CHAPITRE XXI
Home antique. Composée d'une masse oisive et turbulente que nourrissait l’aumône du pape et des riches, d'un clergé indisciplinable et presque toujours hostile à son chef, et des arrière-petits-fils des patriciens qui osaient encore s’appeler sénateurs, elle portait dans son sein les plus âcres ferments de division et de désordre, et ne montrait de l’unité, de l'ensemble et do l'énergie, que pour attaquer la papauté. Forcer le successeur des apôtres à se renfermer dans les limites de son royaume spirituel et à laisser le gouvernement civil aux laïques, tel fut le but de la République nouvelle. Comme les rois de l’Orient vers l’étoile mystique, elle marcha constamment vers ce but. A mesure quelle va se développer, se transformer, mourir momentanément pour ressusciter encore, nous la verrons sans cesse, à travers les siècles, lutter corps à corps , lutter avec acharnement contre la papauté sa rivale. A partir de ce moment, il y aura toujours guerre entre le Vatican et le Capitole, pour savoir qui doit gouverner du sénateur ou du pontife, et si en face de la statue de la religion dressée à Saint-Pierre on ne peut pas relever sur les roches capitolines la statue de la liberté?
Cette guerre commença en 766; et les deux partis déployèrent dans leur première rencontre toute la violence et la sauvagerie du moyen âge. Le pape Paul l" venait de passer à meilleure vie. A cette nouvelle le duc Toton, gouverneur de Nepi, accourt à la tète d’un rassemblement de montagnards du Soracte et de Monterosi, s'empare de la porte Saint-Pancrace, et fait élire dans sa maison son frère Constantin qui n’était même pas prêtre. Ce pape des paysans resta sur la chaire de saint Pierre un an et un mois. Au bout de ce temps, le primicier ou premier dignitaire du palais pontifical nommé Cliristophore, et son fils Sergius qui remplissait les fonctions de sucellaire (sacristain), appelèrent les Lombards, tuèrent le duc Toton et forcèrent Constantin à se réfugier dans l'église de Latran où il ne tarda pas à capituler. Le prêtre Valdipert avait profité du tumulte pour porter au trône pontifical un religieux de Saint-Yito. Instruit qu'un autre recueillait les fruits de sa victoire Cliristophore vole avec les Lombards à Latran, en arrache le nouveau pape, lui substitue un de ses amis Étienne III , et livre les deux intrus à ses gens qui, après leur avoir crevé les yeux, les firent expirer dans les tortures. Un an plus lard la justice de Dieu le frappait à son tour à la même place et de la même manière. En 767, le camérier du pape le mit entre les mains des bourreaux, qui lui ôtèrent les yeux et la vie ’. Voilà l'ordre qui régnait à Rome, lorsque le pape Adrien III, sérieusement menacé par les Lombards, implora le secours du fils de Pépin.
CtuaLX*A6ti* risse tes Ai.pf.s. — Devenu seul chef des Franks par la mort de son frère et la fuite de la veuve de ce dernier qui s'était réfugiée auprès de Didier avec ses deux enfants, Charlemagne entreprit celte expédition bien moins pour la défense de l'Eglise et de Rome que pour le butin et la vengeance.
Didier avait donné asile à ses neveux et à son plus grand ennemi Hunold, duc