‹ Rome ancienne et moderneChapitre 426 sur 428 · CC · texte numérisé non relu

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taire d’Êtat a sous la main le chef de la police, prélat investi d'une grande autorité, qui est en même temps général des carabiniers pontificaux et gouverneur de Home. Ce gouverneur, dit un des meilleurs administrateurs du premier Empire', est trèsrcdouté de la population , parce que non-seulement il exerce le pouvoir le plus illimité, et qu'il préside une congrégation qui peut prononcer la peine de mort , mais parce que, assisté seulement de deux ou trois magistrats subalternes, il a le droit de juger sans tenir compte des formes légales, de condamner même aux galères les prévenus de crimes ou de délits et de prendre discrétionnairement les mesures de police qu'il croit nécessaires tant dans la ville que dans son district.

Comme pendant de la Sagra Consulta se trouve placée sous la présidence du camerlingue la chambre apostolique. Formée de douze prélats appelés ehieriei < li caméra, du trésorier général, de l'auditeur général et de l’avocat des pauvres , cette chambre des clercs unit le pouvoir administratif au pouvoir judiciaire et dirige exclusivement, la préfecture de l'annona ou des approvisionnements en grains, celle de la grascia ou des comestibles , et les deux présidences des rives du Tibre, des aqueducs et des rues de Rome (dette slrade).

Sur la même ligne que le cardinal secrétaire d’État et le cardinal camerlingue se range le cardinal trésorier, qui est chargé de l’administration du domaine public, de l'assiette et de la levée des impôts. Ces trois fonctionnaires supérieurs tiennent les trois leviers principaux du gouvernement, mais leur action est entravée à chaque instant et souvent arrêtée par trois congrégations indépendantes dites del buon goverm (du bon gouvernement), des eaux et des finances. Si l'on réfléchit que tous les membres de ces congrégations portent la pourpre et sont les égaux des ministres et à peu de chose près du pontife lui-méme , on ne s'étonnera plus de la lenteur avec laquelle fonctionne le mécanisme de ce gouvernement.

La séxATKiia actüïi,. — Malgré la réclamation des puissances dans le mémorandum du 10 mai 4831 , aucune part d’influence sérieuse n’est laissée aux laïques. On n’a pu abolir l’imposant souvenir du sénat, qui remplit encore le Capitole, mais on l'a rendu ridicule. Jusqu’à la fin du moyen âge le sénateur, représentant de la grande assemblée romaine , fut le premier magistrat de la ville. Dès que les papes conférèrent cette dignité , aussitôt avec son origine populaire disparut san éclat. En 1560, le sénateur, forcé de céder la droite à l'ambassadeur d’Autriche, marchait encore à la gauche du pape; en 1700 on se faisait prier pour lui accorder l’honneur de tenir le premier bâton du baldaquin du saint père; en 1733, il obtenait à grand’ peine le privilège de s'asseoir devant les conservateurs, et d'étre précédé d'une clochette en sortant du Capitole; en 1766, il obéit à la bulle qui l'obligeait d'aller vénérer les reliques des autres à Latran pendant l'octave de Saint-Fierre, et accepta soixante écus par mois de gages3. Aujourd'hui ce simulacre des magistrats anciens n'exerce qu'une ombre de juridiction , et tout son rôle

«. Le comte de Toarnon, dans l’onvraire déjà cité.

t ÂUi aeUt CtimoM iaiioHt de’ Santi, ch. m, p. *204.

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