‹ RomeChapitre 3 sur 19 · SÉRIE · texte numérisé non relu

SÉRIE

Guide illustré du Musée de Saint-Germain, par Salomon Reinach. Avec 87 gravures dans le texte. (Librairies-imprimeries réunies. Prix i franc.)

On notera que les prix diminuent au fur et à mesure. Le bon marché est une condition essentielle, nous dirons même sine quà non, pour se mettre à la portée de la foule, dont la bourse est généralement très modeste.

On peut avancer que depuis trente ans, il n'est pour ainsi dire pas de Musée à Rome, qui n'ait été remanié, organisé à nouveau agrandi et enrichi. Cette sollicitude ne se dément point, elle veille active et élargit sans cesse le champ de ses améliorations. Aussi est-il affirmable que peu de terres s*y prêtent davantage que cette Italie, dont le sein renferme des trésors artistiques et archéologiques que l'exploration ne semble pouvoir épuiser. Les nombreux résultats en sont précieusement recueillis^ et viennent prendre chaque jour leur place à côté des œuvres déjà classées (i).

(i) A Tappui de notre dire, ici et dans la suite de cette étude, nous citerons d'abord les indications puisées dans le guide Baedeker, fort bien renseigné d'ailleurs. Nous désirons que les faits avancés par nous comme preuves soient aussi patents que possible, tellement dans le domaine courant que des voyageurs, même n'ayant passé que très peu de temps à Rome, puissent les avoir constatés de leurs yeux, et suivre ainsi le ûl de notre raisonnement.

Nous ajouterons également des détails plus circonstanciés, émanant de sources différentes, dont certaines possèdent une autorité importante...

A l'égaré des remaniements et agrandissements :

L'Académie de Saint-Luc Elle a été transformée en 1874» Bœdeker,

Italie Centrale. 1.900. P. 253.

Le Musée Kircher (Museo Kircheriano) augmenté depuis 1876 de Musées ethnographique et préhistorique , encore plus importants... Id.

M. Helbig, savant critique allemand, signale en ces termes l'importance des changements et réorganisations :

«... J'ai tenu compte des modifications d'aménagement qui ont eu lieu dernièrement dans les Musées de Rome... les déplacements dans les musées et ces additions ont changé et augmenté les numéros du g^ide... » Wolfgang Helbig. Guide dans les Musées d'Archéologie classique de Rome. Traduction française de M. J. Toutain. Leipzig, Bœdeker, 1898. Vol. I. Avant propos de l'auteur, P. XU.

« Depuis l'année 1870, le Collège romain avec toutes ses collections est devenu propriété de l'Etat, et le Musée Kircher a été complètement réorganisé sur une base scientifique. Les antiquités gréco-romaines et chrétiennes ont été réunies en une seule collection fort importante par

Ettore de Ruggiero Les objets ethnographiques formèrent, en 1876, le

Musée National ethnographique et préhistorique qui sous la direction

de Luigi Pigorini est devenu un musée de premier ordre et qui s'enrichit toujours davantage. En 1876, il a acquis une collection d'une importance extraordinaire, le fameux trésor de Préneste. » Id. Vol. H. P. 374.

Et M. A. Geffroy, directeur de l'École française d'Histoire et d'Archéo-

Que si nous examinons les créations nouvelles, nous sommes plus frappés encore par Tampleur de TefTort et par rimportance qu'il présage pour Tavenir. Là, en effet, apparaît manifestement Tinspiration qui anime le gouvernement Italien. Il ne se contente plus de conserver et d'améliorer,il réalise des entités destinées à combler les desiderata récents de Tesprit moderne. A mesure que s'agrandit le domaine de nos connaissances, certains points montent en vedette qui nécessitent, pour leur étude approfondie, à la fois un groupement différent des éléments déjà possédés, et Tadjonction des dernières découvertes faites que Ton devra poursuivre. En un mot des organismes complets s'appropriant à des besoins neufs (i).

logie à Rome (de 1876 à 1882, et de 1888 à 1896) corrobore ces indications. a Les richesses archéologiques de Rome se sont sing^ièrement accrues. 11 n'est que juste de le rappeler. On ne saurait faire un grand mérite à Fédilité de la quantité de trouvailles qui ont été faites, puisqu'on ne peut toucher le sol de Rome sans en faire sortir quelques débris intéressants : mais on peut être reconnaissant du soin avec lequel tout a été recueilli et offert à l'étude. » A. Geffroy, Études Italiennes. (Paris, Colin, 1898. La Transformation de Rome en capitale moderne. P. 3o3.)

