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RECONNAISSANCE SUR KIEL

France, une escadre, rapidement formée avec les premiers navires prêts de la grande flotte expéditionnaire, avait paru devant Copenhague: elle se composait du Terrible, du Furieux ^, du Tonnerre et du La Galissonnière, accompagnés de 3 croiseurs, de 3 transports-avisos et de 10 bâtiments légers; 5,000 fantassins du 10* corps et de l'infanterie de marine montaient cette escadre, dont l'apparition provoquait un enthousiasme significatif dans cette noble cité qui, deux fois déjà, au commencement de ce siècle, avait enduré les horreurs du bombardement pour avoir voulu rester notre alliée.

Le 18 au soir, le gouvernement danois reçut une note qui l'avertissait que si la flotte française restait mouillée dans les eaux danoises plus de 48 heures, le IX* corps allemand recevrait l'oindre d'envahir le Jutland.

Le 19, dans la nuit, au moment des plus vives perplexités, arriva la dépêche qui annonçait noire succès devant Rome : on apprenait en même temps que deux corps de l'armée allemande avaient subi un échec à Vézelise. L'influence française sembla remporter enfin dans les conseils du gouvernement de Copenhague et il fut décidé qu'on résisterait aux injonctions de l'Allemagne, sans rompre ouvertement, toutefois, pour gagner du temps et parfaire les préparatifs.

Le 21 avril, la 17* division allemande entrait à Kolding et lauçait de la cavalerie sur Fredericia ; la place était d'ailleurs sur ses gardes et reçut les uhlans à coups de fusil. Cependant l'Angleterre, uniquement préoccupée, disait-elle, du soin de circonscrire le fléau de la guerre, proposa sa médiation ; le grand chancelier qui ne se sou-

1. Remplacé à l'escadre de la mer du Nord par la Victorieuse.

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ciait guère d'augmenter à plaisir le nombre de ses adversaires et qui sentait toute la valeur de Tarchipel danois pour les opérations de la flotte française, s'empressa de Taccepter et les troupes allemandes s'arrêtèrent devant Fredericia.

Le Danemark, de son côté, tout en protestant, et c'était la vérité, de son désir de maintenir la paix, déclarait que les négociations ne pouiTaient reprendre que si le IX* corps allemand repassait la frontière.

En attendant, les gardes côtes cuirassés Helgolarul, Gorm et Lindormen, accompagnés de 4 torpilleurs, s'établissaient dans le petit Belt et, pénétrant dans le fjord de Kolding, menaçaient le flanc droit des forces allemandes. Un grand nombre de bateaux de toutes dimensions garnissaient le sund de Fredericia , renforçant peu à peu la garnison de la place forte.

Plus au Nord, la position de Hôlgenœss avait acquis une grande valeur 5 la presqu'île était devenue une place forte, risthme était barré par des ouvrages en terre analogues à ceux de Diippel 5 le cuirassé neuf Iver-HvUfeldt, le vieux Rolf-Krake et deux croiseurs devaient flanquer ces ouvrages.

La frégate cuirassée Danmark,le garde-côtes Odin et un certain nombre de navires en bois restaient attachés à la défense de Copenhague.

La fin d'avril s'écoula dans le Nord dans des hésitations continuelles ; les croiseurs français et le cuirassé La Galissonnlère^ franchissant le grand Belt, avaient déjà poussé une pointe sur Kiel : le Kronprinz et VOldenburg (corvette de sortie) avaient engagé une canonnade lointaine contre nos navires qui étaient seulement chargés d'ailleurs de . reconnaître les abords de la baie et la place de Friedrichsort.

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