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CHAPITRE XX

GOTHS ET BYZANTINS

Gogvernrmrnt de* Biibaret. — Tablt-aa mouuuienial de Rome après les tensions. — Kul moral de la population — Ariivèe des 0‘lrogoihs. — Tltéodoric. — Grniè barbare. — U tète de Symmaque. — Le Sénat do vi* siècle. — l«e Devin Israélite. — Armée des Byzantins — Bélisaire. — La voie Appia. — Trahison dn Sénat. — Il livre Roue au* Byzantins. — Wiiifis. — Premier siège de nome. — Les Tours d'assaut. — Tombeau d'Adrien.

~ La fosse de U porte Salira. — Le pj|»e Vif il. — Frank* — Badnela — Totila. — Second alége de nome.

— Les (sauriens de la porte Aslnaria. — Lettre de TMisaire. — Rome dépeuplée. — Troisième siège de Rome.

— Les 1m arien* de la porte Sa nt-Paol — Les Cavaliers du mdle d’Adrien. — Le Bœuf d’airain. — L’eunuque Narsès. — Chute de l’empire des Goths. — Triomphe des Byzantins — La Ouenonille de l'Impératrice.

Au gouvernement des empereurs, l'expression la plus raffinée de la civilisation romaine, succéda donc tout h coup, en 476, le gouvernement des Barbares : un fait étrange se produisit alors. Par un de ces contrastes que l’histoire doit signaler, il arriva précisément le contraire de ce qui était à prévoir. A peine, en effet , les Césars eurent-ils disparu dans cette boue sanglante sur laquelle ils rampaient depuis si longtemps, que la douceur, la justice et le respect de l'homme revinrent avec le pouvoir des chefs vitus de peaux. Honorius avait mutilé son compétiteur : sa sœur Placidia s'était acharnée avec rage sur le rival de son fils, le comte Johannes, qui, lié par ses ordres sur un ine, fut lapidé et décapité dans l’amphithéâtre. A la grande surprise des Romains, l'enfant des steppes, Odoacrc, laissa Augustule se retirer en paix dans une villa et lui donna même de quoi y vivre honorablement. Ensuite, au lieu de l'accabler comme scs frères du Danube, il tendit une main amie è la veuve éplorée des Césars, couchée encore sur la ce dre et les ruines.

GOTIIS ET nVZANTINS.

Tableau de Hoke après les ixvasio»s. — Triste et navrant spectacle que présentait alors Haine! Malgré les efforts du préfet Asellus et le zèle d’Innocentius Audax s’efforçant, mais en vain, de relever les régions dévastées par les Suèves, la solitude et le deuil planaient sur l'immense cité. Les grands monuments seuls avaient peu souffert. Le forum romain était intact : il n’y manquait h l’angle oriental que la magnifique basilique Kmilia; mais depuis 386, elle était ruinée, et ses belles colonnes de marbre phrygien ornaient l’église de Saint-Paul. Quant aux deux forum de César et d’Auguste , la hache barbare n’y avait point laissé de trace. Ou voyait toujours dans le premier la statue du conquérant des Gaules sur le cheval de bronze que Lysippe avait fondu pour la statue d’AlexRndre, et le beau temple de Vénus : dans le second, chef-d’œuvre architectural du siècle d’Angoste , on admirait encore la célèbre statue d’ivoire d’Apollon et quatre tableaux d’Apelle , Castor, Pollux, la Victoire et le portrait d’Alexandre.

Il en était de même pour les deux centres de la magnificence antique , le forum de Nerva et celui de Trajan. Quoique les défaites de leurs pères y fussent gravées, les Barbares étaient passés sans la toucher au pied de la colonne ; ils n'avaiei.t renversé ni la statue de Trajan, qui en surmontait le faite, ni la statue équestre de cet empereur, érigée au milieu du portique du forum, ni celle en bronze doré, de leur compatriote Méroband, vaillant général de Gratien '. Debout dans sa majesté monumentale , le forum de Nerva offrait toujours à l’admiration des vainqueurs le grand temple (eminentior) de Minervp, construit par Domitien; celui de Nerva, consacré par Trajan à la mémoire de son bienfaiteur; le petit sanctuaire de bronze de Janus, et les statues érigées par Alexandre Sévère aux quatorze empereurs qui avaient obtenu les honneurs de l'apothéose *.

Les trois grandes basiliques étaient intactes. La Julie déployait comme avant ses cinq nefs soutenues par de solides pilastres, et ses deux étages de portiques, La basilique Ulpia n’avait pas perdu une seule de ses quatre-vingt-seize colonnes de granit gris. Celle de Maxence, si injustement appelée de Constantin, élevait au bord de la voie Sacrée ses voûtes gigantesques et son portique tourné vers l’amphithéâtre Flavien.

On avait à regretter plusieurs temples : celui d'Ësculape , où les mauvais maîtres faisaient déposer les esclaves vieux ou malades qu’ils ne voulaient pas soigner, était tombé sous la pioche des esclaves eux-mêmes. Du temple de la Fortune forte , sur la rive gauche du Tibre , il ne restait plus que la base. Le temple d’Apollon Palatin avait été brûlé; celui de Claude, aux immenses portiques, situé auprès du Colisée; celui de la Concorde avec la vigne colossale qui en ombrageait les murailles ; celui de Diane Aventine , célèbre par sa statue d’Endymion , et le temple périptère d'Herculc , étaient en ruines. Gcnscrich avait achevé de dépouiller et

I. Ce forum avait once cents pieds de long et s’étendait jusque sur la place de Venise, le palais Torlonla et la place des Sainls-Apdires.

f. D'après le plan de Pal adio (Arch., Itv. iv, ch. 8), ce forum avait trois rent cinquante pieds de long et cent sniian e-qiilnre de tartre. et s’élevait entre la rue délia Sabra Verrlii», celles dcl Soif, di T«*r de' Conli et b nu* (lonelb.

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