NAVIGATION SUR LE HAFF DE STETTIN
puyait au quai d*Osternoth. Toutefois, il fallait travailler encore pour permettre le passage des croiseurs de 3* classe, qui calent plus de 5 mètres. On n'y parvint que dans la journée du 30 mai.
Mais déjà, aussitôt le combat de Swinemûnde terminé, les navires calant moins de 2 mètres, et ils étaient nombreux dans Tannée navale, s'étaient glissés, par Tarrière de l'épave, dans le port de Swinemûnde. Nous avons vu que le vice-amiral avait fait reconnaître le cours du fleuve, le canal de VEmpereury ou canal de Kàseburg, le Gross- Haff et l'entrée du Papenwasser.
On avait saisi à Swinemûnde même un certain nombre de navires à voiles ou à vapeur qui n'avaient pas eu le temps de remonter jusqu'à Stettin et sur lesquels on embarqua aussitôt les troupes portées jusque-là par ceux des navires de guerre à qui leur tirant d'eau de plus de 5",5 ne pei-mettait pas de dépasser le port de Swinemûnde ; ces transbordements exigèrent 24 heures, mais cependant, dès l'après-midi du 29 mai, une grande partie de la flottille, portant la 1'* division du 10* corps et la division danoise, se mit en marche pour le Gross-Haff.
A 5 heures du soir, favorisée toujours par un fort beau temps, cette fraction importante de l'armée naviguait dans le Haff, éclairée par l'escadrille d'avant-garde qui avait été chargée de reconnaître un point favorable de débarquement sur la rive gauche de l'Oder.
Le contre-amiral chargé spécialement de la flottille et par conséquent des opérations dans le Haff et dans l'Oder, avait, sur le rapport de ces éclaireurs, fixé son choix sur le petit port de Ziegenort, à l'entrée même du Papenwasser (bouche de l'Oder). Les avisos et les canonnières en bois furent détachés en avant du gros de la flottille et char-
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gés de s'assurer qu'aucun obstacle n'arrêterait le débarquement de la division française du lO* corps.
Vers 6 heures, à 2 milles de Ziegenort, l'escadrille d'avant-garde se heurta à une division allemande composée du vieil aviso Ponierania, qui était en réparation à Stetlin, de 2 torpilleurs de Colberg (jui avaient réussi, non sans peine, à se glisser dans le Gross-Haffpar le canal de la Dievenow, de 2 torpilleurs en essais, fournis parles chantiers de Vulcaiiy à Bredow, un peu au-dessous de Stettin, enfin de 3 petits vapeurs de commerce, sur lesquels on s'était hâté de mettre des pièces de campagne abritées derrière des sacs de sable. Un certain nombre de soldats d'infanterie garnissaient de fusils les parois et les bastingages de cette escadrille improvisée.
C'était là, évidemment, un effort désespéré pour retarder de quelques heures le débarquement ou l'entrée de la lloltille dans le Papenwasser.
Toutefois le contre-amiral signala à l'escadrille d'avantgarde de n'engager le combat que de loin et de se retirer devant l'ennemi; il importait en effet de laisser les Allemands s'engager le plus possible dans le Gross-Haff et de leur couper la retraite pour qu'ils n'eussent pas le loisir de couler le Pomerania ou les vapeurs armés dans le chenal du Papenwasser. Cette manœuvre réussit: les navires ennemis, qui s'efforçaient d'ailleurs d'atteindre la flottille de charge et surtout les ferry-boats, se laissèrent entraîner à quelque distance de Ziegenort. Bientôt entourés, le Pomerania et les vapeurs armés furent coulés ou pris. Les torpilleurs rentrèrent en toute hâte dans le Papenwasser après avoir torpillé, mais sans réussir à le couler, l'aviso de station Parseval.
A 8 heures, aux dernières lueurs du jour, le débarque-