SYLVESTRE II ET GREGOIRE VII
Gtrbert d’Aorillae. — Dangers de la science au moyen Igc. - La Téie de Uroiue. - Le l'alals d’or. — Les Eoipeienrs allemands. — La Sauamiie. — Le Moine de Cluuy. — Ta Pape allemand. — Hildebrand gouverne l'Église. — Les antipapes. — Grégoire VU. — Tables* de la Sodé lé chrétienne an xi* siècle. — Plan de réforme de Grégoire. — Il vent meure Taoiei sur le trôue. — Eicomnianlcation d’Henri IV par les évêque* d’Uaiie. - Excommunication do Pape par les prélats d'Allemagne. — Le légat de l’Empereur I Lalran. - Amende honorable de Canossa. — Défaillances de Grégoire VII. — Réaction allemande. — Henri b Rome. — Le Pape appelle Robert Guiscard. — Incendie et sac de la ville.
Le triomphe d’Othon fut court; il avait cru décapiter la république et la féodalité : il ne tua qu’un homme. Avant que le crâne de Ccucius n’eût blanchi au aommet du château Saint- Ange, la cloche du capitole sonnait à toute volée et les Romains, accourant en armes à ce signal , chassaient l’empereur de la ville. C’était une première expiation, mais trop incomplète pour un siècle qui ne savait de l’Evangile que ces mots : œil pour œil, dent pour dent!... Lorsqu’il s'enfuit , en 1001 , Othon emmenait à titre de concubine Stéphanie , la veuve du mort. Mais peu après elle l’empoisonna et revint à Rome pour exercer plus tard, comme Locuste,
les mêmes représailles sur le pape.
Gerrert, Pafr , sous u rom ut SiLVRsinE 11. — C’était un Français du Midi qui occupait alors la chaire de saint Pierre. Fils d’un pauvre laboureur et moine du couvent de Saint-Gérard d’Atirillac, Gerliert était sorti de sa cellule pour faire
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l'éducation du roi Robert et plus tard celle de l'empereur Otbon III. Nommé archevêque de Reims, la haine de Hugues Capot le força de résigner son siège et de se retirer auprès d’Othon, qui s’empresa de lui donner l'archevéché de Ravenne et le ht élire pape en 909. Gerbert avait changé son nom en celui de Sylvestre il. Avec toute l’instruction qui pouvait germer sous la voûte des cloîtres, il possédait la clef des sciences enseignées alors â Cordoue. Heureux , en eifet , comme ces hommes prédestinés qui viennent il temps pour recueillir l'héritage moral de plusieurs générations, Gerbert d'Aurillac arriva par hasard au moment où les travaux des Arabes avaient réuni les rayons épars de la science, et il eut le bonheur de leur dérober ce faisceau lumineux.
Soit avant d’étre pape, soit en dirigeant le monde chrétien, Gerbert ou Sylvestre II connut et employa toutes les idées mises en circulation par le paganisme , le christianisme et la religion de Mahomet. Il y avait en lui trois hommes très-distincts : le littérateur païen qui, puisant à la vieille source toujours jaillissante de l'antiquité, composait, à l'exemple de Quintilicn, un traité de rhétorique et des épitaphes en vers; le scolastique ou maître des écoles, auteur du traité du Kaisannable et du Itaisonnanl; enfin l'élève de Cordoue, pour lequel la géométrie cl l’astronomie n’avaient plus de secrets, et qui, faisant luire dans les ténèbres de son temps le flambeau ravi aux sages de l'Orient , écrivait un traité élémentaire sur les mathématiques et un livre sur la théorie des Sphères. Doué, en outre, comme la plupart des fils de ceux qui vivent du travail des mains, d’une adresse merveilleuse, Gerbert était mécanicien, et quand son esprit fléchissait, fatigué de ses longues méditations, il demandait des distractions aux outils de son père et fabriquait sa fameuse horloge, son abaque, sou instrument pour observer l'étoiie polaire ; ce qui ne l'empêchait pas de trouver du temps pour perfectionner le jeu de l’orgue et de voir le premier la miraculeuse puissance de la vapeur.
C'était plus qu'il n’en fallait pour le placer à la tête d'une époque où l’esprit humain dormait encore sous un épais brouillard ; c’était même trop, car ses contemporains, effrayés de tant de savoir, n'hésitèrent pas à le prendre pour un magicien. Lorsqu’à son retour d'Espagne, il décrivait, le soir, sous la sombre arcade du cloître les merveilles de Tolède ou de Cordoue, les moines se regardaient à la dérobée en frémissant; quand leurs yeux tombaient par hasard sur les ligures géométriques qu'il traçait, ils s'arrêtaient terrifiés, et si en passant devant sa cellule, iis l'entendaient lire un livre arabe, tandis que son orgue à vapeur modulait ses sons harmonieux, ils prenaient la fuite en disant : Gerbert est avec le diable!
L* Tèip. de brome, — Le Pelais d'or. — Tout le moyen âge se peint dans le récit suivant murmuré à voix basse par ses ennemis : Lorsque Gerbert, disaientils, en vertu d’un pacte infernal, fut élevé au trûne apostolique, il commença de fouiller en tout sens le vieux sol de Rome pour chercher les trésors enfouis par les païens. On le voyait sans cesse au milieu des ruines, et jamais homme né de mère n’entendra raconter sans frémir ce qui lui arriva dans ces lieux déserts. En errant