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de côte, canons longs

ATT^VQUE DE SWINEMCNDE. 200

difficile. On put vérifier plus lard le bien-fondé de cetto hypothèse.

Les croiseurs et avisos de la flotte de combat reçurent, à 5 heures, Tordre de s'embosser à 2,500 mètres dans Test et dans l'ouest des deux grandes jetées et d'exécuter un tii^ précipité avec leurs canons de 10% et de 14% sur les terre-pleins des ouvrages. Le calme de la mer permettait de régler facilement le tir à cette distance ; au reste l'amiral, attentif aux péripéties du combat, se réservait de signaler à ces navires, dépourvus de cuirasses, d'appareiller si le feu de l'ennemi se dirigeait sur eux.

A 5 heures 30 minutes, un magasin à poudre d'un des forts de la rive droite faisait explosion ; il est bon de noter que la face Est de cet ouvrage, éclairée par le soleil levant, semblait offrir une cible particulièrement facile aux canonii de 24% de la Victorieuse.

Au même moment, les deux canonnières cuirassées allemandes Viper et Scorpion, suivies de 6 torpilleurs, se jetaient résolument sur nos bâtiments de combat. CeLte attaque était prévue, et l'amiral, sacrifiant une partie de la mobilité de ses navires à l'avantage de les protéger contre les torpilles, avait donné l'ordre de mouiller les ulula BuUivant, ce qui nous obligeart à ne conserver que 5 ou 6 nœuds de vitesse. L'inconvénient n'était pas bien grave devant les canonnières allemandes, qui ne dépassaient guère la vitesse de 8 milles à l'heure ; le combat, d'ailieurs, ne fut pas long : le Terrible et le Scorpion, ayant tiré presque en même temps leurs canons de chasse l'un contre l'autre, on vit bientôt la canonnière allemande, percée à la joue de bâbord par un énorme projectile de 42% (750 kilogr.), s'enfoncer par l'avant et se diriger en toute hâte vers la plage pour s'y échouer.

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Le projectile de 30% ,5 (329 kilogr.), tiré à 250 mètres sur la muraille du Terrible, avait atteint les plaques de 37% de Tavantavec une obliquité de 50* environ et y restait enfoncé.

La seconde canonnière Viper, après avoir doublé la jetée de TEst, s'était décidée à attaquer le Montcalm et la Victorieuse; c'était là une résolution désespérée, car elle se fermait toute retraite, mais aussi elle avait quelque chance de succès contre ces deux navires, les plus faibles, comme armement et comme cuirasse, de Tescadre de combat.

Le premier coup du Viper atteignit et perça la ceinture cuirassée du Montcalm. Le projectile éclatant dans le faux pont de ce navire, y fit des dégâts considérables et désorganisa complètement les « passages » de poudre et de projectiles; le cuirassé français, dont la ligne de flottaison n'élait pas intéressée par ce coup, bien dirigé cependant, continua à s'avancer, en prenant du tour, vers le flanc de bâbord de l'allemand.

Au moment où le Viper lançait son deuxième projectile sur la Victorieuse, l'éperon du Montcalm s'enfonçait dans son flanc et la coulait sur place.

Les torpilleurs allemands voyant leurs torpilles impuissantes contre les carènes, protégées par les filets, des navires français de 1" ligne, se lancèrent résolument sur les croiseurs embossés.

Déjà le vice-amiral, prévoyant cette attaque, avait signalé à ses croiseurs d'appareiller; malheureusement l'un d'eux, le Nielly, ne put filer sa chaîne assez vite : deux torpilles l'atteignirent au moment où il commençait à évoluer et déterminèrent deux voies d'eau considérables. Le commandant de ce croiseur se vit bientôt obligé d'aller s'échouer à la côte ; la conjoncture était particulièrement délicate, en présence de l'ennemi. Le vice-amiral signala

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aussitôt au Nielly de s'échouer le plus possible au N.-O. vers Ahlbeck ou Heringsdorf, et de se béquiller. Cetlt? manœuvre fut exécutée par l'équipage du croiseur avec mie rapidité qui dénotait une instruction approfondie et une grande pratique des choses de la mer.

