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MUSÉE DU LATRAN

Antiques.

Mardi, jeudi, sajnedi, de lo heures à i heure. Prix d'entrée : i lira.

Musée chrétien et Peintures.

Lundi, mercredi, vendredi, de lo heures à 3 heures. Prix d'entrée : i lira, (Antiques fermés et autres Musées visibles de lo heures à

I heure le premier samedi du mois.) Musées fermés du /«^ juillet au /er octobre.

Le premier et simple coup d'oeil jeté sur cette combinaison en révèle les essentielles incommodités. Pour arriver à parcourir le Vatican dans son intégralité, il faut faire un calcul qui est un véritable casse-tête. Quelques parties ne sont ouvertes que deux jours par semaine. Tout cela s'entrecroise, se mêle, dans une confusion hérissée de difficultés pour rinfortuné visiteur. La comparaison entre certains objets doit être rejetée à des intervalles parfois assez éloignés quand ils ne sont pas visibles ensemble (i). La promenade manquée, un jour, pour le musée Etrusque ou TEgyptien, peut remettre à un laps de temps relativement long. Enfin Fécart de lo heures à 3 heures nous parait bref. A plus forte raison le jour gratuit, donc popu-

(i) C'est ce qui se produit pour la galerie des Candélabres, qui, malgré ce titre particulier, contient grand nombre de statues intéressantes, qu'on peut rapprocher des autres parties des Antiques. Cette galerie l^< n'ouvre qu'un jour par semaine, le mercredi, de lo heures à 3 heures.

laire, où il est davantage écourté : de lo heures à i heure, le samedi. Encore n'y a-t-il à ce moment qu'une part seulement du Vatican qui soit accessible, les autres ne sont donc jamais vues sans paiement.

Quant au Latran, qu'on nous permette de dire que c'est pis ! Les galeries ouvrent seulement en alternant, en outre les Antiques ne sont visibles que de lo heures à i heure. Nous ne trouvons point de jours populaires indiqués. Certes, ces Musées étant fermés du i^r juillet au !«»" octobre, plus que tous autres ils devraient être l'objet d'une compensation d'horaire, pendant le reste du temps

Or il ne s'agit point ici de curiosités contestables, bonnes tout au plus à amuser les touristes badauds. Le Vatican et le Latran jouissent d'une réputation aussi universelle que légitimement méritée. Ils contiennent, et en grand nombre, de merveilleux chefs-d'œuvre. A côté des pieux pèlerins, souvent ne faisant qu'un avec eux, n'y a-t-il pas lieu de tenir compte du fervent d'art, venu de loin, au prix de fatigues et de sacrifices pécuniaires, ne disposant parfois dans ime existence occupée que d'un temps restreint. Et n'est-ce point son but d'emporter en ces minutes trop brèves le maximum de grandes et belles impressions, développant son intelligence, et pour lui demeurant inoubliables.

Les Musées Pontificaux sont classés, nous l'avons observé déjà, parmi les plus magnifiques de l'Europe. Ils forment donc une partie du grand patrimoine artistique, lequel, nous osons le dire, appartient à l'humanité. A côté des droits stricts et réglementés, il est des visées d'ordre général s'inscrivant de plus en plus dans les esprits, tendant à devenir la loi de l'avenir. Nous y relevons l'opinion qui porte à demander compte aux détenteurs d'œuvres d'art, à quelque titre que ce soit, des biens en leur possession^ leur refusant la jouissance égoïste de les mono-

poliser en les cachant à tous les yeux. La Papauté, puissance morale et d'essence si élevée ne pouvait manquer de saisir ce qu'il y a de légitime en de semblables aspirations. Elle y a certes répondu, consacrant un principe tolérant dont nous souhaiterions seulement Tapplication plus large dans les détails (i).

Nous le savons, on nous objectera immédiatement la question de dépenses. L'importance évidemment ne saurait en être méconnue (2). Mais tout d'abord, nous demanderons si certaines des réformes que nous désirons ne seraient point réalisables avec des frais bien minimes pour ne pas dire nuls. Telle nous paraît l'extension des horaires de 10 heures à 4 heures, y compris le jour gratuit, celuici étant généralisé à tous les Musées. En outre, ne pourrait-on laisser ouvertes quotidiennement, certaines parties, nécessitant peu de personnel et offrant un vif intérêt : ainsi le Cabinet des Masques qui contient quelques fort belles statues; la Chapelle de Nicolas V, cet ensemble de suave décoration dû à l'Angelico; enfin les Loges de Raphaël.

Quant aux autres mesures à prendre, nous saisissons bien que le système qui consiste à réaliser d'une part des économies de gardiens, d'autre côté à faire revenir le plus de fois possible les visiteurs payants désireux de tout voir,

(i) De telles préoccupations ne peuvent manquer d'éveiller la bienveillance de cette intelligence si lucide et tout ensemble si profonde, qu'est sa Sainteté Léon xm.