(i) Ici encore, nous ferons quelques citations.

Le Palais Corsini.,. Acquis par l'État, en 1884, il est maintenant le siège de l'Académie des Sciences « Ac. de Lincei ».

La Galerie Nationale Corsini en occupe le i" étage... Elle se compose de fait de la vieille Galerie Corsini, de la Collection Torlonia, avant 1894 au palais de ce nom, place de Venise, d'une certaine quantité de tableaux du Mont'de-Piété et de l'ancienne Galerie Sciarra, de sorte qu'il y a maintenant des œuvres de presque toutes les écoles et du nombre des toiles de grande valeur... A la galerie de peinture, s'ajoute enlin une collection très importante d'estampes et de dessins ». Baedeker. Italie Centrale. 1900. P. 344.

Le Musée national Romain des Thermes de Dioclétien, comprend surtout les objets trouvés à Rome dans les terrains appartenant à l'Etat, les plus importants jusqu'à ce jour au Palatin et dans les terrassements au bord du Tibre, et il est naturellement sujet à de nombreux changements. Ce musée est des plus intéressants, M. Barnabéi, son créateur, sachant placer les antiques dans le milieu et sous le jour qui leur convient. Id. p. 167.

La Villa du Pape Jules (V. di Papa Giulio)... est depuis 1888 un musée pour les antiquités qui ne proviennent pas de Rome, Id. p. 184.

La galerie nationale d'Art 3/orferne(galleriana2ionale d'arte moderna)

Mais il est une considération sur laquelle nous voudrions insister particulièrement sous deux aspects divers. Nous voulons parler des avantages et des inconvénients qu'offre Tacquisition par TËtat des galeries particulières.

D'après TEdit Pacca et les mesures en vigueur qui le complètent dans la législation Italienne, les œuvres d'art ne peuvent être emportées à l'étranger (i). Il en résulte pour la Péninsule l'avantage hautement appréciable de garder des richesses, dont la plupart trouvées ou créées sur son sol en quelque sorte font corps avec elle, et qui lui constituent un réservoir unique dans le monde de beautés esthétiques. En outre les grandes collections, soit par gêne de leurs possesseurs, soit par suite de partages de familles (le code n'admettant plus les majorats ni les fidéicommis), ou bien enfin par donations généreuses, semblent appelées à devenir dans un temps plus ou moins long, domaine inaliénable de l'Etat. Ainsi se réaliserait un centralisme, en même temps qu'une sorte de socialisation, dirons-nous, de chefs-d'œuvre devenant l'usufruit de toute la masse du public. On saisit sans peine l'attention que peut porter non seulement l'Italie mais encore le monde

est une belle construction érigée de 1880 à i883 par Piacentini, surtout pour servir à des expositions, et où se trouve... le musée de peinture et de sculpture du XIX' siècle le plus complet qui existe en Italie. Id. p. 162-

Magasin archéologique, collection d'objets nouvellement trouvés à Rome... Id. p. 272.

« L'ensemble des travaux accomplis depuis 1876 sur l'Esquilin a lait découvrir un si grand nombre de morceaux : statues, bas-reliefs, mosaïques, etc., que l'administration italienne en a formé tout un nouveau musée au palais des Conservateurs au Capitole. » A. Geffroy. Etudes Italiennes. Rome capitale moderne. P. 3o3.

« Il fallait trouver un asile à tant de richesses auxquelles se joignaient d'autres trouvailles faites au Palatin, et une admirable statue grecque venant de la Villa de Néron à Subiaco. Un nouveau musée s'est ouvert; l'ancien couvent des Chartreux, construit lui-même au milieu des ruines des thermes de Dioclétien, avec les galeries de son cloître dont Michel- Ange fut l'architecte, s'est prêté admirablement à recevoir tous ces trésors. » Id. p. 807.

(i) Nous donnons cet Edit et les Lois postérieures qui l'ont corroboré, dans notre Appendice.

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entier, dans ces mesures conservatrices et protectrices qui empêchent la destruction ou la disparition de tels trésors, ainsi qu'elles contrarient leur enfouissement dans les retraites parfois obstinément fermées de collectionneurs jaloux.

