S4 CHAPITRE XVIII
la dégradation de. leurs maîtres. lorsqu’on 402 l'empereur d’Occident, qui avait d. jà reculé jusqu'il Milan devant les Barbares, abandonna cette jeune métropole de Théodose pour reculer jusqu’à Ravenne, le préfet L mgianus lui éleva une statue, en appelant cet auguste fuyard invincible, vainqueur, triomphateur, parce qu'il avait permis de rétablir les murs , les portes et les tours de Rome qui tombaient en ruines.
Cette enceinte , commencée par Aurélien l’an 272 de l'ère nouvelle , et terminée par Probus en 282 , avait , selon Vopiscus , historien contemporain , cinquante milles de développement'. Hnnorius, ou plutôt Stilicon, son ministre, pensant bien qu’il serait impossible de défendre une place aussi forte, fit pour Rome ce qu’il faisait pour l'empire , et réduisit l'enceinte à un circuit de vingt milles *. Les nouveaux murs , bâtis au bruit des pas de l'ennemi , accusaient partout la précipitation avec laquelle ils avaient été élevés. On avait oublié le respect si grand jusqu'alors des tombeaux , et profité , pour se clore plus vite , de tous les monuments. Ainsi . dans cette fortification improvisée , le préfet Longinianus avait enveloppé le tombeau des Domitius vers la porte du Peuple, celui d'Aterius à la porte Nomentanc, le camp du Prétoire et les tombeaux de Marcus Virginius et d'Atistia à la porte Majeure, l'amphithéâtre militaire entre cette porte et l'Asinaria, les subslructions du palais de Lateranus entre la porte Métrone et la porte Latine , l'arc de Drusus à la porte Appia, et auprès de la porte Osticnse la magnifique pyramide de Ceslius.
Honorius accorda bientôt une autre faveur à la ville. Rome , qui se plaignait de n’avoir vu que trois de ses empereurs depuis le départ de Constantin , reçut la visite du quatrième dans les premiers jours de décembre de 403. Stilicon vint lui montrer un instant cet enfant énervé et quand il eut jeté en son nom de l'argent à la plèbe et fait célébrer quelques jeux au Cirque, il le renvoya se cacher dans les marais de Ravenne, et courut, le drapeau de l'empire àla main, arrêter et fouler aux pieds deux cent mille Barbares. Un revenant des Al|>es , il chassait tant de prisonniers devant son cheval de guerre , qu’on ne vendait chaque enfant du Rhin cl du Danube qu’une pièce d'or ( 14 francs). A ce triomphe, la vieille Rome tressaillit ; en faveur de sa bravoure, elle oublia l'impiété du vaillant Stilicon, et le préfet de celte fatale année 406 lui dressa devant les rostres une statue d'argent et d’or en mémoire de ses combats et de sa gloire impérissable1.
Hélas! cette victoire était le dernier sourire de la fortune. Le maître de la cavalerie avait beau avoir le bras énergique , comme une mer qui a rompu ses digues , l'invasion barbare montait toujours. Derrière les cent mille cadavres amoncelés dans les défilés de Fiesole, on vit bientôt apparaître les Coths. Al-Kich , Le fort, venait venger Radagast, et, en écoutant avec attention, on entendait déjà
4. Kl le chiffre fil inronle*l»ble, Car le savaot Cauiibon l'aymi vende sur loua le» manuscrit* de Vopitcn», le trouva constamment énoncé en tonie* leur».
3. Olyiujiiodnrr, dans le fragment conservé par Photius, dit qor lotsqne le* Gotb* prirent la ville, le géomètre Ammon ni mesura le* murs et trouva qu’ils avaient vingt milles de rir. ail.