a fait dresser sur leurs bases de marbre blanc les seize colonnes de granit rouge oriental de ce portique ; c’cst lui qui a jeté dans les airs cette voûte immense de briques d’ordre corinthien , haute de cent trente-huit pieds et d'une largeur égale à son élévation. C’est à un signe de sa main que s’est ouvert au front de la voûte, pour éclairer tout l’édifice, cet œil cyclopéen de trentesept pieds de diamètre , auquel on monte par un escalier de cent quatre-vingt-dix degrés. Mais de quel cerveau jaillit ce plan sublime ?... qui a bAti le monument?... Est-ce Vitruve ? était-ce un Grec ?... Voilà ce que l'orgueil jaloux d‘ Agrippa dérobe à la postérité. Singulier destin que leurs époques marâtres font souvent aux grands hommes ! Comme les beaux arts n’étaient cultivés à Home que par des esclaves , c’est peut-être quelque malheureux sorti de l'ergastulum d’Agrippa qui, après avoir été l'architecte du Panthéon, vit, en mourant inconnu, briller au fronton du temple immortel le seul nom de son maître !
Dédié à Jupiter Vengeur, le Panthéon renfermait les statues de tous les dieux, rangées dans l'ordre suivant : celle de Jupiter d'abord , dans l’arcade du fond, en face de la porte; celles des dieux célestes, dans les enfoncements du mur, tout autour du temple ; celles des dieux terrestres, dans les espacements des colonnes, et celles des dieux infernaux sous le parvis. Ni Agrippa, ni son beau-père Auguste, n’avaient osé se mêler à ce sénat divin ; leurs statues étaient dehors, dans les deux niches latérales de la porte , dont les piédroits , l'architrave et le seuil , quoique d'une hauteur extraordinaire, ne sont formés que d'une seule pièce de marbre africain; des bas-reliefs ornaient cette porte, toute de bronze; les poutres du plafond étaient revêtues de plaques épaisses du même métal. S'il faut ajouter foi au récit de
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