Mais, d'autre part il résulte dans Tordre moral, une conséquence qui peut devenir attentatoire, dans certains cas, aux intérêts légitimes des particuliers. En effet lorsque, pour un motif quelconque, une collection importante est mise en vente, l'Etat devient en fait, sinon en droit, à peu près le seul personnage capable d'acquérir. Les milliardaires à l'américaine ne sont guère fréquents en Italie. Ceux-ci d'ailleurs, pas plus que leurs congénères des pays étrangers, ne seront disposés à payer de fortes sommes pour des objets, dont l'usage de propriété devient singulièrement restreint. Cette situation qui rend le gouvernement, en vertu de la loi, sans rivaux utiles, semble le dénoncer comme étant à la fois juge et partie. D'où 'provient pour le vendeur empêché de le mettre en concurrence avec les Musées et les grands amateurs du dehors, un préjudice qui sera d'autant plus grave, que la collection sera plus abondante ou plus précieuse, par conséquent moins facile à placer sans un vaste marché (i).

Ne pourrait-on, tout en laissant à l'Etat Italien son

(i) « C*est une doctrine... que les Chambres Italiennes n'ont pas hésité à proclamer lorsqu'elles ont tenté de faire une loi sur la propriété des objets d'art, et la même qui s'exprimait déjà dans l'édit du cardinal Pàcca, toujours en vigueur, et en vertu duquel la conservation, la vente, l'exportation des chefs-d'œuvre sont soumises à des règles rigoureuses. Il a été posé en principe que les statues, les tableaux des maîtres, possédés par les particuliers, par les grandes familles romaines par exemple, depuis plusieurs générations n'étaient pas entre leurs mains au titre d'une entière et pleine propriété. Il a été déclaré, non sans raison, qu'il n'était pas permis au possesseur d'une œuvre historique, d'une statue grecque, d'une toile célèbre, de la modifier à sa fantaisie ou de la détruire... doctrine glissante, il est vrai, et avec laquelle il est difficile de faire une loi moderne, mais qu'on ne craint pas d'appliquer en infligeant à la vente et à l'exportation des objets d'art des conditions draconniennes fort restrictives du droit de propriété. » A. Geffroy, Etudes Italiennes. Rome capitale moderne. P. aSS.

monopole indirect, en atténuer le dommage excessif pour la propriété privée, par les mesures suivantes :

1° Choix par les deux parties d'experts, soit dans la péninsule, soit à l'étranger, afin d'établir une évaluation sérieuse et raisonnée fixant au moins un minimum.

2» Latitudes d'échéance laissées au gouvernement, les sommes qu'il aurait à payer risquant d'être ainsi plus élevées

Que si nous essayons de résumer les faits que nous venons d'énumérer nous pourrons, recherchant à la fois leurs causes et leur portée, dégager les constatations qui suivent.

A peine son unité constituée, l'Italie a eu l'ambition de jouer le rôle d'une grande nation moderne. Or, nous l'avons indiqué précédemment, la fin du XIX^ siècle s'est montrée propice aux perfectionnements ainsi qu'à la multiplication des Musées, et par leur moyen à la diffusion" de l'art jusque dans les couches populaires. Le gouvernement, par le fait même qu'il avait à cœur de se tenir au niveau du courant civilisateur contemporain, ne pouvait manquer de suivre les errements répandus sans cesse davantage en Europe. Il l'a fait, et disons-le à son éloge, comme nous venons de le prouver, avec une intelligence ouverte, de grands soins matériels, une excellente méthode et un plan persévérant (i), toutes choses dont nous ne saurions trop le féliciter, et à notre titre d'ami de l'Art, nous réjouir profondément (2).

(i) « On le voit, la science archéologique, celle du moins qui s'enferme dans des Musées et se résume dans des catalogues n'aurait qu'à se louer de l'administration Italienne ». A. Geffroy, Etudes Italiennes. Rome

capitale moderne. P. 307.

fa) Or ce n'est point seulement à Rome, que le gouvernement Italien a i^orté cet effort salutaire, mais bien dans toute la Péninsule. On en ressent la volonté directrice et on en apprécie les heureux effets aussi bien dans les villes de premier ordre comme Florence, Venise, Milan,

Musées Pontifioaux

Le gouvernement Italien, en s'emparant de la Ville éternelle et de ses richesses artistiques, a laissé à la Papauté : Saint-Pierre, le Vatican et Saint Jean de Latran (i).

mais encore dans d'autres moins importantes comme Bologne, Pérouse, et jusqu'en de petits endroits, comme Orvieto, Ghiusi, etc. Partout des Musées municipaux, importants ou modestes, terminés ou en voie de préparation — mais tous intéressants. On ne saurait trop approuver cette mise en valeur des sources disséminées formant les documents régionaux, sortes de monographies qui plus tard permettent de sérieux travaux d'ensemble .

