NÉGOCIATIONS A COPENHAGUE
Une divisioii légère composée du DuguescUn, du Bayard, du Ch4teau- Renaud, du Rigault-de-Genouilly, de la Sainte- Barbey de la Dragonne et de deux torpilleurs, se partageait le service de surveillance étroite à Tembouchure de la Jahde, soit de nuit, soit de jour. Ainsi il y avait toujours devant les passes un cuirassé de 2* classe, un croiseur, un aviso-torpilleur et un torpilleur. Ce service durait 24 heures sans interruption; pendant les 24 heures suivantes, les navires, relevés restaient mouillés sous Helgoland, gardant la moitié de leurs feux allumés et prenant toutes les précautions réglementaires pour se garder contre les torpilleurs ennemis.
Deux torpilleurs de haute mer étaient, à tour de rôle, détachés à l'embouchure de l'Elbe.
Enfin une division détachée et ne correspondant avec l'amiral que par les voyages quotidiens d'un aviso-torpilleur, s'était établie en croisière entre le cap Skagen et la côte danoise. Elle se composait du Dubourdieu et du Duguay-Trouin,de deux avisos-torpilleurs et. deux toi*pilleurs de haute mer. Son mouillage ordinaire était, à peu près en pleine côte, dans la baie danoise de Jàmmer.
L'apparition périodique de deux navires français au mouillage de Jàmmer ne tarda pas à être signalée au gouvernement allemand, dont les espions couvraient le Jutland.
La chancellerie fit de ce fait, qu'elle considérait comme une violation de la neutralité du Danemark, l'objet d'une note comminatoire dont les termes allaient soulever l'opinion publique, déjà assez excitée, du petit royaume.
Une campagne de négociations s'engagea dès lors à Copenhague entre les agents de l'Allemagne, de la Russie, de l'Angleterre et de la France ; l'Angleterre,
sans prendre ouvertement parti contre nous, conseillait fort au gouvernement danois de garder la plus stricte neutralité et de faire droit aux réclamations de TAllemagne. Le grand chancelier parlait haut, montrant les II® et IX*' corps allemands (Poméranie et duchés) tout prêts à envahir le Jutland et même à passer dans Tarchipel danois. La Russie, dont Tattitude, équivoque depuis le commencement de la guerre, avait permis à TAllemagne de s'engager résolument à rOuest, tout en conservant sur sa frontière orientale une armée sérieuse*, semblait encourager le Danemark à la résistance en lui faisant espérer un prochain appui. Enfin le représentant de la France demandait avec chaleur la conclusion d^une alliance défensive et ofTensive : il montrait l'immense flotte qui s'organisait, Tannée expéditionnaire qui se rassemblait dans les ports de la Manche ; appuyé sur le sentiment public qui, sans se dissimuler la gravité de la situation, nous était nettement favorable, il rappelait les outrages passés, la défaite, le démembrement ; Theure n'avait-elle pas sonné pour le Danemark, comme pour la France, d'une entière et glorieuse revanche, d'une solennelle revendication des droits de la justice contre ceux de la force brutale !
Peu à peu, d'ailleurs, l'armée et la flotte danoises se mettaient en mesure de i épondre à l'appel de leur roi et de la nation : les travaux de Fredericia et de Hôlgenœss étaient poussés avec une hâte fébrile et l'on se préparait à évacuer le Jutland méridional et central pour concentrer la défense dans ces deux points et dans l'île du Nord, le Vendsyssel, séparée du continent par le Lijmfjôrd,
Le 17 avril, sur les instances du chargé d'affaires de
1. 1", y* et VI« corps, occupant la ligue Thorn-Posen-Glogau.