‹ Rome ancienne et moderneChapitre 398 sur 428 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

grâce et condamna Lorenza Feliciani, reconnue innocente, à la réclusion pour le reste de ses jours dans le couvent de Sainte-Apolline ’.

Tandis que l’inquisition condamnait Cagliostro et que Pie VI annonçait dans son jugement consultif (giudizio consullivo) que, par une nouvelle loi apostolique, on confirmerait et on renouvellerait les lois des pontifes précédents et l'édit de la secrélairie d'état contre les francs-maçons et les illuminés, les événements marchaient en France ; bientôt ils se précipitèrent. La révolution , après avoir écarté violemment le roi et les nobles, trouva sur son chemin les prêtres et les frappa ; c'était déclarer la guerre au saint Père qui , pasteur de l'Église, ne pouvait abandonner son troupeau. Dès qu’elle eut touché aux prêtres, la révolution fut sur le pied de guerre vis-à-vis de la papauté : celle-ci avait de son côté le droit; elle ne sut pas le conserver. Un déplorable assassinat compromit sa cause aux yeux do l'Europe, et légitima les colères de la République française. Voici comment arriva cet événement qui devait avoir des suites si graves pour Rome.

Assassinat de Bassevilli. — Le 10 janvier 1793 , le ministre de la République française à Naples avait expédié Basseville, son secrétaire, et le major Dcflotte, au consul de France , pour lui enjoindre d’arborer les couleurs nationales. Trois jours après son arrivée, Basseville étant allé se promener au Corso, dans une voiture, avec sa femme, son enfant et le major Deflotte, se voyant assailli tout à coup, auprès de la place Colonna , par un déluge de pierres, se réfugie avec sa femme derrière le palais Chigi, dans la maison du banquier Moulte; mais le peuple ayant forcé la maison , Basseville fut frappé d'un coup de rasoir dans le bas-vcnlrc et mourut trente-quatre heures après, des suites de cette blessure. Le major Dcflotte se sauva par une fenêtre. La maison du banquier Moulte fut pillée et brfilée. On mit également le feu au palais de l'Académie de France et à la maison du consul aux cris de : Vivo le pape/ vive la religion/ *

BoiurAHTE hanche scr Rome. — Quoique le gouvernement eût fait avancer des troupes, il n’en avait pas moins ordonné ou permis le crime, car les chefs des assassins étaient un abbé et un caporal , Beltrami et Pulcini , qui ne furent jamais inquiétés. Basseville mort, les jeunes prélats et les abbés de Rome crurent avoir remporté une grande victoire contre la liberté. Fiers de ce lâche assassinat, ils allaient la tête haute, disant que le lion de Juda n'était pas engourdi de vieillesse, qu'il savait encore rugir, hérisser sa crinière et glacer d’effroi les Pharaons *. Celte arrogance dura autant que les embarras de la République. Dans sa séance du 2 février 1793, la Convention, en adoptant le fils de Basseville, avait chargé les généraux de l’armée d'Italie de tirer de ses meurtriers une vengeance éclatante. Cette vengeance, que les vicissitudes de la guerre ajournèrent à trois ans, arriva lorsqu’on ne l'attendait plus. Déjà le vainqueur de Lodi et d’Arcole avait annoncé,

I. Senza ipenaza di grazla. ( Kitratto del procès» «mira J. Balsamo. )

8. Coupcndio delta 'lia e ilctle geste di Gieseppe Balsamo, denorainato H conte di Cagliostro, p. 496.

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