(i) Texte de la Loi sur les Garanties,

Titre premier . — Prérogatives du Souverain Pontife et du Saint-Siège .

Art. 4» — On maintient en faveur du Saint-Siège la donation de 3,325,000 lire de rente annuelle. Par cette somme égale à celle que lui allouait le gouvernement pontifical sous le titre : Congrégations ecclésiastiqueSj secrétaireries d'Etaty et ordres diplomatiques à VEtranger, on entend pourvoir au traitement du Souverain-Pontife et aux différents besoins ecclésiastiques du Saint-Siège, à la manutention ordinaire et extraordinaire, et à la garde des palais apostoliques et de leurs dépendances, aux appointements, aux retraites et aux pensions des gardes du palais... et des personnes attachées à la Cour pontificale, aux dépenses éventuelles ainsi qu'à la manutention ordinaire, et à la garde des musées et bibliothèques annexés aux susdits palais ; enfin aux appointements et aux pensions des personnes chargées de la surveillance des musées et bibliothèques.

La dotation ci-dessus indiquée... ne pourra pas être diminuée, lors même que le gouvernement italien se déciderait un jour à prendre à sa charge les frais d'entretien du musée et de la bibliothèque.

Art. 5. — Indépendamment de la dotation fixée par l'article précédent, le Souverain-Pontife continue à jouir des palais apostoliques du Vatican et de Latran avec tous les édifices, jardins et terrains qui y sont annexés ou qui en dépendent, ainsi que du château de Castel-Gandolfo avec toutes ses dépendances.

Lesdits palais, châteaux et dépendances, ainsi que les musées, et les bibliothèques et les collections d'objets d'art et d'archéologie, qui s'y trouvent, sont inaliénables et exemptés de toute espèce d'impôts et de charges et ne peuvent pas être expropriés, même pour cause d'utilité publique. Louis Teste. Notes sur Rome et l'Italie. Paris, Vaton, 1873. Documents. P. 437.

« Les antiques contenus dans les galeries du Vatican, les chefs-d'œuvre conservés dans les églises ou dans les collections privées, ont été déclarés n'appartenir entièrement ni au pape, ni au clergé, ni aux détenteurs actuels. » A. Geffroy. Etudes Italiennes. Rome capitale moderne. P. 289.

De ce fait résulte, au point de vue des Musées à Rome, une double direction, — selon qu'ils sont Nationaux ou Pontificaux.

Nous venons d'examiner les premiers, nous jetterons un coup d'ϔl sur les seconds.

Et tout d'abord entre les principes appelés à les régir d'une part et de l'autre, nous distinguerons une ligne de démarcation essentielle. En effet, les Musées Italiens ne sont pas la propriété personnelle de la maison régnante, mais bien de TÉtat. Or celui-ci, selon l'idée moderne, comprenant la totalité des citoyens, il s'ensuit que chacun possède à leur égard un droit indivisible et imprescriptible. La royauté ne peut donc fermer les Musées, ni les bouleverser à son gré. Le gouvernement, choisi par les X5hambres émanées elles-mêmes de la nation, prend des mesures en vue d'exécuter les dispositions promulguées selon la voie législative. C'est donc en somme le bien de tous, réglementé par tous.

Or, la question change relativement aux Musées Pontificaux. La Papauté en efiet se trouve dans la situation des souverains d'autrefois (i). Les galeries d'art sont une prérogative, un bien lui appartenant, dont elle fait jouir le public, non en vertu du droit initial de ce dernier, mais par son bon vouloir à elle, sa personnelle munificence. De sorte que, s'il est loisible d'exprimer à leur égard un regret ou un désir, il n'existe point de base légale pour asseoir une réclamation.

Cependant nous ajouterons un correctif, notant que dans l'état actuel, les visiteurs possèdent tout au moins un

(i) Nous ne devons pas oublier que la Loi dite des Garanties, n'ayant jamais été reconnue par la Papauté, procède de fait, mais ne possède point la force d'un contrat bilatéral, obligeant les deux parties. Uy a là un état de choses pratiquement agissant, non une soluUon définitive dans son principe. Cette ambiguïté pesant, moralement au moins, sur l'avenir, et qui constitue la Question Romaine en politique, se retrouve, on le voit, vis-à-vis des intérêts d'art.

droit — celui qu'à la porte on achète en entrant. Le fait d'un prix fixé pour l'accès, confère dans une certaine mesure la latitude d'appréciation. Nous en userons pour présenter quelques modestes observations qui touchent de près à la cause de l'art. Puissent-elles, c'est tout notre but,

aider à une solution souhaitable

Nous passerons en revue les Musées Pontificaux, sous les mêmes rapports que les Nationaux. Savoir : i» Au point de vue matériel (A. Principe d'entrée. B. Aménagement et fonctionnement). — 2» Au point de vue intellectuel (A. Classification. B. Catalogues. C. Agrandissements et créations nouvelles.)

lo Au point de vue matériel.

