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PRÉFETS DE LA VILLE

«Ijiis le lointain les pas îles Alains, des Suives et des Vandales. Le génie d'un homme seul ne pouvait donc plus sauver l'empire comme au temps de Marins : pour refouler la barbarie du Nord, il eût fallu le patriotisme dfi l’ancienne Iiomc, mais celle Rome n’était plus, et celle de 100 n'en reflétait pas même l'ombre.

La premièrement le nom sera célèbre tant qu'il restera un homme sur la terre, s'éleva au-dessus des peuples , parce qu'elle était fondée sur l'honneur et sur la vertu. Sous les mamelles symlioliques de la louve , Ito ne avait les lances et les dards à la main; elle grandit au milieu des périls, et, après avoir franchi les mers et les montagnes, se couvrit dans son âge mûr de couronnes et de trophées. La vieillesse venue , elle n’eut plus besoin que de son nom pour vaincre. Descendant alors de son char de triomphe , elle en donna les rênes aux Césars , comme la veuve qui remet les soins du patrimoine paternel à ses enfants , et ne songea plus qu'à se reposer à l'ombre de ses vieux lauriers et de ses monuments. Quoique la statue de la Liberté fût à demi voilée au Capitole et que les centuries et les tribus n'eussent plus rien à faire au Champ-dc-Mars , la sérénité des premiers temps brilla de nouveau sur le front de Rome. On la reconnaissait partout comme maltresse et souveraine. Le sénat était craint et obéi, et le nom Romain entouré de respects et d’honneurs. Mais les rayons de ce passé illustre furent malheureusement obscurcis par les descendants des héros. Oubliant ce que Simonide disait avec tant de raison et de vérité : On ne peut vivre heureux ri l'on ne pente à la gloire de la patrie , les (ils des grands hommes du Panthéon et du Capitole songèrent bien plus à posséder des statues qu’à les mériter comme leurs pères. Les uns mettaient toute leur ambition à conduire des chars et à fléchir sous le poids des toges médiques tissues de fils d’or et d’argent; les autres ne travaillaient qu'à reculer les bornes de leurs immenses patrimoines, et à s'entourer de monceaux d’or dans ces mêmes lieux où leurs ancêtres, qui firent Rome si puissante, mangeaient le même pain que les plus pauvres et portaient la laine de leurs brebis.

Cette vie efféminée et voluptueuse avait transporté au bord du Tibre les moeurs de Sybaris. La musique remplaçait la science et les lettres : les instruments étaient plus prisés que les livres. Les lieux consacrés jadis à l’étude retentissaient du son des flûtes; les bibliothèques des basiliques étaient vides et muettes comme les tombeaux, tandis qu’on s'étouffait au Cirque et au théâtre. Aussi, au lieu de philosophes on avait des chanteurs, au lieu d’orateurs des émules de Balhylle et des mimes, au lieu de généraux des histrions. Ce monde nouveau était si cher à Rome, qu’une famine ayant obligé le préfet de renvoyer les étrangers, on chassa tous ceux qui enseignaient les lettres, les arts, les sciences, la philosophie et la morale, pour garder trois mille danseurs et autant de baladines.

Comme un malade miné par la gangrène, si la Rome de 406 avait le haut du corps déjà tout noir, les extrémités tombaient en lambeaux. Transformée misérablement par les vices et la paresse, la plèbe n’était depuis longtemps que la larve du

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