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SIXTE-QUINT
liait point de l'avoir vu à Macéra ta 7 Use hâta de répondre que non :«Tu m'as cependant , reprit plus doucement le pape , vendu autrefois une paire de souliers sur laquelle tu me fis crédit d'un jules que je promis de te payer avec les intérêts quand je serais pape : puisque je le suis devenu, il est juste que je tienne parole.» S'adressant à ces mots à son camérier : «Voyez, lui dit-il, à combien s’élèvent depuis quarante ans les intérêts d’un jules à cinq pour cent, et ce calcul fait, joignez le revenu au capital, et soldez ma dette à cet homme. » Le cordonnier sortit de la chambre du pape croyant recevoir une grosse somme ; mais lorsqu'il vit que le camérier ne lui donnait qu'environ trois jules, il se retira en murmurant , et dit à ceux de ses amis, qui l'attendaient pleins d'impatience à la porte du Vatican, que Sa Sainteté lui avait fait faire un voyage dans lequel il avait déjà dépensé plus de vingt écus pour lui donner trois jules ! » Le cordonnier éclatait en plaintes; il criait si haut, attroupant la foule et tenant dans la main son argent qu’il montrait à tout le monde, qu'à la porte de Rome les sbires l'arrêtèrent et le ramenèrent devant le pape. «As-tu un fils ? lui demanda Sixte d'un ton menaçant. La réponse fut affirmative. «Eh bien! je le fais évêque, continua le pape; compte maintenant, et vois si je t’ai bien payé les intérêts de ton jules '. »
Plus il se rapproche de la tombe, plus l’homme aime à rétrograder dans sa vie et se rappelle avec plaisir ses jeunes années. Un matin qu'il descendait en carrosse du palais de Monte Cavallo, il passa devant son ancien couvent des Saints- Apôtres, et en voyant la porte ouverte, il fit arrêter et entra seul. Un frère convcrs était assis devant la cellule du portier, et mangeait des fèves à l’huile avec un appétit qui lui rappela l'heureux temps où s'appelait frère Félix. S’asseyant sans façon à ses côtés sur la première marche de l’escalier, Sixte prit une cuiller de bois, l’aida à finir cette portion, et en fit encore venir une autre. Puis levant les yeux vers le ciel, il s’écria : « Soyez béni, Seigneur, pour avoir permis à un pape de manger une fois dans sa vie en paix et sans crainte ! »
Mort dz Sixti-Quixt. — Son application constante au travail et les agitations de son esprit toujours en feu ruinèrent sa santé. Les médecins avaient beau lui ordonner le repos, il ne les écoutait pas. « Il faut qu'un prince qui a charge d’hommes, répondait-il , ne quitte le gouvernement qu'avec la vie, et qu’il imite le rossignol qui chante jusqu’à sa mort. » II fut fidèle à sa maxime. Épuisé de fatigues trop pesantes pour sa vieillesse et miné par les fièvres , il ne voulut jamais abandonner le gouvernail et mourut debout, comme Vespasien, le 27 août 1890. On porta à Saint-Pierre son corps dans une litière, du palais de Monte Cavallo, où il avait rendu le dernier soupir. Rome alors se leva tout entière, ivre de joie et de fureur. On courut au Capitole, on brisa sa statue, on insulta publiquement à la mémoire de l’un des hommes les plus fermes et les plus remarquables qui aient porté la tiare, pendant que ceux-là même qui lui avaient dressé la statue de bronze pour le re-
I. Metnorie aotografe di papa Sixto V, Manuscrit de la bibliothtqne Chigi. Fs te adesso il conlo, s rhe somma as-mule l’e intéresse del vostro giolio cite cl haveie dato... (Gregorio Leti, Vit* eft Suto K, t. ir, p. 86 )