Le Nielly fut d'ailleurs la seule victime des torpilleurs allemands, bientôt écrasés sous le feu des croiseurs, libres de leur manœuvre et qui évoluaient habilement pour éviter de présenter le travers ou l'arrière.

Le temps pressait cependant et il était évident que cette sortie désespérée des navires allemands n'avait d'autre but que de retarder la descente et de permettre l'arrivée des renforts demandés depuis deux heures déjà.

Les yeux exercés du général en chef et de son étatmajor reconnaissaient sur les dunes de la plage qui s^étend au nord-ouest de Swinemùnde et surtout dans les taillis de sapins qui les recouvrent jusqu'à Ahlbeck, des mouvements de troupes que l'ennemi s'efTorçait de dissimuler.

Bien que les ouvrages ne fussent pas complètement réduits au silence, l'ordre fut donné à l'avant-garde de commencer la descente à Ahlbeck sous la protection des croiseurs, des avisos et des embarcations armées en gueiTe.

En même temps des signaux particuliers envoyaient quelques avisos longer la côte jusque vers les villages île Kôserow et de Zempin, où passe, à toucher le littoral^ la route de Wolgast à Swinemùnde ; la Victorieuse et le Montcalm étaient spécialement chargés de surveiller la loiUe de Dievenow à Wollin qui, elle aussi, longe la mer au fond du golfe. Bientôt un bataillon d'infanterie de marine et les compagnies de débarquement de ces deux cuirassés occupaient cette voie, coupant ainsi la retraite des troupes allemandes sur la rive droite de la Swine.

Devant Ahlbeck le débarquement fut assez facile : deux bataillons allemands occupaient le village et la lisière des dunes boisées ; une batterie de campagne commençait à établir ses pièces à droite du village, derrière mi pli de ten'ain favorable.

L'artillerie de nos navires, tirant jusqu'au dernier moment par dessus la flottille des embarcations et des chalans remorqués, ne tarda pas à bouleverser le terrain où les canons allemands se mettaient en batterie ; bientôt les maisons d'Ahlbeck furent en flammes. A 6 heures 15 minutes, la division d'infanterie de marine presque tout entière était débarquée à droite et à gauche d'Ahlbeck, emportait ce village et commençait à gagner du terrain dans les bois qui s'étendent jusque vers Swinemûnde.

A 7 heures 30 minutes, Tattaque de la ville commençait : les feux des forts étaient définitivement éteints; le 10" corps entamait à Ahlbeck et plus près, vers remplacement des cabines de bains de Swinemûnde, le débarquement de son infanterie. La résistance fut vive cependant, et les cinq bataillons qui défendaient la ville ne se résignèrent à l'évacuer que lorsqu'ils virent une colonne d'infanterie de marine menacer leur retraite au Sud, vers Kaminke.

A 10 heures, la lutte était terminée : les ouvrages des deux rives de la Swine étaient tombés en notre pouvoir ; la brigade allemande se retirait par la route et la voie ferrée d'Usedom, suivie de près par la colonne d'infanterie de marine qui avait déterminé la retraite par sa manœuvre enveloppante. Nous n'avions pas encore de cavalerie ni d'artillerie attelée, ce qui ne permettait pas de rendre la poursuite désastreuse pour l'ennemi.

Le succès eût été complet si, avant l'entrée de nos troupes dans Swinemûnde, le commandant de la marine

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allemande n'avait pris la résolution de couler entre les deux jetées un aviso, le Greif, qui obstruait complètemeut le chenal.

Le vice-amiral, qui craignait précisément cette éventualité, avait donné Tordre aux torpilleurs et aux grands canots à vapeur de pénétrer le plus tôt possible dans le port, remorquant un certain nombre d'embarcations armées pour Vahordage, Ces embarcations avaient pour mission de s'emparer des navires allemands et de les faire sortir du port aussitôt. La rapide et très rationnelle décision dn commandant allemand empêcha seule Texécutiou de ces mesures.

Nous verrons dans le chapitre suivant qu'il en résulta, pour l'ensemble des opérations, un retard qui aurait pu devenir préjudiciable à nos armes.

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