N'est-ce point ici le lieu de rappeler précisément : « ... la généreuse hardiesse » du pape... qui livrait aux chercheurs VArchwio Secreto et ouvrait plus largement la Bibliothèque vaticane. » A. Geffroy. Etudes Italiennes. Avertissement, par Georges Goyau. P. XXU.

Nous aurons lieu, un peu plus loin dans notre étude, de signaler des marques de son intérêt envers les Musées.

(2) D'autant plus, ne l'oublions point, que la Papauté n'ayant pas donné son consentement à la Loi des Garanties, ainsi que nous l'avons précédemment indiqué, la rente annuelle qui s'y trouve énoncée n'a jamais été réclamée par le trésor pontifical, mais au contraire refusée.

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est une combinaison financière irréfutable. Or, nous tenons compte des charges immenses et de toute nature auxquelles la Papauté fait face, et dont celles d'ordre purement religieux ou moral doivent primer les autres. Aussi regrettant qu'une ostension plus facile et plus commode des chefs-d'œuvre ne soit point faite, comprenant également les difficultés qui peuvent s'y opposer, souhaitons-nous de les voir supprimer par quelque combinaison ingénieuse et équitable (i).

Nous terminerons ce qui a trait à l'ordre matériel en disant que les édifices ont été l'objet de réparations ou de travaux qui y ont été exécutés (2). On voit donc que loin d'être négligés, ils attirent le souci bienveillant du

(i) Sans avoir la prétention d'apporter d'emblée une solution complète, nous voudrions attirer l'attention sur deux moyens transitoires qui peut-être amélioreraient la situation actuelle.

1° A l'aide de tickets à coupons multiples. Ils seraient de i, 2 ou 3 lires, selon le nombre de divisions du Musée que l'on désirerait voir en une fois. Toutes étant ouvertes, on pourrait également choisir celles qu'on voudrait plus spécialement étudier ce jour là. Tandis qu'avec le système en vigueur une visite manquée le mercredi, par exemple, à la galerie des Candélabres et aux Tapisseries de Raphaël, remet à huitaine. Grâce aux tickets à coupons multiples, la vue des différentes parties du Musée coûterait le même prix qu'à présent, donc rapporterait le même total, tout en facilitant les commodités du public.

2' Quant aux frais supplémentaires de personnel, on pourrait y obvier encore à l'aide de collectes spéciales en faveur des Musées, non seulement chez les catholiques, mais encore parmi tous les amateurs d'art du' monde entier, qu'une telle cause intéresse.

n est inutile de répéter que nous espérons dans l'avenir pour les Musées Pontificaux, comme pour les Musées Nationaux, quand les nécessités actuelles n'auront plus la même vivacité, l'entière gratuité qui correspond au mouvement d'idées modernes.

(2) « Enfin grâce aux soins du Pontife régnant Léon XIII, des peintures à fresque décorent le bras gauche du portique de Saint-Damase, conduisant, de l'escalier de Pie IX, à la résidence pontificale ; aussi la galerie des Candélabres a été décorée de peintures par Seitz, Torti, Angelini, et dont le pavé a été renouvelé avec des marbres très remarquables, par leurs richesses et leurs couleurs variées ; aussi que la galerie des statues et la Salle des Muses, dont le pavé composé jadis de mosaïques antiques, a été remplacé par des marbres coloriés. J, H. MassL Description abrégée des Musées de sculpture antique, etc. 1900. Traduction française. P. 7.

Pape actuel, continuant en cela d'ailleurs, les exemples de ses prédécesseurs.

2» Au point de vue intellectuel :

A. Classification. Le Musée du Vatican, contenant d'innombrables œuvres d'ordres très divers, est partagé en de grandes divisions générales. Celles-ci depuis trente ans ont été remaniées, souvent révisées utilement (i).

Aux Antiques cependant la séparation conservée des anciennes collections: Pio-Clementino, Chiaramonti, Braccio-Nuovo, galerie des Candélabres, n'a qu'un intérêt historique, assez mince d'ailleurs. Son inconvénient par contre est de maintenir une confusion à laquelle paraît préférable l'organisation méthodique et raisonnée, fondée en partie sur la chronologie, et partie sur la présentation par groupes des différentes reproductions d'un même sujet (2).

Quant au Latran, le Musée religieux reçut de M. de Rossi une organisation des Inscriptions qui dénote une haute intelligence érudite et un soin extrême, sur lesquels

(i) a Le Museo etrusco,,. il y a peu de temps... a été réorganisé par les ordres du directeur actuel G. L. Visconti, et les collections ont été classées méthodiquement. » W, Helbig. Guide dans les Musées d'Archéologie classique de Rome. Emile Reisch, Le Musée étrusque du Vatican, etc.. . Traduction française par J. Toutain. Leipsig, K. Bœdeker, 1898. H* Vol. P. 207.

