Carlo Botta, Sioria i’ littlia, tome I, p
BONAPAHTfi ET PIE VI.
empêcha pendant quinze années Pie VI et Iloiue d'entendre ce qu’on faisait en France. La révolution avait éclaté, les paysans brûlaient les châteaux, les Parisiens rasaient la Bastille, les conventionnels allaient juger Louis XVI, et les Romains ne songeaient qu’au procès Lepriet à la condamnation de Cagliostro.
Paocès as l.srm et as Cagliostro. — La première de ces causes eut un fâcheux retentissement. Il s'agissait d’une immense fortune qu’un prêtre milanais, Atnansio Lcpri, avait donnée aux neveux du pape. La famille dépouillée réclama, et avant d’aboutire à une transaction, cette cause, dont les ennemis de Pie VI exagérèrent le mauvais côté , passa par tous les degrés de la justice pontificale et tint l'opinion en haleine pendant six ans. Le procès de Cagliostro ne fit pas moins de bruit à Rome : le célèbre aventurier n’y était point inconnu. Au début de son étrange carrière il y avait épousé la belle Lorenza Feliciani, la fleur (Jiore) du quartier de la Trinité des Pèlerins. En sortant de la Bastille , où le conduisit son intimité avec madame de Lamothe, il eut l’imprudence d’aller se réfugier à Rome. C’était tomber de Charybde en Scylla. Il n'échappait en effet au parlement de Paris que pour se jeter dans les fers de l’Inquisition. Comme la cour papale, le saint-oflice prenait très au sérieux toute cette magie blanche qui nous fait sourire aujourd’hui. 11 était persuadé que la franc-maçonnerie couvrait l’univers d’un réseau invisible , que la religion s'écroulait sous le pic d’Hiram et que Joseph Balsamo, dit Cagliostro, chef de ces associations ténébreuses , avait fait un pacte avec le diable pour sa ruine. Aussi dès qu’on l'eut arrêté dans le quartier Faraèse, le 27 décembre 1789, et enfermé au château Saint-Ange, les commissaires du saint-oflice s’empressèrent de l’interroger sur ses relations avec le diable. Il eut beau répondre en frémissant, â la vérité, ainsi que le remarqua l’inquisition, qu'il n’avait jamais mêlé le diable â ses travaux, mais comme il fut prouvé au procès, que plusieurs années s’étaient écoulée s sans qu'on le vit faire le siyne de la croix', et que d’ailleurs il avait reçu deux Romains francs-maçons, le tribunal jugeaut avec la mansuétude et la douceur qui caractérisent les conseillers de l'inquisition 3, formula ainsi sa sentence :
■ Joseph Balsamo, dit Cagliostro, ayant confessé, et les preuves les plus convaincantes le démontrent , qu’il a été le restaurateur et le propagateur, dans une grande partie du monde, de la maçonnerie égyptienne, et qu’à Rome même, il y a affilié deux personnes, nous parait avoir mérité la peine de mort, avec d’autant plus de raison que le prévenu , tant sous le rapport de la foi que par les scélératesses de sa vie privée, doit être considéré à juste titre comme l’un des plus mauvais membres de la société* ». La sentence fut soumise au pape qui , à titre de grâce spéciale, le 7 avril 1791 , commua la peine de mort eu une prison perpétuelle sans espoir de
4. Plfc anni délia sua vita non rM fù mal veduto tare bd aegnodi croct*. (Estratto del prorrsso rontro J. Balsamo fonualo in Houia, I anno 4790, p. 191. )
5. Plene di inaituriudine e di lenita ecr lesuMica, quali sono li conwilluri délia sauta Inqulsizionc. ( Htm. )
3. Cagliostro a conlessato, e le prove pin roimiiceatt dimosirano, cbe era statu U Rmiorutert e propagande... (Archives du Saint Oflke, 21 mars 4794.)