Nclrbior Ceurolli, Vite dei primi renio PooieBrl, p. fis
LOMBARDS ET FRANKS
d’ Aquitaine; il montrait un vif ressentiment du dédain de Charlemagne qui venait de répudier sa fille ; il s'agissait donc de prévenir un péril prochain en allant l’étouffer : à Pavie le petit-fils de Martel n’hésita point. L’aigle n’ouvre pas ses grandes ailes avec plus de rapidité et fond moins vite sur sa proie. On l'attendait encore à l’entrée des défilés des Alpes, que suivant A travers les rochers , les précipices et les neiges séculaires, la route des héros, il franchissait tous les obstacles et apparaissait dans la plaine. C'était, disent les contemporains, toujours sous l’impression de surprise et de terreur dont les Lombards furent saisis à cette vue , c’était comme une forêt mêlée de lances et d’épées qui semblait sans fin et marchait vers Pavie. Chaque fois que les machines de guerre, les phalanges des leudes, chevauchant l’épée haute , ou les évêques et abbés avec leurs bannières, dominaient celte masse épaisse, les habitants, accourus sur le rempart, demandaient aux transfuges : Est-ce Charlemagne?... Non, répondaient ces traîtres , pas encore! — On vit enfin comme un nuage à l'horizon, et alors parut Charlemagne, la tête armée d'un casque de fer, les mains cachées par des gantelets de fer , la poitrine , les épaules et les cuisses couvertes de fer , élevant sa lance et pressant d’un genou que le fer protégeait les lianes de son coursier noir entièrement bardé de fer. Tous les leudes qui le suivaient, armés de la même manière , ressemblaient à des statues équestres; aussi quand le soleil, frappant tout A coup sur ces armures, en fit jaillir des gerbes d’éclairs, les Lombards furent glacés d'effroi! Et les transfuges, immobiles et pftles , eurent à peine la force de leur dire : C’est Charlemagne 1 .
Tout plia devant lui ; son nom suffit pour conquérir le champ de bataille, la peur ouvrit a son approche les portes des places, et il ne resta bientôt plus à Didier que les murs de Pavie. Laissant & ses comtes le soin de les forcer , Charlemagne partit pour Rome. Prévenus à temps, les magnats et les sénateurs étaient allés A sa rencontre, bannières déployées, jusqu'à trente mille pas de la ville. Au Ponte Molle, où il arriva le samedi saint, 2 avril 774 , il trouva les centuries de la milice en armes, et toute la population, qui, agitant des palmes et des rameaux d’olivier, l’accueillit en chantant des hymnes et poussant des acclamations!... En apercevant la ville sainte, Charlemagne descendit de cheval et se rendit à pied avec ses leudes à la basilique de Saint-Pierre : le pape l’y attendait depuis le matin à la tête de tout le clergé, au haut des degrés, que le roi baisa tous. Puis il embrassa le pape, le prit par la main et entra dans l'église en gardant la droite, suivi de tout le clergé qui chantait ; Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Le lendemain des fêtes de Pâques, à la prière du pape et du sénat, le jeune patrice (il n’avait alors que vingt-sept ans) confirma la donation faite par son père, mais en se réservant, comme lui , la souveraineté des pays donnés en fief a. Pendant ce temps, son oncle Bernard entrait à
«. Récit du inolite de Salnt-Aall, qui écrivit sous U dictée du soldai Adaibert, témoin oculaire. [Recueil de* Bittoriau de France, par le bénédictin D. Bouquet, l- v, p. 431. )
3. Les seigneurs et les éiéqoes, qui t'accompagnaient en grand nombre, souscrivirent aussi cet acte. On se rappelle qoe le roi s'j r réservait la non rerqineli «1rs domaine* qu'il abandonnait aux Papes. ( ('.aillant, Hitloire de t'.kartrmague, loin. if p. *75. )