I. Osiendiiqoe humeras latos , altenuque jaciat
Brachia protendens , et verberat ielibus auras.
H*c fatus doplicem homrris rejetil amlclura
Et roagnos tnerabrortun artus magna nssa lacerlnsqoe
Exuil aujue ingens rneiltt consistit arma. ( Viucilii. Æneidot, lih. T. }
JEUX ET SPECTACLES
cirque, où ils se déchirèrent aux applaudissements du peuple, cent ours de Numidie et cent nègres'.
Vainement le sénat, dans la crainte que ces spectacles, qui duraient quelquefois quinze jours, n'amollissent le caractère romain, avait défendu par une loi l'importation des bêtes fauves, le tribun Auftdius la permit, et l'abus de ce plaisir féroce alla toujours croissant. Scaurus, durant son édilité, Pompée, après la construction de son théâtre , César, dictateur, donnèrent des chasses où l'on vit figurer par milliers des lions, des tigres, des hommes, et, pour la première fois, des rhinocéros, des autruches et des hippopotames*. I.es Césars, suivant cet exemple avec ardeur, dépeuplèrent l'Afrique. Dans les quatre chasses principales d'Auguste, il périt plus de deux mille animaux. Caligula tua de sa main huit cents liétes fauves en deux jours; Néron, qui préférait les courses et les combats de taureaux, fit pourtant percer à coups d'épieux, par ses cavaliers prétoriens, quatre cents ours et trois cents lions. Quant aux Flaviens et aux Antonins, proportionnant leurs chasses h la grandeur de leurs édifices, c'est par cinq mille comme Titus, et par onze mille comme Trajan , qu'ils couchaient, le javelot au flanc, les bâtes fauves dans le cirque *. Les empereurs militaires eux-mèmes , qui ne gardaient la pourpre qu'un jour, célébraient ce jeu avec fureur, et, avant de tomber sous l'épée sanglante des soldats, les deux Gordiens, Philippe, Gallien, Probus et Carinus firent tuer dans l'arène des multitudes de léopards, de béliers sauvages, de daims, de cerfs, d'autruches et d’ibis*.
Voici maintenant comment se faisaient ces chasses. Dans la nuit qui les précédait l'arène du cirque ou de l’amphithéâtre était plantée de grands arbres. Au point du jour, car la venatio avait toujours lieu le malin, on lâchait tout à coup dans cette forât artificielle des centaines de lions à longue crinière, de léopards libyens ou de panthères dont les rauques rugissements éclataient comme ceut tonnerres. Du balcon des tours, des galeries supérieures, ou protégé par la grille qui bordait le canal de séparation , l’empereur les tuait de temps en temps luimême à coups de flèches. D'autres fois, il les abandonnait à l'epieu des jeunes sénateurs et des chevaliers , ou au javelot de quelques vétérans plébéiens assez braves pour descendre dans le cirque, et lutter avec les bâtes fauves corps à corps. Lorsqu'il ne s'agissait pas d’animaux dangereux, et que ibis, cerfs, mouflons et sangliers couraient effrayes sous les arbres flétris du cirque, l'empereur disait quelques mots à ses affranchis; ceux-ci les répétaient au peuple, qui, se précipitant, ivre de joie, de ses gradins, et vociférant : Longue vie à César ! envahissait l'arène. Là , chacun frappait ce qu’il pouvait atteindre , et emportait sa proie s.