A. Principe d'entrée. Nous venons de l'indiquer, il repose sur le paiement.

Pas plus que pour les Musées Nationaux, nous ne ferons d'objection à la circonstance actuelle. Ici encore elle paraît dominée par des nécessités d'économie, comme nous nous en rendrons compte bientôt, à l'occasion de quelques considérations ultérieures. Et cependant pour les uns comme pour les autres nous maintenons notre désir, si plus tard les difficultés cessées le permettent, d'un abaissement de prix, et même de l'entière gratuité.

D'ailleurs le principe d'un jour offert librement au public, le Samedi (i), est déjà consacré au Vatican, pour les

(i) En général le Dimanche est plus favorable aux entrées populaires, mais il est très plausible que la Papauté ait préféré, à Rome surtout centre de la Chrétienté, réserver ce jour uniquement aux OfQces sacrés.

De même les Musées pontificaux sont fermés à certaines fêtes religieuses. Rien là que de très légitime . Ce sont des obligations inhérentes au caractère même du Saint-Siège, et devant lesquelles on aurait mauvaise grâce, même si Ton ne professe la religion catholique, à ne point s'incliner .

N'est-ce pas dans un autre ordre d'idées d'ailleurs, ce que nous avons vu faire par le gouvernement Italien, quand il ferme les Musées à certaines occasions pour lui solennelles.

Antiques. Nous regrettons qu'il ne s'étende point également aux deux Galeries profane et chrétienne du Latran. D'autre part, il est possible, ainsi que dans les Musées de l'Etat, d'obtenir sous certaines conditions des permis d'études, ou bien encore des autorisations pour faire soit des dessins, soit des copies (i).

B. Aménagement et fonctionnement. Les Musées Pontificaux sont parmi les plus vastes et les plus beaux de l'Europe, comme aspect et aménagement (2). N'ont-ils point gardé le côté luxueux des palais princiers d'autrefois. La Salle ronde^ la Salle des Muses, la Cour du Bels^édère, au Vatican ; le Musée chrétien, au Latran, indépendamment des richesses contenues, forment des galeries trop célèbres dans le monde entier, pour que nous ayons à en faire la brillante description. Enfin certaines parties, comme la Salle Royale, la suite des Appartements Borgia, surtout la Chapelle Sixtine forment de merveilleux ensembles d'art.

Quant aux Conservateurs, ce sont non seulement des hommes à la hauteur de leur tâche, mais souvent aussi des savants connus pour leurs travaux et d'une réputation établie.

« A Rome..., les galeries du Vatican et les galeries particulières sont fermées le dimanche et les jours de fêtes religieuses, ainsi que les jeudi, vendredi et samedi saints ». Bœdeker. Italie Centrale. 1900. Introduction.

P. xvm.

(i) « Pour faire des études dans les Musées de Rome, y dessiner ou

y faire des copies, il faut être porteur d'une permission spéciale que Ton obtient, avec pièces à Fappui, sur une recommandation du Consulat de son pays. S'il s'agit d'un Musée papal, on s'adresse au majordome..., à son secrétariat du Vatican. Il faut une autorisation spéciale pour les musées du Vatican et du Latran, la galerie de peinture du Vatican et les loges de Raphaël ». Bœdeker, Italie Centrale. 1900.. Introduction, p. XIX.

(2) « Le Vatican occupe une superficie d'environ 55. 000 mètres carrés, dont environ aS.ooo pour ses 20 cours. Le nombre de ses salles, chapeUes et chambres peut être de i. 000... Une partie seulement en est réservée au pape, le reste se compose de salles d'apparat ou renferme les collections. » Bœdeker, Italie Centrale. 1900. P. 3o6.

Nous n'aurions donc qu'à nous réjouir pleinement^ si l'Horaire en vigueur ne produisait, à notre avis, de réels inconvénients. Nous allons en énoncer les dispositions, insister également sur leurs réformes, dont une partie pourrait être accomplie facilement d'ores et déjà, le reste ultérieurement, en vertu d'un plan général pour lequel certaines mesures sont proposables.

Voici ce tableau (i).

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