(2) En tenant compte toutefois, à certains moments, d'aspects aussi beaux et majestueux que la Salle Ronde {Sala Rotonda), Il y a là des compromis, que saisit un esprit érudit et artistique qu'inspire le tact, entre la classification rigoureusement exacte et certains spectacles de grand effet sur les yeux comme sur l'intelligence. G'est le principe sur lequel s'établissent des ensembles inoubliables, ainsi, par exemple, la Tribuna des Uflizi, à Florence.

A Paris, dans les remaniements rationnels et clairs effectués ces temps derniers au Louvre, nous féliciterons les Gonservateurs d'avoir maintenu le coup d'œil général et splendide sur l'histoire de la Peinture que forme le Salon Garré.

nous n'avons pas à appuyer, car leur auteur fut universellement connu et estimé (i).

B. Catalogues. Sous le rapport des catalogues, nous constaterons que déjà de nombreux efforts ont été accomplis (2).

(i) «M. de Rossi a voulu que, parleur distribution logique, ees inscriptions rendent patente la q^anière de reconnaître leur chronologie et de recomposer leurs familles successives, et qu'elles fassent saillir leurs témoignages, touchant soit quelque fait historique, soit les articles de foi, la hiérarchie, les rites, les usages de l'Église et de la Communion chrétienne avant et après Tafiranchissement de la religion par Constantin, n les a réparties d'abord entre deux catégories comprenant, l'une, celles qui ont un caractère de monuments publics du culte ; l'autre, celles qui appartiennent primitivement à des sépultures ; puis il a formé dans chaque catégorie, diverses classes en raison des affinités de contexte, de matières et de provenance. » Louis LeforL Etudes sur les Monuments primitifs de la Peinture chrétienne en Italie et mélanges archéologiques. Paris, Pion, i885. Le Musée d'Inscriptions chrétiennes au palais du Latran, à Rome. P. 239.

(2) Voici les principaux catalogues :

MUSRE DU VATICAN

(Ainsi qu'on peut le remarquer, il existe généralement des traductions en Français, en Anglais et en Allemand, ce qui est d'une utilité réeUe pour des galeries aussi universellement visitées).

/. H. Massi. Descrizione générale dei Musei e délie gallerie Pontiiice,

La Medesima ristretta dei Musei e délie Pitture. 1900.

Cursary Notes in Illustration of the Paintings in the Vatican.

Description of the Vatican Muséum and galleries, will a plan. 1900.

Kurze Beschreibung der Gemalde Gallerien in Vatican.

Cheç, Prof, J. H. MassL Description abrégée des Musées de sculpture antique Grecque et Romaine avec addition des Musées grégorien-étrusque et Egyptien, des Salles Borgia, des Monuments assyriens, des Tapisseries de Raphaël, et des cartes géographiques d'Italie. Rome, Imprimerie de la Société du Divin Sauveur, 1900. Prix i 1. 5o.

Chev. /. H, MassL Description des galeries de peinture du Vatican, contenant : Les salles Royale et Ducale. Les chapelles Pauline et Sixtine. L'appartement et la Chapelle de Saint-Pie V. La galerie des Tableaux modernes. La salle de l'Immaculée Conception. La chapelle d'Urbain Vm. Les Chambres de Raphaël ; des Chiaroscuri ou grisailles et la chapelle de Nicolas V. Le Deuxième Bras de Loges de Raphaël et les trois Plans des Loges. La Pinacothèque ou Galerie de Tableaux. Rome, 1898. Prix 1 1. 5o.

Th, Bencivenga, Description des galeries de peintures du Palais du Vatican. Courte notice biographique sur Raphaël Sanzio. Histoire som-

Cependant là, comme pour les Musées Nationaux, il y a encore des lacunes à combler, conformément, nous semblet-il, aux indications que nous avons précédemment esquissées. Cette louable préoccupation de compléter et d'améliorer les travaux publiés, inspire d'ailleurs les Conservateurs, si nous en jugeons par ce qu'ils nous annoncent eux-mêmes de leurs projets (i).

C. Agrandissements et créations nouvelles. Sur ce chef, nous trouvons les latitudes de la Direction Pontificale presque entièrement annulées par le nouvel état de choses politique. Le gouvernement Italien, en s'emparant de Rome, s'est substitué à la Papauté. De sorte qu'il a rangé sous son autorité bon nombre de musées, et en même temps accaparé les fouilles qui les alimentaient principalement.

Néanmoins il ne faudrait pas conclure à l'indifférence des Pontifes pour la part qui leur reste, après la perte du Pouvoir temporel. Depuis 1870, et sans ralentissement sous Léon XIII, dans les limites restreintes où elle demeure

maire du Palais du Vatican, Escalier Royal (Scala Regia), salle Royale (Sala Regia), chapelle Sixline, chapelle de Saint-Pie V, galerie des Tableaux modernes, salle de l'Immaculée Conception, chambres de Raphaël, Pinacothèque. Rome, Imprimerie coopérative sociale, 1900.

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