‹ Rome ancienne et moderneChapitre 321 sur 428 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

les concussions de deux scribes du Capitole, il les condamna au pilori et à dix mille livres d'amende: un de ses officiers, qui avait reçu de l'argent, fut marqué d'un 1er rouge aux lèvres ; un autre, coupable d’un meurtre, précipité dans une fosse sous fc cadavre du mort

Toutes ces exécutions répandirent une telle terreur que pas un de ceux qui avaient quelque motif de se dérober à l'œil de la loi ne resta dans la ville. Vivement traqués par les soldats urbains et par les seigneurs eux-mémes qu'effrayait l’exemple du comte d'Anguillara, les malandrins qui infestaient les champs et les routes s'enfuirent en Toscane et dans le royaume de Naples. « Alors, dit le biographe contemporain de Rienzo, l'on vit régner partout une sécurité que nul homme de ce siècle n'avait connue. Les forêts ne recélèrent plus des hâtes pires que les bétes féroces; les laboureurs recommencèrent à cultiver la terre ; les pèlerins osèrent reprendre le chemin des lieux saints; les marchands et les courriers publics ne craignirent plus de se hasarder sur les routes. Tous les méchants fuyaient ou se taisaient glacés de crainte ; tous les amis de l'ordre et de la paix tressaillaient de joie ’. »

Un tel état de choses ne pouvait manquer d’avoir un grand retentissement au dehors : a 11 s'est élevé, écrivait Pétrarque à l’empereur d'Allemagne, il s’est élevé depuis peu à Rome un homme du peuple qui a rétabli la vieille liberté. Le succès de cet homme a été si prompt, que toute l'Italie applaudit déjà à son zèle. Déjà il émeut l'Europe et le monde ; et, pour tout dire en un mot, j'atteste, comme témoin oculaire, qu’il nous a ramené la justice, la paix, la bonne foi, la sécurité et tous les bienfaits de l’âge d’or *. »

La pape Clément VI approuve la aRvoLcnoti de Rienzo. — Le pape Clément VI n'était pas moins favorable à la révolution du 20 mai : a Nous avons appris , écrivait-il le 26 juin d'Avignon à Rienzo et à l'évéque d’Orvieto son collègue, que pour réprimer les excès tyranniques et l'insolence des ennemis de son repos, la veille de la Pentecôte , le peuple vous a élu à l'unanimité recteur de la ville et de son district. Ayant été investi nous-méme par son choix libre et spontané des titres de sénateur, de capitaine et de syndic, nous approuvons en cette qualité et confirmons pleinement l'élection qui a été faite, et vous exhortons, par cet écrit apostolique , à continuer la tâche si heureusement commencée. Vos actes sont déjà bien louables, qu’ils le deviennent plus encore! Ne vous lassez pas d’observer et de faire observer le culte de l’équité, de la bonne foi et de la paix; c'est ainsi que votre régime nouveau portera les fruits de la grâce divine et méritera les bénédictions de notre Siège apostolique *. »

Dans une autre lettre, datée du jour suivant, il félicitait les Romains en ces termes :

I. Ulork Pietolcri, p. 520. Chroniijne te Siaue, M., p. IIS lUpiaM. Annal-, ISO, p U.

Page 1