‹ Rome ancienne et moderneChapitre 158 sur 428 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

battait l'air & coups redoublés pour effrayer ses concurrents. Vain espoir I Au milieu de ces passes, il arrivait un combattant. Ses muscles athlétiques, ses os saillants, ses poignets de fer et sa taille énorme s’élevaient au milieu de l'arène. Tout en admirant leur vigueur, les esclaves du cirque leur enlaçaient aux bras deux cestes égaux, et les mettaient en présence. A l’instant ils s'affermissaient sur leurs jarrets, ils tendaient leurs bras et rejetaient vivement la tête en arrière. Mille coups étaient Itorlés avec la rapidité de l'éclair; parés pour la plupart, ils retentissaient quelquefois sur leurs flancs ou sur leur poitrine, et on entendait crier les dents ébranlées par le ceste.

Le plus ardent perdant patience , se dressait enfin , levant son bras de toute sa hauteur. Si, par un mouvement rapide, l’autre ne pouvait reculer et éviter le coup, il était d'ordinaire abattu comme les bœufs du sacrifice. S’il avait, au contraire, assez d'agilité pour reculer à temps, le premier, entraîné par son poids, roulait pesamment sur l'arène. Mais comme les règlements défendaient de frapper l’homme à terre, l’athlète, se relevant plus furieux, s'élançait sur son ennemi et le |K>ursuivait sans relâche autour de l'épine du cirque, frappant & droite et à gauche des deux cestes, jusqu'à ce qu'il l'eût abattu à ses pieds ’. Une couronne d'olivier et des prix d’une grande valeur, tels que des coupes, des trépieds, des talents d'or et d'argent, récompensaient la victoire des pugiles et des lutteurs qui déployaient leur vigueur les derniers.

Après les courses et les jeux gymniques, le spectacle le plus doux au coeur des Romains était la chasse aux bêtes fauves. Deux cent quarante-quatre ans avant notre ère, le consul Métellus ayant pris en Sicile cent quarante-deux éléphants aux Carthaginois, et ne voulant ni les donner aux rois alliés ni les nourrir, imagina de les faire tuer dans le cirque pour amuser le peuple. Il atteignit son but : le peuple trouva ce carnage si beau, que le meilleur moyen de lui être agréable fut d'arroser à flots le cirque du sang des bêtes fauves. Un demi-siècle plus tard , Fulvius Nobilior célébrait ses triomphes sur l'Étolie par une chasse de lions et de panthères : Scipion Nasica mettait aux prises soixante-trois lions, quarante ours et autant d'éléphants; et Sylla, pendant sa préture, livrait cent lions à crinière aux flèches des Jaculateurs. A partir de ce moment, une vive émulation s'établit entre les édiles. C’est à qui se surpassera en luttant de magnificence. Uucullus fait combattre des centaines de taureaux contre des éléphants; César renouvelle ce spectacle qui avait plu à Rome, mais il y ajoute des bestiaires armés d'arcs, de flèches et de haches d’argent. Le 14 des calendes d’octobre de l’année 71 avant notre ère, Domitius CEnobarbus, l’un des aïeux de Néron, efface César et Lucullus en jetant pêle-mêle dans le

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